Après Rachida Dati, c’est Gérard Larcher, président du Sénat, qui se rend mardi à Laâyoune, capitale du Sahara occidental. Cette visite confirme indubitablement « la nouvelle position de la France », Emmanuel Macron ayant apporté son soutien à un plan d’autonomie de ce territoire proposé par Rabat. Un déplacement qui ne devrait pas apaiser la colère de l’Algérie.
Le président du Sénat, Gérard Larcher est, mardi 25 février, en visite officielle au Sahara occidental, territoire contesté de longue date le Polisario et sujet de discorde entre l’Algérie avec la France depuis que Paris y a reconnu, fin juillet, la souveraineté de Rabat sur lui. » Le soutien de la France au plan d’autonomie sous souveraineté marocaine comme seul et unique cadre de règlement est acquis. Il est le fait des institutions de la République française, dans leur diversité. Il n’est pas le fruit d’UNE politique gouvernementale », a déclaré le président du Sénat français.
Vaste zone désertique, l’ex-colonie espagnole contrôlée à environ 80 % par le Maroc est revendiquée par les indépendantistes du Front Polisario, en conflit depuis 50 ans avec Rabat, et soutenus par l’Algérie. Le dossier du Sahara occidental est pendant depuis plusieurs décennies au niveau de l’ONU.
Le déplacement de Gérard Larcher arrive dans un contexte inflammable avec l’Algérie qui a rappelé son ambassadeur de Paris depuis août 2024. Pas seulement, les rapports entre Alger et Paris sont exacerbés par l’affaire des influenceurs pro-régime qui sont poursuivis par la justice française et la question du refus de l’Algérie d’accueillir les Algériens renvoyés de France ou soumis aux OQTF.
Gérard Larcher est arrivé dimanche à Rabat, à l’invitation de son homologue marocain, « afin de renforcer la coopération interparlementaire et la relation d’amitié » entre les deux pays, selon un communiqué du Sénat.
Accompagné de plusieurs élus de la chambre haute, le président du Sénat doit également rencontrer le Premier ministre marocain à Rabat, avant de se rendre mardi à Laâyoune, capitale du Sahara occidental, pour y « refléter la nouvelle position de la France selon laquelle le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine ».
Une formule calquée sur celle d’Emmanuel Macron, qui avait acté fin octobre ce tournant diplomatique, selon lui « hostile à personne », mais qui a suscité l’ire du régime algérien.
Avant Gérard Larcher, la ministre française de la Culture (d’origine marocaine), Rachida Dati, s’était déjà rendue en février au Sahara occidental. Visite qu’Alger avait considéré « d’une gravité particulière » et « condamnable à plus d’un titre ».
En octobre dernier, une résolution du Conseil de sécurité, soutenue par 12 des 15 membres, a appelé à une solution « réaliste et mutuellement acceptable » au Sahara occidental.
Le président sortant de la Fédération algérienne de football (FAF), Walid Sadi, a été réélu à la tête de l’instance fédérale pour le mandat olympique 2025-2029, à l’issue de l’Assemblée générale extraordinaire élective (AGEXe), tenue mardi au Cercle national de l’Armée à Beni Messous (Alger).
Seul candidat à sa propre succession, Sadi (45 ans) a obtenu 78 voix des 80 membres au droit de vote présents à l’AG, contre un (01) non et un (01) bulletin nul, ainsi que sa liste composée de 12 membres dont deux vice-présidents et cinq membres suppléants.
Les travaux de l’AGEXe se sont déroulés en présence des représentants de la Fédération internationale de football (FIFA) et de la Confédération africaine de football (CAF).
Pour rappel, les membres de l’assemblée générale de la Fédération algérienne de football (FAF), réunis le 1er février au Cercle National de l’Armée à Beni Messous (Alger) en session ordinaire (AGO), avaient adopté à l’unanimité les bilans moral et financier de l’exercice 2024.
Walid Sadi avait été élu le 21 septembre 2023 président de la Fédération algérienne de football (FAF) pour le reste du mandat olympique 2021-2024, en remplacement de Djahid Zefizef, démissionnaire.
Voici par ailleurs la liste de la nouvelle composante de la FAF :
Le premier ministre français met les pieds dans le plat.
Le Premier ministre français François Bayrou a jugé lundi 24 février « inacceptable » que l’Algérie ait refusé « dix fois » de reprendre « l’assassin de Mulhouse » avant qu’il ne commette une attaque mortelle au couteau samedi dans cette ville de l’est de la France.
L’assassin de Mulhouse, il avait été présenté dix fois aux autorités algériennes pour que son pays d’origine accepte que nous le renvoyions chez lui. Les dix fois la réponse a été non. Est-ce que c’est acceptable ? Pour moi, c’est parfaitement clair, c’est inacceptable », a déclaré le Premier ministre en marge d’une visite au Salon de l’agriculture de Paris.
« Notre responsabilité, c’est de ne pas l’accepter », a insisté François Bayrou, avant d’ajouter : « Imaginez la situation si elle était inversée (…) Qu’est-ce que diraient les autorités algériennes ? »
Pour le Premier ministre, « il faut donc préparer les décisions, prendre les décisions pour que le gouvernement et les pouvoirs publics algériens comprennent quelle est la détermination de la France ».
Une allusion au conseil interministériel de contrôle de l’immigration prévu mercredi, dont la tenue était programmée avant l’attentat de Mulhouse, mais où des mesures visant l’Algérie et d’autres pays seront discutées.Au moment de l’attaque, l’assaillant était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
L’assaillant, interpellé après avoir fait un mort et cinq blessés, était déjà connu de la police et de la justice : « arrivé illégalement » en France en 2014, selon le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, cet homme de 37 ans avait récemment purgé une peine de prison pour « apologie du terrorisme ».
« Imaginez la situation si l’Algérie voulait renvoyer chez nous des délinquants, des menaces, des assassins en puissance et si nous disions non, qu’est-ce que diraient les autorités algériennes ? Parce que j’insiste sur le fait que ça n’est pas une question du peuple algérien, c’est une question des autorités« , a-t-il déclaré.
Une circulaire du ministère de l’Intérieur mauritanien a officialisé l’événement. Le Maroc et la Mauritanie vont ouvrir un nouveau poste frontière terrestre au grand dam du Front Polisario.
Pour les indépendantistes sahraouis, cela équivaut à une forme de reconnaissance par la Mauritanie de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Mais le Maroc de son côté s’est assuré le soutien des pays du Sahel, qui bénéficieront d’un accès vers l’Atlantique avec cette nouvelle route. L’Algérie qui porte la cause sahraouie à bout de bras, ne verra sans doute pas d’un bon oeil cette décision mauritanienne.
Le Maroc et Mauritanie vont ouvrir un nouveau poste frontière terrestre. Depuis trente ans et la fermeture des frontières avec l’Algérie — en 1994 -, le Maroc n’avait plus de frontière terrestre ouverte vers l’Est.
Ce sera donc le cas dès cette année. L’objectif est d’ouvrir un accès à l’Atlantique aux États du Sahel. Il s’agit d’un projet voulu par le roi Mohammed VI qui s’appelle « Initiative Atlantique ». Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad ont donné leur assentiment.
Côté marocain, les 93 km de route supplémentaires pour relier Smara au nouveau poste frontière sont quasi achevés. Et côté Mauritanien, la RN1 devrait aussi se rallonger de quelques kilomètres à Bir Moghrein.
Bir Moghrein — ex-Fort Trinquet – se situe à quelques centaines de kilomètres au sud de la frontière algérienne et des camps de Tindouf.
Tindouf, d’où d’ailleurs le Front Polisario a menacé la Mauritanie d’entrer en guerre si cette frontière venait à ouvrir. Que fera l’Algérie ? On s’en souvient Tebboune a même fait une visite en Mauritanie il y a tout juste, annonçant le réchauffement des relations avec ce pays. Abdelmadjid Tebboune et Mohamed Ould Ghazouani ont inauguré, le 22 février, deux postes frontières fixes. Ils ont annoncé le lancement du projet de route entre Tindouf, en Algérie, et Zouerate, en Mauritanie.
Le propagandiste algérien, établi en France, Youcef A., 25 ans, connu sous le nom de « Zazou Youssef », avait tenu des propos appelant à perpétrer des attentats en France et des violences en Algérie.
L’influenceur algérien Youcef A., surnommé « Zazou Youssef », a été condamné à 18 mois de prison ferme par le tribunal de Brest, pour « provocation directe à un acte de terrorisme ». Cette décision fait suite à des propos tenus sur le réseau social TikTok, où il incitait à la violence. La peine inclut également une interdiction de territoire français pendant dix ans, ainsi qu’un maintien en détention.
Le procureur de Brest, Camille Miansoni, avait requis deux ans de prison et une interdiction du territoire de cinq ans. Selon lui, il est inacceptable que des individus appellent à des actes de violence extrême, citant notamment des propos de l’accusé : « Mon frère, tuez-les ! ».
Ce procès s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre la France et l’Algérie, qui connaissent des périodes de frictions diplomatiques récurrentes. Les relations entre les deux pays ont souvent été marquées par des questions sensibles liées à l’histoire coloniale, les mémoires de la guerre d’indépendance, mais aussi des incidents plus contemporains. L’affaire de Zazou Youssef n’est pas isolée, puisqu’elle fait suite à l’interpellation de plusieurs autres influenceurs algériens en France, en janvier 2024. Ceux-ci avaient été accusés de publier des contenus haineux et incitant à la violence.
Le 3 janvier 2024, Zazou Youssef a été arrêté à Brest après une alerte de la plateforme Pharos, dédiée à la lutte contre les contenus illicites sur Internet. L’influenceur, suivi par plus de 400.000 abonnés, avait diffusé une vidéo très violente où il appelait à utiliser des armes et à commettre des actes violents. Ses propos, traduits et sous-titrés en français, prônaient la violence à l’encontre des autorités.
L’influenceur a cependant réfuté ces accusations en expliquant que ses paroles étaient destinées à l’armée algérienne, dans le contexte de tensions politiques internes à son pays, où des appels à manifester contre le pouvoir étaient régulièrement relayés sur les réseaux sociaux.
Le prévenu a affirmé qu’il redoutait une nouvelle guerre civile en Algérie, semblable à celle des années 1990, qui avait fait des centaines de milliers de victimes. Il a ajouté que ses propos n’étaient en aucun cas une incitation au terrorisme, mais le fruit d’une angoisse profonde liée à la situation politique de son pays d’origine. En pleurs à la barre, il a déclaré : « Je ne suis pas un terroriste, chez moi, on déteste les terroristes ».
Dans sa défense, Me Nabil Boudi, l’avocat de Youcef A., a plaidé la relaxe en arguant que les extraits de vidéo retenus contre son client étaient manipulés. Il a expliqué que les propos incriminés étaient coupés et montés de manière à déformer leur sens. L’avocat a également souligné que l’intégralité de la vidéo n’avait pas été présentée lors du procès.
Ce procès fait écho à des tensions diplomatiques plus larges entre la France et l’Algérie. En 2024, les relations bilatérales se sont brutalement détériorées suite au soutien accordé par Emmanuel Macron au plan d’autonomie du Sahara occidental du roi Mohammed VI. La crise s’est aggravée également sur fond d’une guerre mémorielle et du refus de l’Algérie d’accueil les Algériens expulsés par la France.
Le cas de Zazou Youssef met en lumière l’impact de ces conflits dans la sphère numérique, où des propos haineux et des appels à la violence peuvent se propager rapidement, alimentant une spirale de tensions.
L’influenceur avait par ailleurs été condamné à une peine d’un an de prison en décembre 2023 pour des dégradations commises lors des émeutes liées à la mort de Nahel, mais il a fait appel de cette décision.
Ce n’est pas Emmanuel Macron qui brille par son silence sur l’Algérie depuis plusieurs mois qui le dit mais la porte-parole du gouvernement français, Sophie Primas. Cette dernière a évoqué lundi des mesures de rétorsion à l’encontre de l’Algérie, suite à une attaque mortelle au couteau survenue à Mulhouse, dans l’est de la France, le 21 février.
Cet acte criminel a causé la mort d’un homme de 69 ans, un Portugais, et a fait plusieurs blessés, dont trois policiers municipaux.
Le principal suspect, un Algérien de 37 ans, avait récemment purgé une peine de prison pour apologie du terrorisme et était sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).
Toutefois, malgré les demandes répétées de la France, l’Algérie a refusé à dix reprises de récupérer ce ressortissant sur son territoire, comme l’a indiqué Bruno Retailleau, ministre français de l’Intérieur. A Alger, tout indique que les autorités prennent de haut Paris et l’agitation politique qui entoure le dossier des relations avec l’Algérie.
L’attaque a choqué l’opinion publique et ravivé les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie. Sophie Primas a suggéré, sur la radio RTL, que la France pourrait revoir sa politique de visas à l’égard de l’Algérie, évoquant notamment une réduction du nombre de visas accordés, et même la possibilité de restreindre l’accès à la France pour certains membres importants de la classe dirigeante algérienne.
Dans leur course à la surenchère sur l’Algérie, des membres de l’extrême droite ont même appelé à fermer des consulats ! Cette proposition a alimenté le débat sur la manière de renforcer la pression sur le régime algérien. « On n’est pas obligé d’avoir des visas en quantité aussi importante », a déclaré Sophie Primas, soulignant la nécessité d’adopter des mesures plus fermes à l’égard des autorités algériennes. Mais lesquelles ?
Un conseil interministériel de contrôle de l’immigration, prévu mercredi, se penchera sur ces propositions, mais aussi sur la situation avec d’autres pays concernés par des problèmes de retour d’étrangers en situation irrégulière. David Amiel, député du parti présidentiel La République En Marche, a également exprimé son soutien à la révision de l’accord franco-algérien de 2007, qui permet aux dignitaires algériens de se rendre en France sans visa.
Selon lui, une telle révision serait un moyen de mettre la pression sur le régime algérien, sans affecter la population générale. « Il faut cibler la nomenklatura algérienne », a-t-il affirmé, précisant qu’il s’agirait de « faire pression sur le régime » par des moyens ciblés et efficaces.
Le débat a également été alimenté par l’opposition, notamment par le vice-président du Rassemblement National (RN), Sébastien Chenu, qui a jugé que « le nombre de visas est excessivement important » et que des mesures plus radicales pourraient être envisagées, allant jusqu’à l’interdiction totale de l’attribution de visas. Le RN a aussi évoqué d’autres leviers de pression, tels que la restriction des transferts de fonds ou la remise en question de l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Algérie, comme l’a récemment réclamé le Abdelmadjid Tebboune.
Sébastien Chenu, déput du Nord du Rassemblement national (RN) prévient que son parti pourrait faire tomber le gouvernement si rien n’est fait. « Depuis qu’Emmanuel Macron est président, on entend qu’il veut renégocier. La réalité c’est qu’il ne veut pas renégocier et a peur. Cela peut-être un motif de censure mais il y en a tellement que nous ne nous empêchons de rien », avertit-il.
En outre, Sophie Primas emboite le pas au ministre Retailleau et a suggéré une révision de la législation sur la « rétention de sûreté », afin de renforcer les mesures de contrôle et de surveillance des individus ayant des liens avec le terrorisme. Le suspect de l’attaque de Mulhouse, qui avait purgé une peine de prison pour apologie du terrorisme, aurait été une personne « sous surveillance », mais les mesures de rétention de sûreté n’étaient apparemment pas suffisantes pour prévenir l’attaque.
Cette série de propositions et de mesures illustre la montée des tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie et le climat de détestation qui traverse la droite extrême française.
Acculées par l’extrême droite dans le poids à l’Assemblée est déterminant, les autorités françaises, en colère contre le refus de coopération de l’Algérie sur les expulsions, se sentent désormais contraintes d’adopter des mesures plus sévères pour faire face à la situation. En conséquence, les relations entre les deux pays, déjà plongée dans une crise inédite risquent d’être encore plus tendues dans les semaines à venir. La crise diplomatique semble en effet s’intensifier chaque semaine depuis le rappel par l’Algérie de son ambassadeur à Paris en août dernier suite au soutien d’Emmanuel Macron au plan de Mohammed VI pour le Sahara occidental.
En l’espèce, les sorties publiques en début d’année des influenceurs défenseurs zélés du régime menaçant des opposants algériens établis en France, comme cette attaque au couteau menée par un Algérien sous OQTF sont du pain béni pour l’extrême droite et les ennemis de l’Algérie.
Jusqu’oû iront les déclarations comminatoires entre les tenants de la ligne dure des deux bords de la Méditerranée ? Que va décider le conseil des ministres de mercredi prochain ?
Que gagnerait la France dans une montée de tension et que pourraient bien perdre le régime algérien et les Algériens ? Il faut dire que la marge de manœuvre des autorités françaises est mince.
On aura remarqué à ce propos que le président français a gardé le silence, laissant ses ministres mener la charge. C’est dire. Wait and see.
Anouar Haddam, ancien président de la délégation parlementaire du FIS dissous à l’étranger et qui vit aux USA depuis mars 1992, est rentré en Algérie.
Officiellement aucune information n’a filtré. Mais l’ancien dirigeant du FIS dissous s’en expliqué sur les réseaux sociaux se rappelant, comme si c’était nouveau, que le pays avait besoin d’un renfort intérieur. Sic ! Il a même remercié toutes les personnes qui lui souhaitent la bienvenue au pays.
Dans quel cadre Haddam est rentré au pays ? Est-ce sur sa demande ou celle des autorités ? Beaucoup de questions entourent ce retour au moment où le pouvoir traque les voix dissidentes et met entre parenthèses la libertéd’expression.
Il est vrai que l’homme est pour le moins peu fréquentable pour ceux qui se souviennent des atrocités de la décennie noire. Et ce, même si la « réconciliation nationale » imposée à la société par Bouteflika est passée par là.
Anouar Haddam, c’est ce responsable du FIS dissous qui avait revendiqué et justifié l’attentat terroriste du 30 janvier 1995 qui a visé le commissariat central et fait 42 morts et plus de 260 blessés. Entre autres bien entendu.
Interrogé par El Hayat, sur l’attentat à la voiture piégée, il explique: «L’opération ne visait pas les innocents mais avait pour cible le commissariat central de police.» Et il attribue à «la malchance le grand nombre de victimes car l’explosion a coïncidé avec le passage d’un bus».
Il conduira avec Rabah Kebir la délégation du FIS dissous à la réunion de San’Egidio (Italie) du 8 au 3 janvier 1995. Un conclave qui a réuni Hocine Aït Ahmed et Ahmed Djedaï (FFS), Ali Yahia Abdenour (LADDH), Ahmed Ben Bella et Khaled Bensmaïn pour le MDA, Abdelhamid Mehri (FLN) et Abdellah Djaballah (Ennahda), Louisa Hanoune (PT) et Ahmed Ben Mohammed (Jazaïr musulmane contemporaine). Ce conclave a donné lieu au « contrat de Rome ».
Anouar Haddam avait tenté de retrouver la scène politique en 2007. Il avait annoncé le 11 janvier 2007 la création d’un nouveau parti politique, le Mouvement pour la liberté et la justice sociale (MLJS). Anouar Haddam, avait déclaré, à l’époque, que le MLJS se fixe comme objectif de participer « au règlement de la crise politique » en Algérie, « contribuer à la réussite d’une véritable réconciliation nationale et à sa promotion, enterrer les haines, tourner la page du passé et ouvrir une nouvelle ère pour sortir de la crise » en vue de « l’instauration de la sécurité, la stabilité, la liberté, la justice sociale et le développement » dans le pays. Depuis, beaucoup d’eau a coulé.
Il avait soutenu la réconciliation nationale voulue par l’ancien président Bouteflika en 2000. «La réalisation d’une réconciliation véritable, poursuit-il, exige que tous les fils et filles de notre cher pays se débarrassent des calculs passéistes étroits et oeuvrent, au contraire, à préserver son sens profond sur les plans spirituel, moral et social, savoir tourner la page de l’affrontement de la renaissance, en sources de dignité et d’immunité civilisationnelles», avait-il soutenu dans un communiqué rendu public le 21 octobre 2005.
Ci-dessous la déclaration d’Anouar Haddam soutenant la « lutte armée » durant la décennie noire.
Les élections législatives anticipées en Allemagne tenues ce dimanche 23 février 2025 ont vu la victoire des conservateurs de la CDU/CSU, dirigées par Friedrich Merz, avec un score de 28,5 % des voix. Cependant, l’un des faits marquants de ce scrutin est la montée en puissance du parti d’extrême droite Alternative für Deutschland (AfD), qui a recueilli près de 20,8 % des suffrages.
La CDU/CSU revient au premier plan sur la scène politique allemande après avoir perdu les élections en 2021. Friedrich Merz, chef de file du parti, a déclaré que son objectif principal était de « former un gouvernement stable rapidement » afin de répondre aux enjeux économiques et géopolitiques actuels. Toutefois, sans majorité absolue, il devra passer par la case des négociations avec les autres forces politiques pour constituer un gouvernement, tout en excluant une coalition avec l’AfD.
Percée historique de l’AfD et déroute du SPD
L’AfD, réalisé par Alice Weidel, a doublé son score de 2021. Ce score traduit la montée en puissance du parti nationaliste et anti-immigration, à l’image de la percée de l’extrême droite en Europe. Dans un contexte de crise économique et d’inquiétudes croissantes sur la sécurité, l’AfD a su capter une frange importante de l’électorat, notamment dans l’est du pays.
Le Parti social-démocrate (SPD), dirigé par le chancelier sortant Olaf Scholz, enregistre un net recul avec seulement 16,4 % des suffrages, l’un des pires scores de son histoire. Olaf Scholz a reconnu un « défaite amère » et a annoncé qu’il tirerait les conséquences de ce résultat. Les Verts, quant à eux, ont obtenu 11,6 % des voix.
Avec un taux de participation estimé à 84 %, cette élection législative anticipée enregistre un niveau de mobilisation jamais vu depuis la réunification de l’Allemagne en 1990.
Le général-major Zoubir Ghouila a été nommé au poste de commandant de l’Armée de l’air, en remplacement du général-major Mahmoud Laraba.
Le général-major Saïd Chanegriha a présidé la cérémonie d’installation officielle du général-major Zoubir Ghouila, dans les fonctions de commandant des Forces aériennes, en remplacement du général-major Mohamed Laraba, indique dimanche un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN).
Après la cérémonie d’accueil, le Général d’Armée « a observé, à l’entrée du siège du Commandement des Forces aériennes, un moment de recueillement à la mémoire du chahid Amirouche Aït-Hamouda, Commandant de la Wilaya III historique, dont le siège du Commandement est baptisé de son nom », souligne le communiqué.
L’œuvre politique d‘Abane Ramdane nous renseigne sur une intime conviction: son apport intellectuel dans l’insurrection nationale, l’aspiration qu’il portait pour l’Algérie et la détermination inexorable que fut la sienne pour mettre fin à l’impérialisme français.
La lutte anticoloniale dans son esprit est un engagement conséquent pour déboulonner le colonialisme prédateur et débloquer ainsi le développement du pays dans les domaines politique, économique, social, culturel, idéologique et géopolitique.
De cette puissante certitude tout va procéder: elle déterminera les objectifs, ordonnera les efforts et provoquera les actions, sur tous les terrains et en toutes circonstances on pourra se référer à elle.
Ainsi, sa volonté d’engagement, très vite, le mettait aux prises avec les grands événements du Mouvement national d’avant-garde et la révolution de Novembre. Il choisissait avant tout, l’action politique, la réflexion intellectuelle et le développement d’une conception savante de la guerre : il y trempera son cœur et son esprit.
Au cours de la crise du PPA-MTLD de 1949, il avait sacrifié les problèmes démocratiques, culturels et identitaires soulevés sur l’autel de l’unité, indispensable au parti à la réalisation des tâches nationales du mouvement et la préparation de la révolution. Il avait combattu farouchement les coutumes héritées de la féodalité qui continuaient de régler les rapports sociaux-politiques de l’Algérie. Il avait mis, enfin, toutes ses forces pour rehausser la conscience algérienne, en dépassant particulièrement la revendication ethnique ou confessionnelle, dans la conjoncture socio-historique propre à l’évolution et aux structures dominantes de notre société qui peinaient à se dégager des pesanteurs communautaires, de l’omnipotence du régionalisme et de la domination du féodalisme.
Par ailleurs, à l’insurrection de Novembre, il avait posé au premier chef un ensemble de problèmes primordiaux ayant entre eux une cohérence stratégique. Les plus importants d’entre eux étaient ceux d’une clarification de la voie révolutionnaire et l’orientation idéologique, en œuvrant inlassablement à la centralisation des forces politiques sous l’autorité exclusive du FLN-ALN. Et enfin, à la Soummam, il s’était attelé à l’élaboration d’un vaste corpus politico-idéologique au service de la révolution populaire et l’ambition algérienne.
Abane Ramdane avait donné une solide assise intellectuelle aux disciplines politiques et militaires: l’une des évolutions majeures du second âge de la révolution fut en effet, le déploiement d’une orchestrationérudite de la guerre. Une vision qui marquera à jamais le fonctionnement de la révolution sur les plans politique, militaire, social et diplomatique.
En effet, depuis son engagement militant dans le Mouvement national indépendantiste, Abane Ramdane, gagné par les idéaux de liberté, de modernité et de justice sociale, ne cessait d’œuvrer pour la destruction du colonialisme et l’instauration de l’Etat-nation moderne. Toutes ses prises de position constituaient le fil conducteur de cette grande œuvre: l’indépendance nationale.
Il avait la vision prématuréeque la libération algérienne est une œuvre de patience et un combat de longue haleine, qu’il convenait de subordonner avant tout, à l’engagement politique, l’effort intellectuel, la radicalité, l’esprit de sacrifice, la clarté, le rassemblement, et enfin l’enrôlementinconditionnel des enfants de l’Algérie.
Il avait été conscient que le processus de la maturation nationale devait s’inscrire sur le temps long ; le devenir de l’Algérie indépendante se tenait à une nécessaire et irréversible projection dans l’avenir d’une révolution qu’il fallait aider à s’investir sans cesse et à enfanter jusqu’au bout de son accomplissement avec son esprit universel.
Fort de cette vue, il s’était employé longuement à ces grands impératifs. Dans tout cela, Abane avait joué un rôle éminent, qui de notre point de vue avait été crucial dans le champ de la réalisation révolutionnaire lié à des enjeux concrets très élevés. Dans tous les domaines où il avait été pour l’essentiel aux prises avec son époque, il aura laissé une marque profonde. En somme, il était devenu un acteur politique de premier plan et la cheville ouvrière de la révolution nationale.
Pour le plus grand nombre de cadres révolutionnaires, Abane Ramdane avait été apparu comme l’homme de décision et d’action. Ceux qui ont eu le privilège de s’entretenir avec lui n’ont pas manqué d’être frappé par la façon dont il s’employait, sur ses idées et ses projets à faire triompher l’insurrection.
Nombre de militants éminents ont été surpris d’avoir été ainsi tirés d’eux-mêmes, et contraints de s’exprimer sur des sujets fort éloignés de leurs préoccupations. Il avait su dominer, et de très haut, l’aspect étroit de la réflexion révolutionnaire de son temps pour situer au niveau du militant, le rôle privilégié qu’il attribuait à sa patrie.
Abane Ramdane était conscient que le FLN n’est ni une simple continuité des partis politiques algériens traditionnels ni leur opposé absolu. Le FLN dans son esprit est tout à la fois, en continuité et en rupture avec la représentation nationale. Il avait intégré ce qu’il y a d’essentiellement positif dans les formes anciennes et acquis des luttes populaires et des partis tout en ouvrant la voie à une forme supérieure de lutte qui reflétait de façon plus adéquate les besoins réels de la conscience sociale et révolutionnaire du peuple algérien.
L’enfant des Ath Irathen était lucidedu grand besoin qu’avait l’insurrection durant les premières années de la guerre, en cette phase critique de mobiliser le potentiel politique de la nation dans toute sa diversité. Ce fut en effet, dans l’esprit du rassemblement qu’il avait conçu et préparé le congrès de la Soummam. Il avait pensé le mode politico-militaire du FLN, son organisation, son fonctionnement et avait fait asseoir sa légitimité révolutionnaire. Il avait mis l’accent sur le rôle principal des acteurs révolutionnaires qui fut d’instiller dans toute l’Algérie les dynamiques insurrectionnelles qui, par effet de propagation, se répandront sur l’ensemble du territoire et révoqueront un soulèvement national sous l’hégémonie du FLN-ALN.
En assumant la conduite suprême des forces révolutionnaires, Abane avait déployé une activité inlassable et avait effectué de nombreux contacts avec la classe politique. Il avait murit et réfléchit la stratégie révolutionnaire. Aucun des engagements qui eurent tant de conséquences ne fut, en effet, le fruit d’une improvisation ; chacun au contraire se révélait comme l’aboutissement d’une profonde analyse et l’application aux faits politiques d’une longue réflexion. Cette analyse suivait une méthode révolutionnaire, dont Abane avait défini la nature et qui éclairait bien des cheminements.
L’hymne national , la fondation des syndicats de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), l’Union générale des commerçants algérien (UGCA), l’école nationale de l’audiovisuel et du cinéma révolutionnaire, et les appels aux étudiants Algériens, européens et juifs d’Algérie, la structuration de la fédération du FLN en France et enfin, le rassemblement des forces politiques qui constituent autant d’actions exceptionnelles et l’on comprend que le talent prodigieux dont il avait fait preuve pour changer le cours des événements révolutionnaire s’était imposé comme le trait dominant de cette personnalité hors mesure. C’est bien sur, son acte extraordinaire de la Soummam qui avait donné, d’un coup, la mesure de son intelligence, son endurance et son caractère.
Il est bon de rappeler ces faits, et d’autres, si vite oubliés par la conscience nationale comme l’ont été les acquis obtenus opiniâtrement par l’engagement inconditionnel et les sacrifices inouïes des pionniers d’un patriotisme de Libération politique et d’émancipation sociale. Ces précurseurs, dans la longue marche qui s’ouvrait pour la lutte historique du peuple Algérien longtemps humilié, spolié de ses bienset privé de sa souveraineté; se nomment Hadj Ali Abdelkader, Si Djilali Mohamed, Imache Amar, Djeffel Mohamed, Radjef Belkacem, Moussaoui Rabah, Yahiaoui Ahmed, Mahmoud Latreche et tants d’autres figures emblématiques intègres et fondamentalement patriotes avec leur esprit militant désintéressé.
Conscients de la tragédie vécue par le peuple Algérien et de son avenir incertain face à l’impérialisme français, et partants pratiquement de zéro et plongés dans des difficultés inextricables, ils ont fait preuve d’une maitrise surhumaine dans l’organisation politique. Ils ont le mérite de faire émerger une existence nationale concrète par l’appartenance au sentiment algérien.
En tout cas, la révolution dans la conception de Abane, n’est ni une action politique temporaire, ni une opposition à l’ordre colonial. C’est un processus ininterrompu qui tire ses racines de l’histoire longue de la résistance nationale, avec ses évolutions mais aussi ses régressions.
Les voies révolutionnaires ne s’ouvrent qu’à ceux qui font preuve de combativité, de détermination, et enfin et surtout d’élévation politique. Car la révolution, dans sa pensée, c’est l’expression de toute une société maintenue en éveil et l’énonciation d’une volonté collective de combattre le colonialisme et l’ordre établi. La détermination de changer les choses, d’innover et de se rénover pour être soi.
Abane était clairvoyant qu’une fois la révolution déclenchée, incontestablement, il faudrait une refondation nationale: reconcevoir en termes neufs et imaginatifs la société algérienne et la culture nationale pour inverser les rapports de force, et faire disparaitre les vieilles orthodoxies et injustices enracinées dans les structures socio-économiques et para-administratives érigées par l’ordre colonial. Encadrer et structurer la révolution, ajuster les bouleversements et les nouvelles configurations politiques et sociologiques. C’était les points centraux autour duquel il était nécessaire et possible de construire en priorité l’unité de la révolution.
Il acquiert une notoriété considérable et fut placé au centre de la réflexion révolutionnaire.S’imposant par sa compétence intellectuelle, son aura et son autorité, et dans une profonde analyse politique sur le double plan national et international, Abane a toujours maintenu un regard critique sur la résistance algérienne à la colonisation française.Il ne pouvait pas admettre une chose sans l’avoir soumise à l’examen critique de la pensée. On le voit, pour lui, le constat s’imposait comme une vérité d’expérience, et la seule justification du pouvoir résidait dans la réussite de la révolution nationale.
Certains acteurs des plus en vue du FLN-ALN de la lutte armée, étaient plus répressifs à l’examen critique révolutionnaire. En tout cas, que ce soit dans le mouvement national, que ce soit au PPA-MTLD, que ce soit plus tard au FLN, l’anti-intellectualisme a toujours été de rigueur. En 1949, Messali recevait une délégation des contestataires démocratiques, composée de Mabrouk Belhocine, Yahia Henine et Saïd Ali Yahia- à ne pas confondre avec Rachid Ali Yahia. Ils insistaient en particulier sur l’importance de déployer des efforts d’éducation politique, la nécessité de doter le parti d’une plate-forme doctrinale et enfin l’utilité de son intervention pour calmer les campagnes de calomnies et de dénigrements mal ressenties par les militants du District de Kabylie accusés à tord de «séparatisme» kabyle. À quoi le Zaim, leur répondra : «vous savez, il faut souvent se méfier de l’intelligence ! »
Il existait, néanmoins, au sein du tandem Abane-Ben M’hidi, un consensus et un contrat intellectuel cohérant, doté d’une puissante vitalité critique qui rejetait le séduisant triomphalisme des slogans creux et lui préféraient la réalité révolutionnaire plus vaste et plus complexe.
En effet, en devenant l’instrument privilégié pour penser la révolution, la réflexion intellectuelle contribue inévitablement à la métamorphose révolutionnaire. Cette pensée n’est pas simplement une méthode, elle est avant tout dans sa conception, un impératif politique qui permet une clarification et un enracinement de l’idée révolutionnaire dans l’esprit du peuple algérien.
La dynamique de l’approfondissement révolutionnaire s’affirme en effet, dans son optique, du désir de s’affranchir du communautarisme, du féodalisme, du Messalisme, du régionalisme, du tribalisme, du clanisme, de l’islamisme, et enfin, du caporalisme.
La révolution pour le natif de Azouza, tant dans ses structures que dans ses représentations, c’est la quête d’un ordre politique moderne dans lequel les individus de communautés familiales et régionales différentes se sentent liés les uns les autres dans une sociabilité dépassant l’horizon du communautarisme.
L’engagement d’une «véritable égalité entre tous les citoyens d’une même patrie, sans discrimination». On comprend dès lors que l’élévation de sa pensée pragmatique est contemporaine de l’élargissement progressif de l’espace civique pour créer les conditions de l’émergence de la citoyenneté.
Abane se livrait à une lecture raisonnée de la vie politique. Conscient des limites du corps politico-social algérien: l’évolution de la société nationale était entravée par les structures archaïques et retardées à dessein dans leurs évolutions par le repli communautaire, l’esprit du clan et la mentalité de la tribu. Il avait réfléchit aux conditions de constitution d’une nouvelle éthique politique et considérait les fondations de la congrégation nationale avec plus de réalisme, en accordant une primauté à l’intelligence, la compétence et l’organisation. Il avait entrepris des efforts à parfaire la formation des militants et apprendre à analyser les conjonctures depuis la base jusqu’à le sommet.
Cette vision entendait donc contribuer, autant que faire se peut, à perfectionner la révolution, en la saisissant à travers le prisme intellectuel, et en rupture totale avec les schémas de la pensée traditionnelle héritée du Mouvement national. La meilleure posture révolutionnaire réside, d’après lui, dans son model idéal qu’il conviendrait d’appliquer à l’ensemble du peuple Algérien et de déterminer les règles qui lui conviennent le mieux pour réaliser le bonheur de tous.
En effet, dans son esprit, la véritable révolution est celle qui créée les conditions historiques d’une dynamique nationale irréversible pour abattre définitivementles ennemis mortels de la modernité généralisée, efficiente et durable. Celle qui permet aux institutions de s’affranchir des contradictions politico-sociales, s’adapter et durer ; car c’est seulement dans un environnement stable et résolument tourné vers l’universalité que les hommes peuvent faire preuve de vertu éthique et politique.
La tête pensante de l’instauration de l’ordre Jacobin avait mis en exergue l’intérêt supérieur de la révolution algérienne. Il fut fondé sur l’exigence de l’étape historique et le pragmatisme politique qui consistaient à fédérer d’abord, les forces politiques et imposer ensuite, l’hégémonie révolutionnaire sous l’autorité du FLN-ALN.
Ainsi, dans son esprit, l’existence de concurrents politico-militaires introduisait une division dans les rangs de la révolution et la multiplication de centres de décision entraineraient d’une manière générale l’hétérogénéité croissante de la révolution et, partant, l’effondrement de la dynamique de Novembre. Un tel dépérissement révolutionnaire et sociétal justifiait pour Abane la centralisation des forces acquises à l’insurrection nationale.
Il avait argumentéla concentration totale des pouvoirs et la mise en place d’une politique de fermeté à l’égard des éléments qui freinaient l’hégémonie de la révolution. La construction de l’unité politico-militaire autour du FLN-ALN impliquait de dissoudre les autres partis, et supposait notamment d’éliminer, dans l’ordre politique, le pouvoir qu’exerçaient les forces contre-révolutionnaires. Cette volonté de faire disparaitre tous les rapports de nuisance à l’insurrection conduisait Abane à exposer des solutions radicales et y compris le recours à la violence. Elle était censée mettre fin le plus rapidement possible aux résistances des forces réactionnaires.
Dans un tel contexte, la conduite de l’action révolutionnaire et l’exigence de sa réussite devaient prévaloir, avant tout, sur toutes les considérations personnelles et particulièrement contre ses ennemis mortels: les forces réactionnaires. Ainsi s’explique la liquidation des membres du Mouvement national algérien (MNA), préconisé par Abane en personne: «tout messaliste conscient devra être fusillé sans jugement». S’agissant en effet, des contre-révolutionnaires, les conditions de justice n’y sont plus garanties au nom du salut national et de l’intérêt suprême de la révolution conduite par le FLN.
En définitive, dans la conception révolutionnaire de Abane, le recours à la violence, quelles que soient les circonstances qui l’ont permis visait avant tout, un large soutien dans toutes les couches de la société nationale à la révolution, et la nécessité d’instaurer une grande discipline collective. Elle était justifiée au nom des exigences supérieures de la révolution nationale. La guerre ayant été lancée par la minorité de l’Organisation paramilitaire sans base arrière, obtenir le soutien de la population et imposer l’hégémonie du FLN-ALN était une question de survie pour l’insurrection nationale.
Messali Hadj qui avait refusé la lutte armée en 1954, ne s’y résolut pas et surtout vexé que la guerre fût déclenchée en dehors de lui ; il s’était opposé ouvertement et violement au FLN-ALN. Ce faisant, il l’avait fait dans le droit de la représentation qu’il avait donnée de l’algérie depuis qu’il fut intronisé au rang de chef du Parti du peuple algérien (PPA) en 1937, à l’issue de l’éviction de son rival direct, Imache Amar.
Elle s’était confirmée par ailleurs, par ses pratiques despotiques dans le MTLD des années 1940: il ne tolérait aucune inobservation à son esprit de domination. Dans son optique politique, aucun cadre militant ne pouvait s’émanciper de son influence, et par conséquent, toute initiative politique quelque que soit sa nature et son importance, ne devait être entreprise sans son aval et son autorité. Messali non seulement n’était pas vacciné contre l’hégémonisme, pis, il était très enclin à l’esprit de zaïmisme!
Abane Ramdane fut en effet, le principal artisan de l’élimination politique de Messali. Avec une grande rigueur intellectuelle, il fut le précurseur à déconstruire le courant messaliste d’après 1954, à mettre à nu ses errances et ses dérives, à dévoiler ses desseins et enfin, à alerter sur le danger qu’il représente pour la révolution algérienne.
Son analyse fut, dés 1956, partagée par l’ensemble des dirigeants de l’intérieur, tous engagés qu’ils étaient dans une bataille sans merci pour imposer le FLN comme l’unique interlocuteur légitime dans une éventuelle négociation avec la France. Les guerriers de l’ALN avaient livré un combat héroïque et sans relâche contre le bras armé du MNA: l’Armée nationale du peuple algérien (ANPA), l’allié indéfectible de l’armée française.
Ce n’est pas pour rien qu’une haine virulente contre Abane Ramdane, demeure la persistance la plus forte dans l’évolution politique chez les Messalistes. Ils s’appliquent à souiller sa mémoire en l’accusant arbitrairement de despote et honteusement d’inspirateur du parti unique. Ces invétérés du zaim est-il besoin de le rappeler dans cette tribune, n’ont jamais été démessalisés et leur vision sur Abane ne cesse de s’opérer sur un fond psychologiquement trouble de revanchisme, de ressentiment et ont conçu une misérable jalousie à son égard.
Il convient en effet, d’analyser cette inimitée maintenue à soixante sept ans de son assassinat qui représente un des phénomènes des plus complexesde la posture psychologique adoptée par les inconditionnels de Messali. Espérons que le jour prochain, les spécialistes de la psychiatrie politique arriveront à déterminer les effets déroutants et dévastateurs de cette haine et de cette culpabilité morale ou frustration politique du messalisme se transformant étonnamment et paradoxalement en une nécessité absolue d’exclusion de Abane des anales de l’Histoire de l’Algérie combattante: un révolutionnaire intrépide, dont son œuvre est d’une prodigieuse richesse, et qui a touché les domaines de la connaissance politique, militaire, sociale et géopolitique.
L’exclusivité politique absolue que la plateforme programmatique revendiquait pour le FLN à l’égard de l’ensemble des forces susceptibles de rallier son combat, et la vision politique monopoliste exprimée par Abane dès 1955 se souscrivaient avant tout, à la stratégie de la centralisation dans les rangs des forces révolutionnaires.
Pour combattre l’hégémonie coloniale, il fallait impérativement obéir à la nécessité pratique et incontournable de l’unité d’action. L’un des objectifs de la Soummam était donc bien d’instituer un strict monopole politique, tant dans toute négociation sur la question algérienne qu’au sein du futur État indépendant.
L’œuvre de la Soummam et par extension la pensée politique de Abane ne posaient pas pour l’avenir de l’Algérie le principe de l’instauration du parti unique. Ce dernier fut introduit par le Programme de Tripoli et fut adopté à l’unanimité du CNRA en mai 1962. Le FLN sera consacré dès la constitution algérienne du 10 septembre 1963 le «parti unique d’avant-garde» qui «définit la politique de la Nation et inspire l’action de l’État».
Contrairement à la propagande des nostalgiques de Messali, ce fut l’assassinat de Abane d’une part, les conditions de prévalence de l’appareil militaire sur le politique d’autre part, le manque de vision d’ensemble, et enfin, l’éclatement du commandement politique à l’été 1962, qui avait facilité l’instauration du FLN en parti unique jusqu’à l’ouverture frelatée de octobre 1988.
En définitive, à l’indépendance, l’armée des frontières fut la seule véritable force homogène, cohérente, structurée et disciplinée qui était équipée d’un matériel militaire moderne avec un effectif de trente deux milles hommes. S’appuyant sur Ben Bella et profitant de conditions politiques qui lui ont été favorables, elle s’était emparée du pouvoir dans des conditions chaotiques et de risque majeur de guerre civile.
Aux élucubrations des affidés de Messali, s’ajoute en effet les attaques infamantes et les campagnes de dénigrements de la Badissia-novembria. Elle traite Abane de «délateur» à son propre pays. Ce courant idéologique, à contre-sens de l’histoire nationale et à contre-temps du progrès humain se revendique en effet, de la lignée de l’association des Oulémas. Il s’agit, dans la réalité d’une composante hétéroclite qui s’est constituée autour de revanchards, de haineux, d’islamistes sectaires et de révisionnistes inféodés à certaines doctrines intégristes, fondamentalistes et réactionnaires, provenant de pays de l’Orient et la Turquie. Ils agissent sous la tutelle de la nébuleuse internationale des frères musulmans.
Ces révisionnistes et fossoyeurs de l’histoire de l’Algérie prétendent même que la révolution nationale fut une guerre sainte proclamée contre les chrétiens de l’Occident et qui fut pilotée par les oulémas. Ses membres se distinguent particulièrement par leur ignorance dans le domaine historique et par une très grave dépolitisation. Ils se méprennent totalement sur la nature exacte de l’action politique et la vision stratégique de Abane qui s’était engagé dans une lutte implacable contre le colonialisme dans laquelle, il avait agit et innové sur tous les fronts.
Il faut reconnaitre que contrairement à cette secte issue de l’intégrisme islamique qui est en contradiction avec le passé et le projet de société de notre pays , les oulémas historiques, cette association éminemment algérienne nourrie des réalités nationale et libre de toute influence extérieure avait déployée et mis en valeur le volet capital de l’émergence patriotique, et ne fit rien pour exploiter le sentiment religieux.
En ces heures décisives dignes du grand destin libérateur de notre pays, les oulémas se sont engagés dans une lutte courageuse et constructive pour prendre part aux cotés du FLN, du peuple Algérien et aux niveaux des élites militantes à ce mouvement révolutionnaire et irréversible pour libérer la terre de nos ancêtres.
Les plus conscients, parmi eux, patriotes et intellectuels à l’image de Larbi Tebessi, Tawfiq El Madani, M’barek El Mili et Ahmed Redha Houhou pensaient, à juste titre, que le triomphe d’un combat qui allait être très long et très dur et requérait d’avance le choix du terrain commun d’une patrie dans laquelle ne devrait interférer aucune surenchère confessionnelle.
L’association des oulémas, dans une vision de large union nationale et animée par l’amour de la patrie, n’avait et n’a rien de commun avec la Badissia-Novembria: ces falsificateurs asservis aux intérêts étroitsdu fondamentalisme intégriste et totalitaire avec ses mots d’ordre diviseurs, démobilisateurs et antidémocratiques.
Antirévolutionnaire, antinationale et révisionniste est cette jonction politique entre les nostalgiques de Messali et la Badissia-Novembria. Il est vrai que le négationnisme est une constante chez les forces réactionnaires partout ailleurs dans le monde.
Ses pensées fondamentalement hostiles au contrôle communautaire sur les consciences révolutionnaires et ses efforts incessants pour combattre la militarisation de la direction du FLN et l’emprise des trois B trouvaient ses limites d’abord, dans les pratiques hégémonistes qui avaient imprégné le mouvement national d’avant-garde au cours des années quarante, ensuite, dans l’influence grandissante du clanisme, du régionalisme et du sectarisme, et enfin dans les règles et traditions héritées de la féodalité qui continuaient àtravailler en faveur du maintien des normes sociales conservatrices et archaïques.
À cela s’ajoute naturellement et incontestablement, le volet politique qui fut le ferment de ces divergences, dans lequel les postures personnelles jouaient un grand rôle dans l’exacerbation du contentieux, et enfin, la double immixtion de Nasser et Bourguiba dans les affaires interne de la révolution algérienne. La conjonction de ses éléments endogènes et exogènes, dans les conditions qui ont été défavorables à Aban Ramdane, lui ont valu bien des anathèmes, des menaces et la marginalisation politique avant d’être éliminé physiquement.
La période qui avait précédait son assassinat était faite de changements et d’évolutions. En effet, des tensions de plus en plus palpables opposaient Abane, le politique aux militaires. Les lignes de fractures présentaient une certaine complexité. D’un côté, Abane, porteur de la vision du renouvellement intellectuel dont la diffusion de ses idées prenait appui sur fond d’importantes transformations politiques, et de l’autre, les militaires qui étaient résolus à lui faire barrage et à s’émanciper de son influence grandissante, en s’appuyant particulièrement sur le clanisme, le régionalisme et le communautarisme: les serviteurs efficace des intérêts des militaires.
En somme, dans le domaine de la pensée politique, les pesanteurs sociales archaïques, conservatrices et retardataires, contribuent à la redéfinition du pouvoir dans une perspective plus autoritaire.
De la prison de Santé, où était détenu aux côtés des membres de la délégation extérieure, Ben Bella dans une lettre adressée en 1958 à cinq colonels de l’ALN- Krim, Bentobal, Boussouf, Mahmoud Cherif et Ouamrane – s’était félicité de l’assassinat d’Abane Ramdane, le qualifiant d’«épuration».
Le summum du cynisme, il avait encouragé les commanditaires de ce forfait abject à continuer dans cette voie d’«assainissement ». Il faisait allusion sans doute, aux centralistes, aux communistes et à l’ensemble des ralliés au FLN. Ben Bella, farouche opposant des textes doctrinaux de la soummam avait approuvé sans état d’âme le premier coup d’État militaire qui avait frappé la révolution nationale à sa tête.
L’étude attentive du cheminement politique de Abane permet de montrer la cohérence de son édifice doctrinal dans ses multiples dimensions: politique, militaire, sociale et géopolitique. Il avait conforté, au maximum une révolution naissante et souveraine en lui attribuant particulièrement les outils majeurs et moyens indispensables à son développement par la réflexion.
Il est impossible de ne pas s’émerveiller devant ses efforts intellectuels et sa détermination implacable pour défendre et chercher d’une manière ou d’une autre à prolonger la révolution dans le projet national moderne, et asseoir singulièrement sa représentativité et la légitimité de sa revendication d’indépendance au plan international.
Tout son engagement fut un effort permanant pour surmonter les limites invétérées des constructions théoriques par un acte de volonté politique de les retourner contre le colonialisme destructeur, les archaïsmes stérilisants, les pesanteurs sociales retardataires et enfin, la caporalisation des instances dirigeantes du FLN. Par son patriotisme, son génie politique et son esprit de sacrifice, Abane Ramdane a fait honneur à ses ancêtres, sa famille, sa région et son pays : l’Algérie.
Il avait joué un rôle émérite, qui de notre point de vue, aujourd’hui, dans plus d’un cas n’est pas reconnu à sa juste valeur. Les historiens n’ont pas suffisamment analysés sa contribution dans ce mouvement dynamique de l’histoire de notre pays.
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