L’année 2025 s’est achevée sur un bilan opérationnel particulièrement dense pour la Direction générale de la protection civile (DGPC). À l’échelle nationale, 1 206 004 interventions ont été enregistrées à travers les différentes wilayas, illustrant l’ampleur des missions quotidiennes assurées par les services de secours pour la protection des personnes et des biens.
Ce volume d’activité, en constante augmentation ces dernières années, met en lumière une réalité préoccupante : malgré les campagnes de sensibilisation et les dispositifs de prévention, les risques liés aux comportements humains, aux conditions de circulation et à l’usage domestique des équipements demeurent élevés.
Accidents de la route : une hécatombe persistante
Les accidents de la circulation continuent de représenter l’un des volets les plus lourds de l’activité de la protection civile. En 2025, 82 486 interventions ont été effectuées à la suite d’accidents routiers. Ces événements ont nécessité la mobilisation de près de 89 888 agents et secouristes, traduisant l’intensité des moyens humains engagés.
Le bilan humain reste alarmant : 2 066 décès ont été enregistrés sur les routes. Ces chiffres confirment que l’insécurité routière demeure un enjeu majeur de santé publique, malgré le renforcement des contrôles et les appels récurrents à la prudence.
Gaz et monoxyde de carbone : un danger silencieux
Les accidents liés à l’asphyxie et aux intoxications par le gaz et le monoxyde de carbone continuent également de coûter des vies. La DGPC a recensé 930 interventions dans ce cadre, ayant concerné 2 196 personnes secourues.
Ces incidents ont causé 130 décès, souvent dans des espaces clos et en période de forte utilisation des appareils de chauffage. Ce bilan rappelle la dangerosité persistante des installations défectueuses ou mal entretenues et l’insuffisance, dans certains foyers, des mesures de prévention élémentaires.
Noyades : une saison estivale à haut risque
Durant la saison estivale, les plages et plans d’eau ont concentré une part importante des interventions. La protection civile a effectué 76 759 interventions liées aux risques de noyade, mobilisant 53 228 sauveteurs.
Malgré cette présence renforcée, 261 décès par noyade ont été enregistrés. Ces drames surviennent le plus souvent en dehors des zones surveillées ou à la suite du non-respect des consignes de sécurité, soulignant les limites de l’intervention humaine face à des comportements à risque.
Un enjeu de prévention plus que de réaction
À travers ce bilan, la DGPC met en évidence des défis structurels majeurs. Si la capacité de réaction des services de secours reste déterminante, la réduction durable de ces chiffres passe avant tout par le respect des règles de prévention et de sécurité : prudence sur les routes, utilisation conforme des appareils à gaz et de chauffage, et respect strict des consignes de baignade.
Au-delà des statistiques, ces données rappellent que chaque intervention correspond à une situation d’urgence évitable dans de nombreux cas. La protection civile demeure ainsi en première ligne, mais la responsabilité collective reste un levier essentiel pour alléger cette pression constante sur les services de secours.
L’historien et militant nationaliste Mohammed Harbi s’est éteint ce jeudi 1er janvier à l’âge de 92 ans « après avoir lutté, pendant quatre jours, contre une infection pulmonaire dans un hôpital parisien », annonce Ali Guenoun, historien et ami du défunt.
La contribution à l’écriture et la connaissance du mouvement nationaliste et la lutte pour l’indépendance algérienne est sans commune mesure. Le dernier ouvrage publié de cet immense historien est la traduction par Aumer U Lamara du premier tome de ses mémoires sous le titre Tudert deg iseɣ, chez Koukou Editions, 2024.
« Sa contribution en tant qu’historien, jusqu’à la fin de sa vie, a été majeure, et laisse un héritage certain. Mohammed Harbi est resté digne jusqu’à ses derniers instants. Son souvenir demeure intact et continuera à jamais à éclairer nos mémoires, et la mémoire algérienne. Rappelons-nous de cette phrase tirée de sa dernière déclaration : « Œuvrons tous ensemble pour construire une nation de citoyens et vivre en paix avec nos voisins », écrit Ali Guenoun qui est resté très proche de l’historien et de sa famille.
Mohammed Harbi naît en 1933 à El Harrouch, dans l’est de l’Algérie, alors sous domination coloniale française. Très tôt, il est sensibilisé aux injustices du système colonial et s’engage dans le mouvement nationaliste algérien. Encore jeune, il rejoint le Parti du Peuple Algérien (PPA) puis le MTLD, formations qui constituent le socle du futur Front de Libération Nationale (FLN). Arrivé à Paris en 1952, Mohammed Harbi passe son baccalauréat puis s’inscrit à l’Université tout en continuant la lutte pour l’indépendance au sein du MTLD. Au déclenchement de la guerre, il rejoint la Fédération de France puis le cabinet de Krim Belkacem. A l’indépendance, la gauche algérienne s’investit dans le mouvement autogestionnaire. Séduit par les idées socialistes d’Ahmed Ben Bella, il rejoint Révolution africaine et devient conseiller technique du président. Défenseur du socialisme, Mohammed Harbi était la caution marxiste de Ben Bella. Critique du régime autoritaire qui s’installe après le coup d’Etat de Boumediene, Mohammed Harbi est arrêté, emprisonné puis placé en résidence surveillée. Cette expérience renforce sa distance vis-à-vis du pouvoir et l’amène à repenser son engagement. Il réussit à s’enfuir vers l’étranger en 1973 pour entamer une carrière d’universitaire.
Parmi ses ouvrages majeurs figurent Le FLN, mirage et réalité et Les Archives de la révolution algérienne, qui font autorité dans le champ historiographique.
L’historien était d’une exigence sans faille. Mohammed Harbi est reconnu pour sa rigueur intellectuelle et son courage moral. Il n’a cessé de défendre la liberté de recherche, le pluralisme politique et la nécessité d’un regard lucide sur le passé pour construire l’avenir.
Vous pourrez suivre sur notre site toutes ses vidéos dans lesquelles il raconte son parcours de militant et analyse le mouvement nationaliste.
À Marseille, Marie Montebello tisse les récits intimes de cinq femmes solitaires, chacune portée par sa force, sa résilience et son désir de liberté. Coline, Awa, Sonia, Marguerite et Solange se croisent dans un roman où la ville devient un personnage à part entière, entre ruelles baignées de lumière et criques silencieuses.
Entre réalisme et poésie, le quotidien se fait aventure, et la solitude, choisie ou subie, devient un chemin vers l’émancipation. Les Elles de Marseille est un hommage vibrant à celles qui construisent leur vie, transcendent les blessures, et offrent au lecteur le parfum subtil de la liberté.
Marie Montebello a accepté de partager avec nous son parcours et sa vision après l’avoir rencontrée au Carré des Écrivains 2025, un lieu où les voix littéraires se croisent et s’entrelacent, à l’image de ses personnages.
Le Matin d’Algérie : Qu’est-ce qui vous a inspirée à raconter les histoires de ces cinq femmes solitaires à Marseille ?
Marie Montebello : Ces dernières années, je me suis aperçue que je côtoyais de plus en plus de femmes seules, dans le travail, les associations, les loisirs, les voyages … J’ai alors vérifié qu’effectivement en France, il y avait 11 millions de personnes seules dont plus de 7 millions de femmes, de tous les âges, divorcées, veuves, mais également des jeunes femmes hyper diplômées de la trentaine qui sont indépendantes économiquement et qui désirent mener leur propre vie sans aucune obligation. Ce fait sociétal est nouveau, je me rappelle que dans mon enfance, issue des milieux populaires, dans les années 1960/1970, il n’y avait pas de femmes seules autour de moi, car peu de femmes travaillaient et avaient en conséquence une indépendance économique. On peut vérifier également qu’en général, que ce soit dans les milieux artistiques ou littéraires, les femmes « seules » qui pouvaient s’exprimer au cours des périodes précédentes venaient uniquement des milieux bourgeois.
Le Matin d’Algérie : Coline, Awa, Sonia, Marguerite et Solange ont chacune un destin très différent. Comment avez-vous construit leurs parcours pour qu’ils s’entrelacent subtilement dans le récit ?
Marie Montebello : Ce sont pour la plupart des femmes que j’ai rencontrées à Marseille, car je fais partie du Forum des Femmes de La Méditerranée depuis sa création, et comme Marseille est une ville multiculturelle, j’y ai rencontré beaucoup de filles issues de la migration, italienne, vietnamienne, sénégalaise, algérienne, marocaine… Toutes ont été appelées à se battre et à travailler très dur pour survivre.
On se trouve ainsi confrontée à une solitude subie pour des raisons de migration, de conversion conjugale, de séparation, de deuil, etc. Et cette solitude subie, sur l’instant, peut devenir par le travail, l’indépendance économique et la thérapie personnelle, une solitude choisie. C’est ainsi que cette solitude subie, que j’ai eu à traverser moi-même après la mort de mon mari, a pu par la suite se transformer en solitude choisie en offrant, en outre, ce goût subtil qu’est le parfum de la liberté totale en tant que femme, en France.
Le Matin d’Algérie : La ville de Marseille semble devenir un personnage à part entière dans le roman. Comment décririez-vous le rôle de la ville dans la vie de vos personnages ?
Marie Montebello : Effectivement, venant du Nord-Est de la France, d’une petite ville minière grise et pluvieuse, la découverte de cette ville fut un véritable « coup de foudre ». Il est évident que Marseille avec sa lumière, le bleu du ciel, les profondeurs argentées de la mer, les monuments ocre et pastel, qui se couvrent d’un rose orangé le soir, ont tout de suite pour moi évoqué l’Italie que mes parents ont dû quitter au début du siècle dernier. Revenir à Marseille, ce fut comme un retour à mes racines intérieures italiennes. Et, en outre, qui a dit : « La misère est moins dure au soleil » ? Aznavour ! Ce fut le cas, la vie fut beaucoup plus facile et agréable à Marseille, surtout avec des enfants !
Le Matin d’Algérie : La mer revient comme un leitmotiv tout au long du livre, symbolisant parfois l’apaisement, parfois l’appel à l’aventure. Quel est votre rapport personnel à la mer ?
Marie Montebello : La mer est devenue après les pertes et les décès, ma meilleure amie, toujours accueillante et silencieuse, comme « La Bonne Mère ». C’est surtout en hiver, quand la foule des touristes a disparu et qu’il commence à faire un peu frais, que le soleil est toujours là, que commence le véritable lien complice avec la mer. Il faut savoir qu’il y a à Marseille des criques où on peut se retrouver totalement seul en osmose avec le ciel, les rochers et la mer. C’est comme si, complètement nu, sous un soleil aveuglant, on pouvait alors faire partie intégrante de cette nature généreuse enveloppée uniquement du silence total pour devenir aussi léger qu’un grain de sable, ou qu’une vague regagnant la haute mer.
Le Matin d’Algérie : Certaines histoires, comme celle de la jeune fille née sous « X » ou les événements liés à FIM, sont très marquantes. Comment choisissez-vous les détails réalistes à intégrer dans vos récits ?
Marie Montebello : Pour tout vous dire, je me suis inspirée de ma propre histoire, de chroniqueuse radio qui travaille à FIM (France Inter Marseille). Le micro qui reste ouvert alors que la chroniqueuse du jour est en train de raconter sa vie amoureuse, c’est arrivé à l’une de mes collègues ! Ensuite, effectivement, j’ajoute de l’imaginaire, de la fantaisie et du suspense… Du moins, j’essaye ! Mais la plupart de mes personnages sont issus de la réalité parce qu’elles m’ont marquée aussi bien par leurs chemins de vie, par leur authenticité que par leur originalité. C’est un peu comme un peintre qui prend un modèle mais le façonne selon son humeur. On va rajouter de la couleur, un chapeau, des lunettes, un sourire charmeur ou des poings vengeurs.
Le Matin d’Algérie : Votre écriture alterne entre réalisme, poésie et formes plus originales comme le poème en prose. Comment travaillez-vous ces variations de style pour qu’elles servent le récit ?
Marie Montebello : En tant que chroniqueuse radio, j’ai gardé un style parlé, réaliste et synthétique. Et en tant que grande lectrice, je suis certainement impactée, sans m’en rendre compte, par d’autres styles d’écriture. C’est vrai que l’écriture libre sous forme poétique me plaît énormément. Et je pense qu’en faisant alterner ces deux styles, ça me permet de donner du souffle à la fois au narrateur et au lecteur.
Le Matin d’Algérie : L’humour et la légèreté côtoient des thèmes plus graves comme la solitude, la recherche de lien familial ou le passage du temps. Est-ce une manière pour vous de refléter la complexité de la vie ?
Marie Montebello : Heureusement pour moi, je viens d’une grande famille italienne pauvre, mais aimante et joyeuse, et j’ai hérité d’un tempérament positif. Je pense que c’est un des plus beaux cadeaux de la vie. Jean-Pierre Bacri a dit : « Je crois aux vertus de l’optimisme. Ce n’est pas facile, mais ça ne sert à rien d’être pessimiste. Anticiper le malheur, c’est le vivre deux fois. Mieux vaut croire que les choses vont aller mieux ».
Le Matin d’Algérie : Les personnages féminins ont tous une énergie et une volonté de vivre remarquables. Quels messages ou valeurs vouliez-vous transmettre à travers eux ?
Marie Montebello : Comme dans mon précédent livre « La traversée des MacaroniEs », j’ai été impressionnée par la force et l’énergie de toutes ces mères qui ont eu le courage d’élever des familles nombreuses sans argent et sans jamais se plaindre. Tout le contraire d’aujourd’hui !
Le but de mes premiers écrits a été justement de rendre hommage à nos mères et grands-mères qui ont su transmettre de si belles valeurs alors qu’elles sont totalement « hors-champ de l’Histoire » et qu’on ne parle jamais d’elles.
Le Matin d’Algérie : Plusieurs critiques évoquent une dimension universelle dans vos histoires, malgré le cadre marseillais très précis. Était-ce une intention consciente de votre part ?
Marie Montebello : Quand on parle du particulier, on s’approche obligatoirement de l’universel. L’idée étant effectivement de partir de faits sociaux, comme la migration, la solitude, le visible et l’invisible. L’universel n’existant pas à l’état pur, je m’appuie sur des exemples concrets et sur mes expériences de vie. Mais c’est l’écriture qui donne une résonance universelle au particulier.
Le Matin d’Algérie : Le dernier récit crée des liens entre toutes les femmes et avec Marseille. Comment avez-vous pensé cette conclusion pour donner cohérence et harmonie à l’ensemble ?
Marie Montebello : Je cherchais un trait d’union entre ces femmes qui soit dans la nature, dans le reflet de la mer, dans le souffle du vent, dans le parcours des oiseaux, dans le murmure des ruisseaux, et puis, comme je touche ou suis touchée parfois par les mondes invisibles, je me suis laissée aller vers ces mondes-là.
Le Matin d’Algérie : Les musiques, lieux et objets que vous mentionnez participent à l’atmosphère et à la temporalité du récit. Quelle place tient la mémoire personnelle dans vos romans ?
Marie Montebello : Effectivement, comme tous les romanciers, la mémoire personnelle tient une énorme place dans les écrits, mais je déplore qu’aujourd’hui on n’écrive plus que sur le petit soi, qu’il y ait tant de romans qui ne s’évadent pas du cadre familialiste, des histoires personnelles, des petits secrets. Si on lit, c’est pour voyager, pour découvrir, pour apprendre, pour comprendre, pour exulter, pour rire, pour s’ouvrir à d’autres mondes que soi, même si l’on part de son histoire personnelle.
Le Matin d’Algérie : Si vous deviez inviter vos lecteurs à retenir une émotion ou une réflexion après avoir lu Les Elles de Marseille, laquelle serait-elle et pourquoi ?
Marie Montebello : En m’inspirant de Wim Wenders, c’est une invitation à découvrir Marseille sur des ailes, à renouer les liens entre les individus et leur environnement, à apprécier les petits bonheurs et les joies du quotidien, à retrouver le goût de vivre, tout en se délectant de la poésie visuelle que nous offre la nature.
Entretien réalisé par Djamal Guettala
À propos
Marie-Françoise Montebello est née en Lorraine, à Longwy, « La cité du fer ». Inspirée par ses origines sardo-abruzzes et par l’actualité migratoire, elle témoigne de la place des femmes migrantes, prédestinées à être, depuis toujours, « hors champ de l’histoire ».
Linguiste et traductrice, voix de Fip Marseille, chroniqueuse et voyageuse dans le Visible et l’Invisible, elle habite aujourd’hui à Marseille et participe au Forum Femmes Méditerranée depuis sa création.
La Banque d’Algérie a fixé de nouveaux plafonds pour les taux d’intérêt appliqués aux crédits bancaires, valables pour le premier semestre de l’année 2026. Ces seuils ont été communiqués aux banques et établissements financiers à travers une note publiée mercredi, rapporte l’Agence presse service (APS).
Selon cette note, les crédits à la consommation verront leurs taux d’intérêt plafonnés à 10,36 %, en baisse de 0,21 point par rapport au semestre précédent. Les plafonds applicables aux crédits destinés aux entreprises connaissent également des ajustements à la baisse : 7,56 % pour les crédits à court terme (–0,12 point), 6,93 % pour ceux à moyen terme (–0,06 point).
En revanche, le plafond des crédits à long terme enregistre une légère hausse, atteignant 6,40 %, soit +0,08 point par rapport au second semestre 2025.
S’agissant du financement de l’habitat, la Banque d’Algérie a fixé le seuil des taux jugés excessifs à 7,55 %, en très légère progression de 0,01 point. Pour les opérations de leasing, le plafond est établi à 11,01 %, marquant une baisse notable de 0,38 point.
La note précise également que le plafond des découverts bancaires est désormais arrêté à 8,26 %, en recul de 0,40 point par rapport au précédent semestre.
Ces plafonds, révisés tous les six mois, sont calculés sur la base du taux effectif moyen pratiqué par les banques au semestre précédent pour des opérations similaires, majoré de 10 %, conformément à l’instruction de la Banque d’Algérie en vigueur depuis 2016 et amendée en 2021.
À travers cette mesure, la Banque d’Algérie entend renforcer la protection des usagers des services financiers, en encadrant les pratiques tarifaires du secteur bancaire et en limitant les risques de taux excessifs sur les crédits accordés aux ménages et aux entreprises, souligne l’APS.
Le prix de l'essence est revu en hausse. Crédit photo : DR
Le démarrage de l’année 2026 s’est accompagné d’une décision aussi brutale qu’inattendue pour les automobilistes algériens. Une hausse des prix des carburants, appliquée dès le 1ᵉʳ janvier, a suscité une vague d’incompréhension et de colère, d’autant qu’elle n’avait été ni annoncée ni explicitement prévue par la Loi de finances 2026.
La grande surprise est venue d’une note attribuée à l’Autorité de régulation des hydrocarbures (ARH), largement relayée sur les réseaux sociaux, faisant état de nouveaux tarifs à la pompe entrés en vigueur sans préavis. En l’absence de communication officielle, le document a rapidement alimenté les interrogations et la défiance des consommateurs.
Une hausse confirmée, mais sans explication
La polémique a pris de l’ampleur après la réaction de Mustapha Zebdi, président de l’Organisation algérienne de protection du consommateur (APOCE), qui a confirmé l’effectivité des augmentations tout en dénonçant la méthode. Sur sa page Facebook, il a fustigé le silence des autorités et l’absence totale d’information préalable.
« Les institutions concernées ne pouvaient-elles pas informer le consommateur avant de lui imposer la surprise à la station-service ? », s’est-il interrogé, rappelant que toute décision impactant directement le pouvoir d’achat devrait être accompagnée d’explications claires et transparentes.
Selon la note en circulation, les nouveaux prix seraient désormais fixés comme suit :
Gazole : de 29,01 DA à 31 DA
Essence sans plomb : de 45,62 DA à 47 DA
GPL-c (Sirghaz) : de 9 DA à 12 DA
Une contradiction avec la Loi de finances 2026
Ce qui alimente davantage la contestation, c’est le décalage apparent entre ces augmentations et les dispositions de la Loi de finances 2026. Les articles 54, 55 et 56 stipulent en effet le maintien, « sans changement », des taxes et droits applicables aux produits pétroliers.
Dès lors, une question centrale demeure : s’agit-il d’une révision des marges, d’un ajustement réglementaire ou d’une décision relevant d’un autre mécanisme tarifaire ? En l’absence de clarification officielle de l’ARH ou d’un communiqué gouvernemental, le flou persiste.
Si les consommateurs dénoncent une hausse mal expliquée et mal préparée, les distributeurs de carburants affichent, eux, leur satisfaction. L’Union nationale des investisseurs, propriétaires et exploitants de relais et stations-service (UNIPREST) a salué, dans un communiqué, une « victoire historique », fruit d’un long combat pour la revalorisation des marges du secteur.
L’organisation professionnelle voit dans cette décision un levier pour garantir la viabilité économique des stations-service, allant jusqu’à remercier les pouvoirs publics pour leur « écoute attentive ». Un discours qui tranche nettement avec le ressentiment exprimé par les automobilistes.
Au-delà des chiffres, cette hausse met en lumière un malaise plus profond : celui de la gouvernance des décisions économiques touchant directement le quotidien des citoyens. Dans un contexte marqué par l’érosion du pouvoir d’achat et la sensibilité des prix de l’énergie, le déficit de communication apparaît comme le principal facteur de crispation.
Plus que les quelques dinars supplémentaires déboursés à la pompe, c’est la méthode — brutale et opaque — qui cristallise la contestation.
La tension entre la Russie et l’Ukraine est toujours à son comble, entre affrontements armés dans les frontières est de l’Ukraine, cyberattaques, liquidations de responsables et opérations de manipulations.
Mercredi 31 décembre, le ministère russe de la Défense a publié un court-métrage affirmant qu’une attaque de drones ukrainiens avait visé le président Vladimir Poutine dans sa résidence située à 400 km au nord-ouest de Moscou. Kiev nie formellement ces accusations, qualifiant les allégations de « mensonge ».
Le clip, filmé de nuit, montre un drone endommagé tombé sur la neige au milieu d’une forêt. Le général Alexander Romanienkov, commandant des forces de défense antimissile russes, a décrit l’opération comme « terroriste », « planifiée avec précision » et « exécutée en plusieurs phases ». Selon lui, les trajectoires et les horaires des drones ont été minutieusement étudiés.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a précisé que 91 drones auraient été lancés lors de cette opération. Dans une séquence vidéo diffusée par le ministère, un homme en uniforme militaire, le visage masqué, montre ce qui serait un drone ukrainien de type « Chaklon B » dont la charge explosive de six kilos n’a pas explosé. « C’est rare de retrouver un engin non déclenché », affirme l’homme. Un autre court extrait, non vérifié de manière indépendante, présente un témoin prétendant avoir entendu des explosions lors de l’interception des drones.
Dans le même temps, des informations relayées par les agences russes font état de progrès militaires en Ukraine. Le général Valeri Guérassimov, chef d’état-major russe, a annoncé l’intention de Moscou d’étendre sa « zone tampon » le long des oblasts de Soumy et Kharkiv au cours de l’année 2026, soulignant les efforts des troupes russes pour consolider le nord-est du pays. Selon lui, cette mesure viserait à repousser les forces ukrainiennes et à sécuriser la frontière.
Du côté ukrainien, le président Volodymyr Zelensky a qualifié ces plans de « fous » et promis une résistance forte, affirmant que Kiev continuera à défendre Soumy et Kharkiv face aux projets russes. L’attaque présumée sur la résidence de Poutine s’inscrit dans un contexte de quatre années de conflit sans cesse renouvelé et met en lumière la fragilité des négociations de paix.
Alors que la communauté internationale observe, la propagande et les vidéos de part et d’autre accentuent la guerre de l’information qui accompagne désormais les combats sur le terrain. Moscou insiste sur la gravité de l’incident, tandis que Kiev cherche à le relativiser, accusant la Russie d’utiliser ces accusations pour influencer l’opinion publique et ralentir les discussions diplomatiques.
Leila Jaffel, la ministre de la Justice et Kaïs Saied. Crédit photo : DR
Ministre de la Justice depuis 2021, Leila Jaffel est aujourd’hui l’une des figures centrales du dispositif institutionnel mis en place par le président Kaïs Saïed. Ancienne magistrate, passée par plusieurs niveaux de la hiérarchie judiciaire, elle incarne désormais une politique judiciaire largement contestée pour son alignement sur l’exécutif et son rapport conflictuel aux droits fondamentaux.
Lors des débats parlementaires sur la Loi de finances 2026, la ministre a été interpellée sur plusieurs dossiers sensibles : surpopulation carcérale, recours massif à la détention provisoire, poursuites engagées sur la base du décret-loi 54, grèves de la faim et conditions de détention. À ces critiques, elle a répondu en minimisant les faits et en mettant en cause les intentions de leurs auteurs.
Une situation carcérale documentée
La surpopulation des prisons tunisiennes est pourtant établie par plusieurs rapports indépendants. En mai 2025, la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH) a publié un rapport détaillant la dégradation avancée des établissements pénitentiaires entre 2022 et 2025. Infrastructures vétustes, hygiène défaillante, soins insuffisants et promiscuité extrême y sont décrits.
Dans plusieurs prisons, l’espace disponible par détenu ne dépasse pas 2 m², alors que les normes internationales recommandent un minimum de 4 m². Des établissements comme Mornaguia, Sfax ou Manouba dépassent largement leur capacité d’accueil, avec des taux d’occupation supérieurs à 150 %.
Face à ces constats, la ministre reconnaît l’existence d’un problème mais estime qu’il est exagéré par une « campagne » menée sur les réseaux sociaux, visant selon elle à nuire à l’image du pays. Une position qui tranche avec les données produites par les organisations de défense des droits humains.
Détention provisoire et engorgement judiciaire
L’un des facteurs majeurs de la surpopulation carcérale reste le recours étendu à la détention provisoire. En 2022, plus de la moitié des personnes incarcérées en Tunisie se trouvaient en attente de jugement définitif. Cette pratique, censée rester exceptionnelle, est devenue structurelle.
Pour Leila Jaffel, ces procédures sont conformes au cadre légal et nécessaires au bon déroulement des enquêtes. Les délais prolongés sont jugés « raisonnables ». Les critiques, elles, soulignent les atteintes au principe de présomption d’innocence et l’absence de garanties effectives contre l’arbitraire.
Indépendance de la justice en question
La ministre rejette également les accusations de pressions exercées sur les magistrats, notamment dans les affaires liées aux accusations de complot contre la sûreté de l’État. Ces inquiétudes, exprimées par des juges et des avocats, seraient selon elle infondées et relèveraient d’une construction politique.
Dans les faits, le fonctionnement du Conseil supérieur de la magistrature et les mutations de magistrats opérées ces dernières années ont alimenté les doutes sur l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le recours à une législation datant de 1967 pour encadrer certaines pratiques est régulièrement dénoncé comme incompatible avec les principes contemporains de séparation des pouvoirs.
Silence sur les morts en détention
Les grèves de la faim et les décès survenus en milieu carcéral constituent un autre point de tension. Des organisations indépendantes affirment avoir documenté plusieurs cas de morts suspectes et dénoncent les obstacles aux visites de prisons et aux enquêtes indépendantes. Là encore, le discours officiel se caractérise par la minimisation et le refus de reconnaître l’ampleur du problème.
Un malaise institutionnel durable
Au-delà des déclarations de la ministre, c’est l’état général de la justice tunisienne qui interroge. L’alignement de l’institution judiciaire sur l’exécutif, la restriction des libertés et le refus d’un débat transparent sur les conditions de détention traduisent un malaise institutionnel profond.
Dans un contexte politique marqué par la concentration des pouvoirs, la gestion de la crise carcérale et judiciaire apparaît moins comme une priorité que comme un révélateur des limites actuelles de l’État de droit en Tunisie.
Len et Jerry, deux vidéastes français, avaient choisi l’Algérie pour son horizon vaste et ses paysages vivants, loin des clichés qui collent à l’image du pays à l’étranger. Le duo, suivi par plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur YouTube et Instagram, voulait offrir une autre vision : une Algérie humaine, accueillante, authentique. Mais ce qui devait être un voyage de découvertes s’est transformé en une expérience brutale, faite d’arrestation, d’interrogatoire et d’expulsion.
Le road trip avait commencé comme prévu, entre montagnes kabyles et villages authentiques, caméras en main, sourire aux lèvres, carnet de notes dans le sac à dos. Len et Jerry multipliaient les rencontres, échangeaient avec les habitants, captaient les couleurs, les sons, les gestes, la vie quotidienne d’une Algérie que peu d’Occidentaux connaissent. Chaque image, chaque plan, devait déconstruire les préjugés, raconter le pays autrement, montrer combien ce pays est magnifique et ses habitants, accueillants et chaleureux…
Mais le tournage a été brutalement interrompu. Alors qu’ils s’apprêtaient à filmer un coucher de soleil dans un village de Kabylie, une quinzaine d’hommes en civil les ont interpellés. « On ne comprenait pas ce qui se passait », raconte Jerry dans une vidéo publiée après leur retour. « On a eu la peur de notre vie. » Les deux jeunes hommes ont été conduits dans un centre d’interrogatoire, où la tension et l’incompréhension ont dominé. Les interrogatoires commencent. Les caméras, les téléphones, les carnets ont été saisis, et après plusieurs heures, ils ont été renvoyés en France, leur aventure écourtée sans explication officielle.
Au-delà du choc personnel, cette expulsion met en lumière les risques auxquels sont confrontés certains voyageurs étrangers, même lorsqu’ils sont animés de bonnes intentions. Elle révèle également un contexte diplomatique tendu entre Alger et Paris, marqué par des expulsions réciproques, des désaccords sur les influenceurs et des tensions autour de la mobilité et de la liberté de mouvement.
Pour Len et Jerry, ce road trip n’était pas qu’un voyage : c’était une tentative de raconter l’Algérie autrement, de montrer la beauté de ses montagnes, la richesse de sa culture, la générosité de ses habitants. Tout cela a été interrompu, laissant derrière eux des images inachevées et un récit tragiquement incomplet.
Et pourtant, leur expérience raconte quelque chose d’essentiel : celle d’un pays fascinant mais complexe, où les belles images côtoient une réalité stricte et parfois impénétrable. Le récit de Len et Jerry est une invitation à regarder l’Algérie avec curiosité et prudence, à ne jamais perdre de vue les limites invisibles qui peuvent transformer la lumière d’un paysage en une épreuve inattendue.
Ce road trip d’un couple de voyageurs rêveurs d’un monde fraternel arrêté brutalement montre toute la peur et la méfiance de l’étranger qui traversent le pouvoir et ses segments. Ce comportement est à contre-emploi de tous les discours officiels qui vantent le tourisme et la sérénité qui règne en Algérie.
Derrière l’objectif, il y a désormais la peur, la vigilance, et la conscience que montrer le pays sous un autre angle peut parfois coûter cher.
Les huitièmes de finale de la CAN 2025 débutent samedi 3 janvier à Tanger avec un Sénégal-Soudan et se terminent mardi 6 janvier par le choc Algérie-RDC à Rabat.
Mali-Tunisie vaudra le détour, et le Maroc est plus ou moins épargné en héritant de la Tanzanie. Mais les Lions de l’Atlas pourraient croiser la route de l’Afrique du Sud ou du Cameroun en quarts. La Côte d’Ivoire jouera un derby face au Burkina.
Il ne faut pas aller chercher loin pour trouver LE match de ces huitièmes de finale. Depuis mardi et le dénouement du groupe D, les supporters salivent déjà sur l’affiche Algérie-RDC. Elle aura lieu le 6 janvier à 19h (TU) à Rabat, au stade Moulay El Hassan où l’Algérie s’est produite depuis le début de la CAN. Ce sera seulement la troisième opposition à la CAN entre Fennecs et Léopards après 1988 (victoire de l’Algérie, 1-0) et 2000 (0-0).
Trois jours plus tôt, le Sénégal, qui est resté à Tanger, ne devrait pas être gêné par le Soudan qu’il avait battu il y a quatre mois à Diamniadio (2-0). Les Faucons de Jediane se sont qualifiés grâce à un but contre son camp de l’Équato-Guinéen Saul Coco pour leur seule victoire dans cette CAN (1-0). Les Soudanais traversent une disette offensive rare avec un seul but marqué par un de leurs joueurs au cours de l’année 2025. Face au Sénégal, avec un seul but encaissé, la mission s’annonce compliquée.
Elle sera certainement plus aisée pour le Maroc qui fera face à la Tanzanie, dernière équipe qualifiée en huitièmes comme meilleur troisième. À domicile, les Lions de l’Atlas, vainqueurs des Taifa Stars il y a deux ans à la CAN ivoirienne (3-0), avec des buts de Saïss, Ounahi et En-Nesyri.
L’opposition sera plus relevée en quarts en cas de qualification : le Maroc jouera contre le vainqueur d’Afrique du Sud – Cameroun.
La Côte d’Ivoire, tenante du titre, hérite du Burkina Faso pour un derby d’Afrique de l’Ouest qui sera très attendu.
L’épatant Mozambique ira défier le Nigeria, la seule équipe avec l’Algérie à avoir gagné tous ses matches au premier tour.
Le programme des huitièmes de finale (Horaires en TU)
3 janvier 2026
16h : Sénégal – Soudan – Grand stade de Tanger
19h : Mali – Tunisie – Stade Mohammed V, Casablanca
4 janvier 2026
16h : Afrique du Sud – Cameroun – Stade El Barid, Rabat
Crans Montana, incendie d'un bar. Plusieurs morts. Crédit photo : DR
« Plusieurs dizaines de personnes » ont été tuées et blessées dans un bar bondé de la luxueuse station de ski suisse de Crans-Montana, lors d’un incendie qui s’est déclaré au moment où des fêtards célébraient la nouvelle année, a annoncé la police, jeudi 1er janvier 2026.
Ce jeudi 1er janvier 2026, vers 1h30 locales (00h30 TU), « un incendie d’origine indéterminée s’est produit dans le bar Le Constellation à Crans-Montana », fréquenté par de nombreux touristes, explique dans un communiqué la police du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse. « Plusieurs personnes ont perdu la vie et d’autres ont été blessées. Un important dispositif » de secours est déployé sur place, poursuit la police qui parle d’un « événement grave ».
« Lourd bilan »
« D’importantes forces de police, de pompiers et de secours se sont immédiatement rendues sur place pour porter secours aux nombreuses victimes », précisent les forces de l’ordre, qui ajoutent que l’opération « est toujours en cours ». Aucun bilan officiel n’est disponible dans l’immédiat mais plusieurs médias suisses font état d’un bilan potentiellement très lourd. Le quotidien Blick, citant un médecin sur place, indique que les morts pourraient se compter par « dizaines ». Le quotidien régional Le Nouvelliste rapporte que ses sources décrivent « un lourd bilan », avec « environ 40 morts et 100 blessés ».
Des images diffusées par des médias suisses ont montré un bâtiment en flammes et des gens courant et criant dans le noir. La police helvétique indique que les causes de l’incendie ne sont pas connues dans l’immédiat, mais des médias avancent que le feu pourrait avoir été déclenché par des engins pyrotechniques utilisés durant un concert. En milieu de matinée, un photographe de l’AFP a vu de nombreuses ambulances sur la route menant à la station de ski.
Multiples rotations d’hélicoptères
Selon le journal suisse 24 Heures cité par l’AFP, « des hélicoptères poursuivent leurs rotations près de sept heures après le début du drame ». L’accès au bar est bouclé, et vers 8h, ce matin, « la police scientifique était déjà à l’œuvre à l’intérieur de l’établissement », situé en rez-de-chaussée et en sous-sol, selon le journal. Les gens à la recherche de proches sont dirigés vers un centre des congrès où un dispositif a été mis en place. Mon fils « est introuvable », s’exclame une mère en larmes, citée par 24 Heures, « personne ne sait où il est ».
Un habitant de Crans-Montana a également raconté à 24 Heures qu’avec « les feux d’artifices, on n’a d’abord pas compris de quoi il s’agissait. Et puis on a vu la fumée ». Une autre habitante, vivant à quelques dizaines de mètres du Constellation, indique avoir été prévenue du drame alors qu’elle réveillonnait chez elle avec des amis. « Je suis descendue dans la rue » qui était « déjà fermée par la police. On entendait les sirènes des gyrophares au loin. Autour de moi, des gens stupéfaits, inquiets, silencieux ».
Incarcéré à la prison de la Mornaguia, le journaliste tunisien Mourad Zeghidi a fait parvenir une lettre dans laquelle il réagit au jugement prononcé...
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