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Les ventes des fabricants d’armes ont atteint un nouveau record en 2024

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L'avion furtif SU 57
L'Algérie s'offre l'avion furtif Su 57

Alimentés par les guerres en Ukraine, dans la bande de Gaza et en Afrique, avec notamment la Libye, le Soudan…, les ventes se sont élevées à 586 milliards d’euros, en hausse de 5,9% sur un an, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

Les ventes des 100 plus grands fabricants d’armes au monde ont atteint un nouveau record en 2024, selon un rapport) publié lundi 1er décembre par l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Leurs affaires sont portées par les tensions internationales, notamment la guerre en Ukraine et celle dans la bande de Gaza.

Sur l’année 2024, les ventes se sont élevées à 679 milliards de dollars (583,5 milliards d’euros), en hausse de 5,9% sur un an, rapporte le Sipri. Cette dynamique est encore supérieure à celle de l’année précédente, où les ventes avaient grimpé de 4,2% sur un an. « L’année dernière, les revenus mondiaux des fournisseurs d’armes ont atteint le niveau le plus élevé jamais enregistré par le Sipri, les producteurs ayant capitalisé sur une forte demande », a déclaré Lorenzo Scarazzato, du programme dépenses militaires et production d’armes du Sipri, dans un communiqué. Entre 2015 et 2024, les revenus des 100 plus grands fournisseurs ont augmenté de 26%.

L’Europe tire les chiffres à la hausse

Jade Guiberteau Ricard, du même programme, explique à l’AFP que « c’est principalement dû à l’Europe », bien que « toutes les régions aient augmenté, sauf l’Asie et l’Océanie ». La hausse de la demande sur le Vieux Continent est liée, selon elle, à la guerre en Ukraine : aux besoins du pays en guerre lui-même s’ajoutent les dépenses de pays qui lui ont envoyé du matériel et doivent reconstituer leurs stocks.

Ces dépenses s’accompagnent d’une « perception de la menace de la Russie par les Etats européens », souligne la spécialiste. La France doit être « prête à un choc dans trois, quatre ans » face à la Russie, a affirmé, fin octobre, le chef d’état-major des armées françaises, le général Fabien Mandon.

En Suède, le gouvernement se prépare à une éventuelle attaque russe. L’exécutif suédois a annoncé, fin novembre, des investissements à hauteur de 317 millions d’euros pour se défendre face aux missiles, drones et avions de combat. De son côté, la Finlande se barricade face à la menace que constitue son voisin russe, et dit surveiller « de près » le renforcement des capacités militaires de la Russie près de sa frontière.

Les entreprises américaines génèrent la moitié des revenus

Parmi les 100 principaux fournisseurs d’armes mondiaux, 39 sont américains, dont trois figurent aux premières places : Lockheed Martin, RTX (anciennement Raytheon Technologies) et Northrop Grumman. L’ensemble des fabricants américains a enregistré un chiffre d’affaires combiné en hausse de 3,8%, à 334 milliards de dollars (287 milliards d’euros), soit près de la moitié du total mondial (49%).

En Europe, le chiffre d’affaires agrégé des 26 plus grandes sociétés d’armement a augmenté de 13%, à 151 milliards de dollars (130 milliards d’euros). L’entreprise tchèque Czechoslovak Group, qui a bénéficié de l’initiative tchèque sur les munitions qui fournit des obus d’artillerie à l’Ukraine, a vu ses revenus bondir de 193% – la plus forte augmentation – atteignant 3,6 milliards de dollars.

Mais les fabricants d’armes européens rencontrent des difficultés pour répondre à la demande accrue, avec un approvisionnement en matériaux plus difficile. Les français Airbus et Safran, qui s’approvisionnaient pour moitié en Russie pour le titane avant 2022, ont dû trouver de nouveaux fournisseurs. Les restrictions à l’exportation de minéraux critiques imposées par la Chine ont également conduit des entreprises comme Thales, en France, et Rheinmetall, en Allemagne, à revoir leurs coûts à la hausse avec la restructuration de leur chaîne d’approvisionnement.

Deux sociétés russes dans le top 100

Parmi les 100 principaux fournisseurs figurent aussi deux fabricants d’armes russes : Rostec et United Shipbuilding Corporation. Leurs revenus combinés ont augmenté de 23%, à 31,2 milliards de dollars (26,8 milliards d’euros). Malgré un manque de composants causé par les sanctions internationales, la demande intérieure compense largement la baisse des exportations. Toutefois, l’industrie russe de l’armement peine à trouver suffisamment de main-d’œuvre qualifiée « pour soutenir les taux de production projetés nécessaires pour atteindre les objectifs de guerre de la Russie », note le rapport du Sipri.

Enfin, les armes des sociétés israéliennes demeurent populaires sur le marché. Neuf des 100 principales entreprises d’armement sont établies au Moyen-Orient. Trois d’entre elles sont israéliennes et enregistrent un chiffre d’affaires cumulé de 16,2 milliards de dollars, soit 13,9 milliards d’euros (+16% sur an). Selon la chercheuse Zubaida Karim, « le contrecoup croissant contre les actions d’Israël à Gaza semble avoir eu peu d’impact sur l’intérêt pour les armes israéliennes ».

L’Algérie renforce son aviation

Avec un budget historique de 25 milliards de dollars, l’Algérie a ouvert son carnet de chèques avec notamment l’achat de 14 avions de combat SU 57. La Russie a déjà livré deux premiers chasseurs Su-57E à l’Algérie, selon plusieurs sources. 

Selon l’accord conclut en 2021, six appareils Sukhoi 57E Felon seront livrés à Alger avant la fin de cette année, six autres l’année prochaine puis deux derniers en 2027.

FrancetvAFP/RFI

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Kabylie : des villages qui montent vers le ciel, mais se vident de leur âme

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Le village de Kalaa
Village de Kabylie

« Ighil yerna, tiɣremt terna — La colline change, la maison change aussi. »

Le proverbe n’a jamais sonné aussi juste. En Kabylie, les villages changent à une vitesse que nos anciens n’auraient jamais imaginée. On ne construit plus seulement des maisons : on érige des étages, des façades, des symboles. Le paysage se transforme — et avec lui, une partie de notre identité.

I. La maison d’hier : une architecture qui tenait debout parce qu’elle tenait les gens ensemble

Autrefois, les villages kabyles — thudrin — formaient un corps vivant. Maisons basses, ruelles serrées, pierre locale, bois d’olivier, tuiles rouges séchées au soleil : chaque mur racontait une histoire.
On ne construisait pas pour montrer, mais pour transmettre.
« Taddart mačči d uxxam kan… » — le village, c’était la jambe qui portait le peuple.

Aujourd’hui, cette harmonie n’est plus qu’un souvenir.

II. Le tournant démographique : faute d’espace, le village s’élève… et s’isole

Les crêtes kabyles ne permettent plus l’expansion horizontale. Alors on grimpe. Trois, quatre, parfois cinq étages. Parents en bas, enfants au-dessus, et toujours un étage “pour plus tard”. Le futur devient un étage vide.

Même le garage devient symbole d’époque : omniprésent, démesuré, souvent plus important que les pièces de vie.

III. La diaspora : modernité, confort… et rupture esthétique

Paris, Marseille, Montréal, Bruxelles : la diaspora kabyle finance une nouvelle architecture.
Fenêtres aluminium, façades lisses, marbre brillant, toits-terrasses. Des maisons pensées pour montrer la réussite autant que pour abriter une famille.

Le confort grimpe, mais l’esthétique traditionnelle s’efface.
Un retour au pays ressemble désormais parfois à un retour dans un décor étranger.

IV. Le prix caché de la modernité : confort dedans, isolement dehors

Les maisons sont plus hautes, mais les relations plus basses.
Dans certains villages, on n’entend plus les voix des voisins.
Les fenêtres s’aluminent, les liens s’étiolent.
La pierre unissait, le béton sépare.

Le progrès n’est pas en cause. C’est l’équilibre qui est perdu.

V. Les châteaux vides : nouvelle tragédie silencieuse

C’est le phénomène le plus frappant : ces immenses maisons construites avec sacrifice… et abandonnées par les enfants partis vivre ailleurs.
Chambres vides, salons impeccables, pigeons qui remplacent les héritiers.

« J’ai construit trop haut pour des enfants partis trop loin. » Une phrase devenue presque universelle en Kabylie.

VI. Kabylie – Alpes : deux montagnes, un même vertige

Ce qui se passe en Kabylie n’est pas unique.
Dans les Alpes européennes, on voit la même fracture :
– résidences secondaires désertes,
– béton qui mord la pierre,
– villages plus beaux, mais plus silencieux.

À Chamonix comme à Tizi-Ouzou, on entend la même inquiétude :
« Nos montagnes changent plus vite que nos vies. »

Les Alpes ont réagi : règles strictes, préservation du patrimoine, rénovation plutôt que destruction.
Une leçon simple : moderniser n’oblige pas à se renier.

VII. Reconstruire sans détruire l’essentiel

Des architectes kabyles tentent une nouvelle voie : pierre + modernité, respect du relief, sobriété esthétique.
La beauté ne s’oppose pas au confort. La modernité n’efface pas la mémoire — si elle est pensée, encadrée, assumée.

« Axxam i d-yebna s tazmert… »
La maison bâtie avec sagesse construit aussi le cœur.

Conclusion : que voulons-nous léguer ?

Nous avons déjà perdu trop de ruelles, trop de pierres, trop de liens.
La question n’est pas de revenir en arrière.
La vraie question est : allons-nous construire un avenir qui ressemble à ce que nous sommes, ou à ce que nous croyons devoir imiter ?

Le béton est inévitable.
L’oubli, lui, ne l’est pas.

Aziz Slimani

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«Nous refusons » : un livre essentiel pour comprendre Israël qui se fissure de l’intérieur

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Avec Nous refusons – Dire non à l’armée en Israël, Martin Barzilai signe un travail d’une rare densité, à la fois rigoureux et profondément humain.

Son livre met en lumière un pan presque invisible de la société israélienne : celles et ceux qui refusent de servir dans une armée érigée en pilier identitaire et moral de l’État. À l’heure où Israël traverse une crise politique, sociale et éthique d’une ampleur inédite, cet ouvrage apparaît comme un outil indispensable pour comprendre les lignes de fracture internes qui secouent le pays.

Dès les premières pages, une méthode se dégage. Barzilai ne livre ni un réquisitoire ni un plaidoyer. Il adopte un regard de terrain, attentif, patient, proche d’une démarche anthropologique. Il recueille les trajectoires individuelles, explore les dilemmes, observe les nuances : celles des pacifistes, des militants de gauche, des ultra-orthodoxes, des jeunes en rupture avec un système militarisé jusqu’aux fondations. Et il précise un point essentiel : contrairement à ce que beaucoup imaginent, il n’a pas interviewé d’Arabes israéliens dans Nous refusons. Seul un Druze figure dans son premier ouvrage, Refuzniks.

Cette précision n’enlève rien à la portée du livre. Elle éclaire même un élément central : la diversité interne du refus, la pluralité de ses ressorts, l’intensité intime qui accompagne ces gestes de dissidence. Car en Israël, dire non à l’armée ne relève pas de la simple objection morale. C’est un acte qui expose à la stigmatisation, au silence familial, à l’isolement social, parfois à l’emprisonnement. Le livre montre comment ce refus engage des vies entières, fend des trajectoires personnelles et recompose des identités.

Barzilai rappelle aussi que cette contestation n’est pas nouvelle. Depuis les années 1970, des voix s’élèvent contre les guerres successives, l’occupation, la banalisation de l’état d’exception. Ces refus s’inscrivent dans une histoire longue, souvent méconnue, faite de lettres ouvertes, de groupes de soutien, de campagnes publiques, de stratégies juridiques. Le livre dévoile les moments où un jeune citoyen décide que participer à la mécanique militaire est devenu moralement intenable.

L’auteur explore également les formes contemporaines de ces engagements : collectifs féministes, mouvements queer, réseaux numériques, initiatives de solidarité. Il montre un univers où le refus n’est pas seulement individuel ; il est aussi collectif, structuré, réfléchi — mais encore minoritaire. Ce caractère minoritaire n’en atténue pas la portée. Au contraire : il souligne la force politique d’une contestation qui interroge le cœur d’un récit national fondé sur la centralité de l’armée.

Ce qui fait la singularité de Nous refusons, c’est la manière dont Barzilai laisse les voix parler. Pas d’emphase, pas de surplomb. Une écriture précise, directe, qui restitue la complexité d’une société fragmentée, traversée par la peur, la mémoire, la violence et le doute. Le livre offre un miroir d’Israël tel qu’on le voit rarement : non plus comme une forteresse unanime, mais comme un espace de tensions internes où certains tentent d’ouvrir des brèches.

Dans une période marquée par la crispation sécuritaire, l’effondrement du débat public et la radicalisation des politiques gouvernementales, le livre apparaît comme un geste salutaire. Il rappelle que l’histoire ne se réduit jamais à la logique de puissance. Elle est aussi faite de résistances, de refus, de lignes fragiles que des individus décident pourtant de tracer.

Avec ce travail, Barzilai donne de la visibilité à un mouvement encore marginal, mais porteur d’une interrogation profonde : que devient une société qui ne tolère plus la dissidence ? Et que reste-t-il d’une démocratie quand la contestation de l’institution la plus sacrée — l’armée — est perçue comme une trahison ?

À travers ces récits, Nous refusons fait apparaître un Israël fissuré, où la contestation surgit de l’intérieur même du système. Un ouvrage essentiel pour comprendre un pays qui ne cesse de se redéfinir sous le poids de son histoire, de ses choix politiques et de ses contradictions.

L’auteur

Martin Barzilai est né à Montevideo, en Uruguay. Diplômé de l’École nationale supérieure Louis-Lumière en 1994, il parcourt ensuite l’Amérique du Sud, où il se penche sur les enjeux politiques et sociaux. Il réalise également plusieurs reportages en Israël-Palestine et en Tunisie. Son travail est publié dans de nombreux médias français (Le Monde, Télérama, Courrier international, L’Obs) et internationaux (New York Times, Time Out). Photographe et journaliste, il alterne commandes de presse et projets indépendants.

Djamal Guettala 

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Cameroun : l’opposant Anicet Ekane est mort en détention

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Anicet Ekané.
L'opposant Anicet Ekané mort en détention au Cameroun.

Le leader politique et président du Manidem, Anicet Ekane, est décédé dans la nuit de dimanche à lundi 1er décembre, a-t-on appris ce matin de ses avocats et sa famille. Anicet Ekane avait été interpellé le 24 octobre dernier à Douala et était, depuis, en détention dans les cellules du secrétariat d’État à la Défense à Yaoundé.

Selon ses avocats, la santé d’Anicet Ekane s’est dégradée tout le week-end, malgré les soins auxquels il était soumis à la garnison militaire. Dimanche 30 novembre, son parti politique, le Manidem, inquiet de cette dégradation prononcée, a appelé dans un communiqué à son transfèrement de toute urgence dans une autre formation hospitalière, pour un suivi médical qu’il espérait plus « adapté et approprié ».

Le même communiqué, sur un ton prémonitoire, annonçait que le parti « tiendrait le régime de Yaoundé responsable des conséquences du refus de ce transfèrement » qu’il appelait de tous ses vœux. Ce matin, la nouvelle est tombée, abrupte, confirmée autant par les membres de sa famille que ses avocats : Anicet Ekane est décédé en détention, 38 jours après son interpellation à Douala, au lendemain de l’élection présidentielle.

Figure de la vie publique et politique camerounaise 

L’annonce de sa mort suscite déjà une grosse émotion. Certains médias locaux ont interrompu leurs programmes pour faire des directs sur cette annonce et dans les réseaux sociaux. C’est une cascade de lamentations et d’hommages qui lui sont déjà rendus. Il faut dire qu’Anicet Ekane est une figure de premier ordre de la scène politique camerounaise, avec près de 50 ans dédiés à la lutte politique. Il est de la génération des tout premiers leaders du tout début de la décennie 1990 qui avaient poussé pour un retour au multipartisme et pour la tenue, au Cameroun, d’une conférence nationale souveraine qui n’a jamais eu lieu. Il avait d’ailleurs été arrêté, jugé et condamné en février 1990 par le tribunal militaire pour activités subversives. 

Anicet Ekane est l’un des héritiers politiques des héros nationalistes camerounais, Ruben Um Nyobe, Félix-Roland Moumié ou encore Ernest Ouandié, dont il rappelait souvent qu’il avait assisté comme témoin à son exécution publique à Bafoussam en 1983. Fondateur du Manidem, il a été plusieurs fois candidat à l’élection présidentielle et s’est souvent distingué pour la défense des causes sociales ou des démunis.

Soutien à Issa Tchiroma Bakary

Cette année encore, en 2025, il a joué un rôle éminent dans le processus de l’élection présidentielle qui vient de s’achever. D’abord en investissant Maurice Kamto sous l’étendard de son parti le Manidem. Ensuite, en apportant tout son appui et son soutien à Issa Tchiroma Bakary, déclaré deuxième de cette élection et qui revendique l’avoir gagnée.

En tant que soutien actif d’Issa Tchiroma Bakary, il était accusé, avec d’autres leaders, des faits d’insurrection et de rébellion après qu’il a reconnu la victoire d’Issa Tchiroma Bakary à cette présidentielle dont les résultats officiels, qui ont donné Paul Biya vainqueur, sont contestés par une partie de l’opposition.

Dans un communiqué, le ministère camerounais de la Défense indique qu’une enquête a été ouverte afin « d’établir avec précision les circonstances du décès ». Le ministère estime qu’Anicet Ekane était « pris en charge de manière appropriée par le corps médical militaire, de concert avec ses médecins personnels et bénéficiait d’un suivi complémentaire dans les formations hospitalières de la place ».

RFI

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Dihya, diva de la chanson chaouie, honorée par l’Académie des Arts-Sciences-Lettres en 2025

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La chanteuse chaoui Dihya.
La chanteuse chaoui Dihya. Crédit photo : DR

À l’occasion du 110ᵉ anniversaire de sa création, la prestigieuse Académie des Arts-Sciences-Lettres a décerné sa médaille d’or à Dihya, de son vrai nom Aïssaoui Zohra, la grande voix chaouie des Aurès, lors de sa cérémonie annuelle dans le somptueux salon Opéra de l’Hôtel Intercontinental à Paris.

Cette distinction vient couronner un parcours exceptionnel, marqué par le courage, la fidélité à son peuple et une passion inébranlable pour la langue et la culture amazighes. Pour Dihya, cette reconnaissance a une saveur particulière : elle reflète des années de persévérance, de lutte pour la visibilité de sa culture et de transmission d’une mémoire vivante qui traverse les générations.

Accompagnée du cinéaste Youssef Lalami et du styliste et chanteur lyrique international Azal Belkadi, collaborateur du Bolchoï, Dihya a déclaré :

« À travers cette distinction, c’est la voix des Aurès que vous honorez, celle du peuple chaoui et, au-delà, de tous les Amazighs. Je chante pour faire vivre notre langue, notre mémoire et notre dignité. »

Elle a ensuite rendu un hommage émouvant à son défunt époux, Messaoud Nedjahi, compositeur, écrivain et compagnon de lutte, rappelant que son engagement artistique a toujours été intimement lié à celui de son compagnon, qui a nourri son inspiration et son combat pour la culture amazighe.

Depuis ses débuts, Dihya s’est imposée comme la diva de la musique chaouie, une artiste dont la voix puissante traverse les générations et qui transforme chaque chanson en un véritable hommage aux traditions des Aurès. Son répertoire, entièrement en chaoui, mêle poésie ancestrale, mélodies envoûtantes et modernité, faisant de chaque interprétation un pont entre le passé et le présent.

Au-delà de la scène, Dihya est une passeuse de mémoires, inspirant de jeunes artistes et portant la culture chaouie au-delà des frontières. La remise de la médaille d’or 2025 par l’Académie Arts-Sciences-Lettres confirme cette reconnaissance officielle et souligne l’importance de son rôle : faire entendre, avec éclat et majesté, la voix d’un peuple et d’une culture.

En 2025, Dihya reste ainsi un phare culturel, symbole d’un patrimoine vivant et d’une identité amazighe fièrement défendue, rappelant que la musique est autant un art qu’un vecteur de mémoire et de dignité.

Djamal Guettala 

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Plan de Donald Trump pour Gaza : une Algérienne s’adresse à Abdelmadjid Tebboune

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Tebboune
Abdelmadjid Tebboune

Le vote par l’Algérie au Conseil de sécurité en faveur du plan de Trump pour la bande de Gaza suscite interrogations et incompréhensions. Une Algérienne interpelle dans la tribune ci-dessous Abdelmadjid Tebboune.

À Son Excellence Monsieur Abdelmadjid Tebboune, Président de la République algérienne démocratique et populaire

Je m’adresse à vous en tant que petite-fille d’un martyr tombé au champ d’honneur en 1958 à El Kef Lakhdar, dans la commune de Chellalat El Adhaoura, wilaya de Médéa, pour notre liberté et l’indépendance de l’Algérie. Héritière de ce sacrifice et citoyenne, profondément attachée aux principes fondamentaux de notre Révolution, je souhaite vous faire part de mes préoccupations quant au vote de l’Algérie du 17 novembre 2025, en faveur du plan de paix en vingt points proposé par le président des États-Unis, Donald Trump.

Notre nation a toujours manifesté un soutien constant et indéfectible envers les peuples opprimés, en particulier le peuple palestinien. En 1988, c’est d’ailleurs à Alger que l’État de Palestine fut proclamé pour la première fois. Pendant deux ans, notre représentant au Conseil de sécurité des Nations unies a défendu avec force et détermination les droits inaliénables des Palestiniens. L’Algérie est toujours restée fidèle aux principes qui ont guidé notre lutte pour la liberté ; elle s’est toujours opposée à toute forme d’ingérence étrangère et a toujours affirmé que la création d’un État doit exclusivement refléter la volonté de son peuple.

L’Algérie s’est toujours opposée à toute intervention extérieure et lorsque l’ONU avait envisagé le déploiement de forces internationales sur notre territoire, nos dirigeants et notre peuple ont rejeté unanimement cette initiative, réaffirmant que la souveraineté nationale est un droit absolu et indivisible. Cet enseignement reste profondément ancré dans notre mémoire collective.

Monsieur le Président de la République algérienne démocratique et populaire, depuis votre arrivée à la tête de l’État, vous avez réaffirmé votre engagement en faveur de la justice et de la liberté, soutenu fermement l’établissement d’un État palestinien selon les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. Nous comprenons que le vote de l’Algérie en faveur de ce plan vise principalement à obtenir la reconnaissance internationale de cet État.

Toutefois, ce plan comporte plusieurs dispositions qui entrent en contradiction avec nos valeurs historiques et diplomatiques. La dimension militaire subordonne la fin du conflit à la cessation définitive de la lutte armée par la résistance palestinienne, au désarmement de ses membres et à la destruction de ses infrastructures militaires, privant ainsi le peuple palestinien de son droit fondamental à la légitime défense.

De son côté, Israël ne s’engage qu’à un retrait progressif de ses forces, en renonçant uniquement à l’annexion ou à l’occupation de la bande de Gaza (point 16). La dimension politique prévoit le déploiement d’une force internationale de stabilisation chargée d’assurer la sécurité dans la région (points 14 à 16), ainsi que la création d’un comité civil (point 9) placé sous la supervision d’un « conseil de paix » présidé par Donald Trump. Le Hamas et l’Autorité palestinienne en seraient exclus (point 13). Une telle administration, dépourvue de mandat de l’ONU, soulève de sérieuses interrogations quant à sa légitimité.

Au-delà de ces considérations, ce plan suscite de vives inquiétudes. Il demeure ambigu quant à la solution à deux États, niant l’existence actuelle d’un État palestinien tout en reconnaissant ses aspirations internationales. Il omet la question de la Cisjordanie, laissant en suspens le problème central du conflit.

Il néglige également la justice transitionnelle et les responsabilités israéliennes, en dépit des procédures engagées auprès de la Cour pénale internationale et des décisions de la Cour internationale de Justice concernant les réparations dues aux Palestiniens. Il ne traite ni des frontières, ni du droit au retour des réfugiés.

Monsieur le Président, notre histoire, marquée par la colonisation et la lutte acharnée pour l’indépendance, rejoint celle d’autres peuples ayant subi la colonisation de peuplement, éprouvés par la torture, l’humiliation, la déshumanisation et une souffrance profonde.

Je vous prie de m’accorder la liberté de partager une réflexion sur l’histoire et la dignité des peuples face à l’oppression.

Imaginez, ne serait-ce qu’un instant, que l’ONU ait désarmé l’ALN et mandaté des forces internationales pour prendre en charge la sécurité de notre nation, tout en établissant un comité civil sous l’autorité du colonisateur. 

Dans un tel contexte, comment l’Algérie aurait-elle pu retrouver sa souveraineté et sa liberté ? Et comment aurait réagi le FLN s’il avait été exclu de toute négociation, privé de sa voix dans le destin de sa nation ?

La surprise de la communauté internationale et surtout celle du peuple palestinien ainsi que la réaction ferme de la résistance prennent ici tout leur sens. Les espoirs étaient immenses, à la hauteur de la grandeur de l’Algérie et du sacrifice de son peuple. Alger demeure toujours la Mecque des révolutionnaires, le phare qui guide ceux qui luttent pour la liberté.

L’exemple de l’Afrique du Sud ne peut être ignoré : l’Algérie a soutenu Nelson Mandela et son combat pour la justice, et la reconnaissance de Mandela, affirmant que l’Algérie avait contribué à façonner l’homme qu’il est devenu, résonne encore aujourd’hui comme un appel à la justice, un écho aux aspirations du peuple palestinien et de toutes les consciences éprises de liberté.

C’est pourquoi, Monsieur le Président, je me permets de vous interpeller afin que la voix du peuple algérien soit pleinement entendue, afin que ceux qui commandent notre nation demeurent fidèles à ses principes fondamentaux de justice, de liberté et de solidarité.

La souveraineté et le droit du peuple palestinien à déterminer librement son avenir sont des principes sacrés, inaliénables. 

L’Algérie doit continuer, avec une constance inébranlable, à défendre le droit du peuple palestinien à un État pleinement souverain.

Monsieur le Président, je vous adresse cet appel respectueux et solennel pour que vous réaffirmiez publiquement l’engagement indéfectible de l’Algérie en faveur du droit inaliénable du peuple palestinien à l’autodétermination. Je vous exhorte à reconsidérer la position nationale à la lumière des aspirations profondes des peuples algérien et palestinien, et à œuvrer résolument pour l’adoption des amendements nécessaires, afin d’assurer le respect intégral du droit international, tout en restant fidèle aux principes fondateurs et à l’honneur immuable de notre République.

En honorant l’héritage de nos martyrs, votre soutien sans faille à la souveraineté du peuple frère de Palestine vous placera parmi les Justes de l’Histoire.

Djamila Kaoues

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L’allocation chômage portée à 18 000 DA en Algérie

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Chômage en Algérie
Le pouvoir augmente l'allocation chômage.

Le Conseil des ministres a décidé lors de sa réunion présidée, hier dimanche, par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, de porter l’allocation chômage de 15.000 DA à 18.000 DA, indique dimanche un communiqué du Conseil des ministres.

Le président de la République a enjoint au ministre du Travail de revoir la condition relative au renouvellement du dossier de l’allocation chômage tous les six mois, soulignant que le Conseil des ministres a fixé son versement pour une durée minimale d’une année renouvelable.

Le président de la République a également instruit le ministre du Travail de faire en sorte que l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) accomplisse pleinement et sérieusement son rôle, afin qu’elle garantisse la transparence et la fluidité dans l’orientation des demandeurs d’emploi, la classification des personnes intégrées dans le marché du travail et leur distinction des chômeurs dans un fichier national actualisé.

APS

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Augmentation du SNMG à 24.000 DA à partir de janvier 2026

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Conseil des ministres.
Conseil des ministres. Crédit image : APS

Le Conseil des ministres a décidé lors de sa réunion présidée, hier dimanche, par le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, d’augmenter le Salaire national minimum garanti (SNMG) de 20.000 DA à 24.000 DA, à partir de janvier 2026, indique dimanche un communiqué du Conseil des ministres.

«Le Conseil des ministres a décidé d’augmenter le Salaire national minimum garanti de 20.000 DA à 24.000 DA, à partir de janvier 2026. Cette revalorisation est la première de cette importance depuis le début des augmentations du SNMG sur des décennies, la dernière étant l’augmentation de 2.000 DA, décidée par Monsieur le président en 2020», précise le communiqué.

APS

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Giuseppe Verdi et Giacomo Puccini à Ouled-Fayet !

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Opéra d'Alger.

Pourrions-nous dépenser 1500 dinars pour un siège au balcon 12 de l’Opéra Boualem-Bessaïh de Ouled-Fayet ? Oui. Pourquoi pas tant qu’il est question d’une rencontre avec G. Verdi, G. Puccini et Umberto Giurdano. Il s’agissait d’un spectacle de quelque 45 minutes qui ressemblait plus à une répétition pour un opéra classique qu’à une répétition.

Le 28 novembre dernier, face à un public presque savamment trié sur le volet, deux sopranos, un ténor et un baryton de la prestigieuse troupe italienne de la fondation Arena di Verona se sont succédé autour du piano fort pour un programme ne dépassant pas la mi-temps d’une partie de foot. Le public, lui, n’était pour la plupart pas des habitués de la musique classique mondiale, mais les fans et les membres du Conservatoire d’Alger et ceux de l’École supérieure de musique avaient estimé qu’il y avait un manque de respect à l’égard des amoureux de l’opéra classique.

Le ministère de la Culture, une entreprise de prospection pétrolière et un centre culturel étaient derrière le déplacement de ces éléments de la troupe de Verona. La fondation Arena di Verona est dirigée par Mme Cecilia Gasdia, pianiste sur la scène de l’Opéra de Ouled-Fayet et fervente sympathisante de Meloni à Rome !

Vue de près, le programme paraît bien alléchant. A défaut d’avoir le même spectacle au coût de 500 euros pour ne voir que la seule Aïda de Verdi au milieu du gigantesque amphithéâtre romain de Verona, le «petit» public de Ouled-Fayet a eu droit, en ouverture, à une projection de marketing urbain sur la ville de Juliette et Roméo. Pour finir en cuisine… La belle trouvaille des programmateurs de la Fondation de l’Opéra de Verona est la distribution sous la forme d’un menu italien. 

Un menu fretin…

On Antipasti (entrée), le ténor Francesco Meli pour « De mici bollenti spiriti » (De mes esprits fougueux ) du 2e acte, scène 1 de la Traviata de Giuseppe Verdi suivi de la soprano Marta Torbidoni pour « Ritorna vincitor », du 1er acte de Aïda, du même Verdi.

Le Primi (Premiers plats), le baryton Gëzim Myshketa pour « Nemico della patria » (Ennemi de la patrie) de l’opéra Andrea Chénier de Umberto Giordano (1867-1948) dont le texte est de Luigi Illica (1857-1919). Le réel trio de poissons habillés d’algues marines relevés est certainement la mise en scène autour d’un piano fort bien au milieu, que les deux sopranos, le baryton et le ténor exécutant la réplique de Rodolfo dans Dunque è proprio » de La Bohème de G. Puccini.

Arrive le Secondi piatti ( plat de résistance) au 2e tableau de la valse lente, au chant plein de coquetterie de Musetta à l’encontre de son ex-amant Marcello, délicieusement exécuté par la soprano Eleonora Bellocci. Mais,malheureusement « Quando men vo » de La Bohème ne dura que le temps d’une dégustation et tout le monde est resté sur sa faim. Relevé à la romance extraite du 3e acte de la Tosca de Puccini, « E luccevan le stelle » du ténor F. Meli, interprétant le rôle du peintre Cavoradossi, cet amoureux de la chanteuse Tosca qui attendait son exécution en une soirée où seules les étoiles y brillaient. Une bien décevante purée de lentilles à la truffe blanche de la Toscane aux vues de l’attente de certains fans algériens qui ont assisté à cette belle, représentation sur les scènes de Modena, Bologna et Milan. 

Flanqué en Bis, le Dolci ( en Dessert) ne fut du tout cette savoureuse bûche au citron, mais un assemblage vocal bien expéditif du magistral « O sole mio » (Ô mon soleil) d’Eduardo di Capua qui a bien laissé sur leur appétit plus d’un spectateur qui tentèrent de donner quelques reprises au refrain ici et là du parterre de l’Opéra de Ouled-Fayet.

Regrettable présentation en présence de quelques représentations diplomatiques où les tenants de la scène n’ont pu enorgueillir la mémoire des maîtres de l’Opéra mondial. Il manquait certainement, dans les archives de la Fondation italienne qu’en mars 1887, déjà le Théâtre municipal d’Alger avait reçu trois représentations de Aïda de Verdi et qu’au mois d’avril 1905, ce fut le tour de la Troupe italienne de M. Castellano de représenter avec un souci de l’exactitude et une conscience scrupuleuse de faire bien, certes à l’époque face au seul public de colons européens, en plus de Aïda, Mefistotele, Otello, La Tosca, Manon Lescaut de Puccini et Le Trouvère de Verdi. Ils font désormais, partie de la mémoire du patrimoine scénique de l’actuel TNA, dont le nom de Mahieddine Bachetarzi est d’abord une des plus puissantes voix de ténor du pourtour méditerranéen.

Mohamed-Karim Assouane, universitaire.

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COP30 : la question de l’écocide

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Pollution.
Image par Mohamed Hassan de Pixabay

Les résultats de la COP30 amènent un haut fonctionnaire des Nations unies à se demander s’ils pourraient être considérés comme un écocide, même un crime contre l’humanité, si des actions plus fortes ne sont pas rapidement prises.

Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, a commenté les faibles résultats de la 30e conférence des Nations unies sur le climat à Belem au Brésil (COP30). Cet accord a minima dans une situation d’urgence climatique illustrerait, selon lui, les déséquilibres existant entre l’industrie des combustibles fossiles qui génère des profits colossaux et des certaines de communautés et pays victimes de préjudices causés par le dérèglement climatique.

Il n’est pas le seul à se questionner sur la situation climatique de la planète. Cette année, des travaux scientifiques sur les risques systémiques soulignaient une aggravation des tendances. Le Stockholm Resilience Centre affirme que sept des neuf limites planétaires seraient déjà franchies, ce qui accroîtrait les risques d’effondrement de la biodiversité, d’instabilité climatique et de perturbations hydriques.

L’année dernière, le Rapport Planète Vivante du WWF exposait un déclin de 73 % des populations d’animaux sauvages depuis 1970. L’équipe internationale de climatologues, sous la direction du Global Carbon Project, publiait dans la revue scientifique Environmental Research Letters, le 3 septembre 2024, que la concentration dans l’atmosphère de méthane (CH4) à l’origine d’un tiers du réchauffement climatique global augmenterait plus rapidement que tout autre gaz à effet de serre majeur. Il n’y a jamais eu autant de méthane dans l’atmosphère, affirme-t-il. Ceci menacerait gravement l’habitabilité de la planète.

Le dérèglement climatique a aussi été souligné à l’occasion de la COP28 en décembre 2023 par le Global Systems Institute de l’université d’Exeter au Royaume-Uni dans son rapport Global Tipping Points. Il identifie 25 points de bascule dans le système terrestre dont 16 sont dans la biosphère telle la disparition du corail, six dans la cryosphère telle la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, et quatre dans les circulations atmosphériques et océaniques comme l’Amoc et les moussons ouest-africaines. La co-auteure de ce rapport, Sonia Kéfi, affirmait à ce sujet que nous sommes au seuil de points de bascule en cascade du système Terre. Pour ce groupe de scientifiques internationaux, le changement climatique constitue désormais une menace existentielle directe pour la vie sur terre.

Qu’est-ce qu’un écocide ?

Est considéré comme un écocide l’endommagement irrémédiable ou la destruction d’un écosystème par un processus qui entraîne sa surexploitation, intentionnelle ou non. De nombreux événements passés ont été considérés par plusieurs organismes comme des écocides. L’utilisation de l’agent orange pendant la guerre du Vietnam, l’explosion d’un réacteur atomique à Tchernobyl, la déforestation en Amazonie et en Indonésie, l’invasion de l’Ukraine par la Russie et dernièrement la guerre à Gaza.

Le concept de crime d’écocide est débattu depuis 1947 au sein de la Commission du droit international pour l’inclure dans le Code des crimes contre la paix et la sécurité de l’Humanité. Dans les années 1970, il a été proposé de l’inclure dans la Convention sur le génocide de 1948. Mais il a été retiré en 1995 du projet de Code et n’a pas été inclus au Statut de Rome. Depuis la fin des années 1990, diverses tentatives de le réintégrer dans le droit international ont été faites sans succès.

S’il n’y a donc pas de loi internationale qui criminalise l’écocide en temps de paix. Le Statut de Rome en fait cependant un crime en temps de guerre sous certaines conditions. Une quinzaine de pays ont déjà criminalisé l’écocide sur leur territoire. Le Viêtnam a été le premier en 1990. En décembre 2020, la Belgique a demandé d’inscrire le crime d’écocide dans le droit international.

L’urgence de régler cette situation

Pour Sébastien Treyer, le directeur général de l’Institut du développement durable et des relations internationales, il serait nécessaire pour accélérer la transition écologique d’utiliser d’autres instances que les conférences onusiennes.

En ce sens, le président de la COP30, André Corrêa do Lago, a aussi reconnu que plusieurs pays et organismes attendaient davantage d’ambition et a annoncé le lancement d’une feuille de route, pour surmonter la dépendance aux énergies fossiles, qui devrait être discutée avec les États volontaires en parallèle du processus officiel.

Le bilan médiocre de la COP30 a conduit le ministre adjoint de l’Environnement des Maldives, Thybian Ibrahim, à affirmer qu’il faut voir le problème dans son ensemble. Pour nous, aux Maldives, ça veut aussi dire de devoir faire face à une rupture de nos produits alimentaires s’il y a une sécheresse ou des inondations en Inde, commente-t-il.

La négociatrice pour les Comores, Loubna Hamidi, a demandé de récompenser les pays qui préservent leurs écosystèmes côtiers. Dans mon pays, protéger les mangroves est le meilleur moyen de s’adapter aux changements climatiques, affirme-t-elle.

Le haut-commissaire des Nations unies s’interrogeait après la COP30 quant à cette inaction, parlant du récent arrêt de la Cour internationale de Justice qui affirmait que les gouvernements doivent prévenir toute atteinte grave au climat. Le jugement imposait aux entreprises le devoir de diligence et à prévoir des réparations pour les préjudices liés au climat. Il s’est même demandé publiquement, au sujet de l’opinion des générations futures, si cette réponse inadéquate pouvait être considérée comme un écocide, peut-être même un crime contre l’humanité.

Michel Gourd

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