3 avril 2025
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Guerre au Soudan : une plainte déposée contre les Émirats arabes unis

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Hemedti
Le milicien Hemedti financé par les Emirats arabes

Le Soudan accuse les Émirats arabes unis de génocide. Dans une requête déposée jeudi devant la Cour internationale de Justice, la plus haute instance judiciaire de l’ONU, Khartoum demande d’ordonner des mesures d’urgence.

Khartoum demande aux juges d’ordonner à Abou Dhabi d’empêcher les milices qu’il soutient de commettre des actes de génocide. Les autorités soudanaises accusent les Émirats arabes unis de violer la convention sur le génocide, en soutenant la milice du général Hemedti, explique la correspondante de RFI à La Haye.

Selon la requête du Soudan, un génocide visant les Soudanais d’ethnie massalit est en cours depuis la reprise de la guerre en 2023. Et les Émirats arabes unis seraient donc complices, pour leur soutien politique, financier et militaire aux Forces de soutien rapide (FSR). Le Soudan accuse Dubaï de fournir des armes, et de recruter et d’instruire des mercenaires. « Les Émirats arabes unis doivent réparer intégralement le préjudice causé par leurs actes internationalement illicites, notamment en indemnisant les victimes de la guerre », a affirmé le Soudan dans sa requête.

Si les juges décident qu’ils sont compétents dans cette affaire, ils devraient organiser de premières audiences devant la Cour assez rapidement. Cette Cour, plus haute instance judiciaire de l’ONU, est compétente pour les conflits entre États. Les autorités soudanaises ne peuvent donc pas lancer de procédure contre les Forces de soutien rapide, une simple milice.

Mais l’autre Cour mondiale, la Cour pénale internationale, enquête actuellement sur les crimes commis depuis la reprise de la guerre en 2023 et pourrait bientôt émettre des mandats d’arrêt.

Pour leur part, les Émirats arabes unis ont fustigé jeudi la plainte déposée par le Soudan devant la Cour internationale de Justice (CIJ) dénonçant un « coup de communication cynique ». « Les allégations (…) sont dénuées de toute base juridique ou factuelle et ne constituent qu’une nouvelle tentative de diversion face à cette guerre catastrophique », a dit un responsable émirati dans une déclaration transmise à l’AFP.

Ce n’est pas la première fois que Khartoum accuse les Emirats d’ingérence directe dans les affaires du pays.

Avec Rfi

Cherif Mellal en grève de la faim

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Cherif Mellal.
Cherif Mellal arbitrairement condamné à 4 ans de prison.

L’ancien président de la JS Kabylie, Cherif Mellal est en grève de la faim depuis quatre jour.

En détention depuis le 19 janvier 2023 Chérif Mellal observe une grève de la faim depuis le 3 mars 2025, informe Me Fetta Sadat.

Une condamnation à une peine de quatre ans de prison ferme a été infligée à Cherif Mellal par jugement rendu par le pôle pénal économique et financier sis au tribunal de Sidi M’hamed en date du 23 octobre 2024, jugement confirmé dans toutes ses dispositions par arrêt rendu par la chambre pénale près la cour d’Alger en date du 25 février 2025, ajoute la défenseuse des droits humains, Me Fetta Sadat.

Cherif Mellal n’est plus à sa première grève de la faim pour protester contre l’insupportable arbitraire qui le touche. En août dernier, il a mené une grève de la faim pendant plus de 20 jours.

Selon plusieurs défenseurs des droits humains et observateurs, Cherif Mellal fait les frais de ses engagements pour la JSK, depuis reprise en main par des individus proches du chef de l’Etat.

Il n’était pas question, pour le pouvoir pour qui le football est l’un des opiums du peuple, que ce club phare de la Kabylie soit entre les mains d’un homme d’affaires très engagé comme Cherif Mellal, d’où la tripotée d’accusations concoctée par des juges aux ordres.

Près de 240 détenus d’opinion croupissent dans les prisons algériennes.

Yacine K.

Manœuvres militaires franco-marocaines : l’ambassadeur de France à Alger convoqué au ministère des affaires étrangères 

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Romatet
Stéphane Romatet au cours de l'une des audiences accordée par Tebboune.

Le ministère des Affaires étrangères algérien a exprimé son mécontentement face au projet de manœuvres militaires conjointes entre la France et le Maroc, baptisé « Chergui 2025 ». Ces exercices, prévus pour septembre prochain à Er-Rachidia, près de la frontière algérienne, sont perçus par Alger comme une provocation directe et un facteur aggravant des tensions diplomatiques avec Paris et Rabat.

Lors d’une audience officielle au siège du ministère, le Secrétaire Général des Affaires Étrangères, M. Lounès Magramane, a convoqué l’ambassadeur de France en Algérie, M. Stéphane Romatet. L’objectif de cette rencontre était d’exprimer les préoccupations de l’Algérie quant aux implications de ces exercices militaires.

Selon la déclaration officielle, l’Algérie considère « Chergui 2025 » comme une menace à sa sécurité et un élément de provocation susceptible d’envenimer les relations déjà tendues avec la France. M. Magramane a averti que cette initiative risquait d’aggraver la crise actuelle entre Alger et Paris et de pousser les tensions diplomatiques à un niveau supérieur de gravité.

Le diplomate algérien a également demandé des clarifications officielles de la part des autorités françaises sur les objectifs réels de ces manœuvres militaires. Il a invité M. Romatet à transmettre fidèlement à Paris la position ferme de l’Algérie sur cette question.

Cette convocation ferme de l’ambassadeur de France à Alger survient dans un contexte de relations entre l’Algérie, la France et le Maroc particulièrement tendues. Elles marqué par des différends historiques et géopolitiques. Le rapprochement opéré par la France avec le Maroc et la reconnaissance par Emmanuel Macron de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental a mis le feu aux poudres avec les autorités algériennes. Il reste à savoir quelle réponse apportera la diplomatie française. Elle sera en tout cas déterminante sur l’évolution de cette crise naissante.

Cet énième cran dans la crise arrive quelques jours après des déclarations conciliantes du président français.

Samia Naït Iqbal

 « Houris » : lutte contre l’oubli (I)  

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Houris

Le roman Houris de Kamel Daoud, paru aux éditions Gallimard, le 15 août 2024, n’en finit plus de traverser les turbulences depuis  son couronnement du prix Goncourt 2024, mais une analyse loin des préjugés et des polémiques offre la possibilité de la distance, une approche loin des tensions et des divergences d’opinions autour de la personne de l’auteur, de ses prises de position et surtout de son affaire en justice à propos du personnage principal de son roman et tout ce que cette affaire suscite comme questionnements éthiques.

D’abord, est-ce que Houris est un bon roman ? Certes, la réponse à cette question ne peut être que subjective, car ce qui est bon pour un lecteur ne l’est pas forcément pour un autre. Cependant, me concernant, je puis d’emblée affirmer que oui, c’est un bon roman. Cela reste une appréciation subjective d’un lecteur.

J’ai lu le roman trois fois. Je l’avoue, à chaque fois j’y trouvais du plaisir à suivre pas à pas Aube, cette jeune fille de vingt-cinq ans, le personnage principal du roman,  dans son dialogue et son voyage vers le commencement de son existence ou de sa deuxième naissance. La relecture du roman m’a permis de saisir la cohérence de l’histoire et de trouver du sens aux détails qui me paraissaient insignifiants à la première lecture, surtout les premiers chapitres de la première partie du roman intitulée La voix. 

Effectivement, c’est un début de roman ardu qui demande au lecteur de la persévérance et surtout de ne pas abandonner aux premières pages. L’auteur a mis en scène Aube en mobilisant une série d’attitudes et de caractéristiques physiques susceptibles d’avoir de l’effet sur le lecteur.

Certes, il convient de mentionner que le roman est volumineux, mais son histoire est fascinante, minutieusement construite par l’auteur et suscite des interrogations idéologiques et philosophiques très intéressantes sur la condition des femmes, sur les liens entre la violence et l’idéologie, sur le pouvoir et la mémoire, sur le discours politique et l’histoire, sur l’abus de mémoire, sur la société patriarcale, sur la mémoire sélective, sur l’amnésie et l’amnistie et sur le droit à la justice et à la vérité.

L’auteur ne donne aucune réponse structurée et claire à ces interrogations, mais il fait quelques allusions à des pistes de réflexion conduisant à des réponses tournant autour du personnage principal, l’élément-clé de tout le roman.

L’intrigue du roman est pour le moins inédite, l’histoire est bouleversante et les deux personnages principaux du roman sont attachants.  Une bonne histoire implique des personnages de qualité, je pense qu’ Aube et Aissa le sont.

La polémique que le roman a suscitée ou les déclarations de son auteur ne doivent pas occulter sa qualité littéraire. Le roman raconte l’histoire d’une femme enceinte, victime du terrorisme, coincée entre l’envie de mettre fin à sa grossesse et celle de continuer à parler sans fin à l’enfant qu’elle porte.

En lisant le roman, nous avons remarqué que toute l’histoire est structurée pour répondre à cette question fondamentale que le personnage principal ne cesse de poser, d’une façon implicite ou explicite, dans sa conversation avec son enfant : pourquoi la société algérienne, Aube précisément, se souvient d’une guerre lointaine qu’une grande partie de la société n’a pas vécue, la guerre d’indépendance entre 1954 et 1962 en l’occurrence, une guerre érigée par le pouvoir depuis l’indépendance, en repère historique, alors que le même personnage et une grande partie de la société sont sommés d’oublier une guerre toute récente, « la guerre civile », celle des années 1990 dont Aube en est une victime, mais aussi un témoin qui porte dans son corps les traces de son atrocité ?      

Trois éléments essentiels dans l’histoire du roman ont attiré notre attention en tant que lecteur. Ce sont au reste des éléments avec lesquels nous structurons notre propos pour répondre à cette question.

Le premier élément est l’usage de l’auteur de deux référents contradictoires : un qui est d’ordre historique et l’autre qui est d’ordre mythique. Le deuxième élément est la lutte contre l’oubli. Enfin, le troisième élément est l’usage de ce que l’auteur qualifie de « langue intérieure ».

1-Référent historique   

Selon le personnage principal du roman, Aube, Fajre en langue arabe, sa vraie guerre, c’est « la guerre civile », connue plus dans les médias algériens sous l’appellation de décennie noire ou de tragédie nationale, surtout pour le discours institutionnel du pouvoir. Objectivement, la trame de fond du roman est la violence que l’Algérie a subie pendant dix ans, entre 1992 et 2002 et dont Aube garde des cicatrices dans son corps.  Elle dit à ce propos : « la guerre ! Oui, la guerre ! Ce n’était pas celle contre les Français, celle de tous contre tous. »(1)  

En fait, il s’agit du Béhémoth, ce monstre symbolisant le chaos dont parlait Hobbes, le philosophe anglais à qui l’expression « guerre de tous contre tous » renvoie directement à ce que l’auteur a choisi pour définir ce qu’il entend par « guerre civile ».  Il est question dans ce roman de la violence armée qu’a connue l’Algérie après l’arrêt du processus électoral, précisément des élections législatives de la fin de l’année 1991, faisant du FIS, un parti islamiste, le gagnant.

C’est un parti qui avait le projet d’instaurer une dawla islamiya et de mettre ainsi fin à la démocratie qui le conduisait à cette époque au sommet de l’État. Ainsi, pour parler de la violence caractérisant cette période de l’histoire de l’Algérie, Kamel Daoud a choisi un vocabulaire technique propre à la sociologie politique, le concept « guerre civile » avec tout ce qu’il implique comme sens.

Il n’est pas le premier à l’avoir utilisé pour parler de ce que les médias algériens qualifient de décennie noire. Ce choix rapproche l’auteur de Houris du politiste et spécialiste du Maghreb et du Moyen-Orient, Luis Martinez, auteur d’un livre sur cette période de l’histoire récente de l’Algérie intitulé « La Guerre civile« . Pour ce spécialiste, la violence que l’Algérie a connue dans les années 1990 est une guerre qui n’est pas différente des guerres civiles qui ont ravagé d’autres pays.

Par ailleurs, sur le plan politique et rapport de forces idéologiques, le choix de ce référent historique, « la guerre civile » des années 1990, n’est pas sans conséquence sur le plan idéologique ; il place l’auteur dans une posture idéologique qui s’oppose à deux discours dominants en Algérie, les deux sont ancrés depuis des décennies dans l’État et dans la société algérienne.

Le premier discours auquel l’auteur s’oppose est l’idéologie du pouvoir depuis l’indépendance ; il s’agit notamment d’un nationalisme qui a toujours été mis au service de l’autoritarisme.

Cette idéologie se nourrit des évènements symboliques de la guerre de libération et par conséquent, elle voit dans ce choix de la « guerre civile » comme référent historique, un déclassement, une entrave, un mépris et une compétition immorale à la symbolique de la guerre de libération, sa guerre sacrée, son référent ultime. Ce qui est devenu avec le temps pratiquement la deuxième religion de l’État algérien.

Le second discours auquel l’auteur s’oppose est l’idéologie des islamistes qui refusent d’assumer les violences commises dans les années 1990 au nom de la dawla islamiya et d’Allah en s’abritant derrière le scepticisme et le complotisme que la théorie du « qui tue qui ? » suggère.  

2- Référent mythique

L’histoire du roman se déroule dans un espace-temps dominé par la religion. En effet, à quelques jours de la fête du sacrifice du mouton, notamment dans un esprit de la fête de l’Aïd al-Adha, ou fête du Mouton, une célébration où un mouton est sacrifié en guise d’offrande, une femme enceinte, Aube, le personnage principal du roman, l’héroïne, raconte son histoire. Cette jeune femme de vingt-cinq ans envisage de mettre fin à sa grossesse, pendant que sa mère d’adoption, Khadija, une avocate célèbre, est en voyage à l’étranger.

Elle a pris l’avion pour Bruxelles afin de rencontrer un grand chirurgien et discuter avec lui du cas d’Aube dans l’espoir de lui retrouver la voix par la chirurgie et pouvoir enfin parler comme tout le monde, un espoir auquel Aube a cessé de croire.  

En effet, pour Aube ce voyage est un « voyage illusion » (2) , elle pense que sa mère, elle aussi, n’y croit plus et qu’elle sait au fond d’elle que c’est une tentative de plus qui finira par un échec (3). Il y a lieu de souligner que Khadija n’aime pas comme sa fille adoptive l’atmosphère de l’Aïd al-Adha. Cette fête lui rappelle ce que les islamistes ont fait à Aube, c’est pour cela depuis ses cinq ans, elle n’égorge plus de mouton et ses voisins se sentent gênés de le faire (4). À l’approche de la fête du sacrifice, tout l’entourage d’Aube tente de lui faire oublier l’Aïd (5).   

La fête du sacrifice hante le roman. Tout ce qu’Aube raconte, l’auteur le lie au mythe d’Ibrahim par des métaphores et d’autres figures de style. Le choix du contexte par l’auteur est délibéré. Le roman commence par une histoire d’un égorgement, comme le mythe d’Ibrahim, mais un égorgement raté d’une petite fille qui a survécu miraculeusement et non pas d’un égorgement réajusté et corrigé par l’intervention d’une force divine qui a substitué un animal au fils d’Ibrahim.

L’égorgeur d’Aube est allé jusqu’au bout de sa conviction et de son œuvre. En fait, il s’agit d’un égorgement raté. Aube, contrairement au fils d’Ibrahim, elle a été sauvée par des humains et non pas par une intervention divine. Rien n’est descendu du ciel pour la protéger. C’est Khadija, sa maman d’adoption, qui l’a sauvée, elle dit d’elle à ce propos : « C’est le bélier d’Ibrahim. À un moment de mon histoire, elle est tombée du ciel pour détourner l’attention du couteau et sauver une enfant qui récolta une grosse cicatrice au cou » (6).

La réalité atroce que cette fille a vécue et celle des autres personnages offrent les éléments essentiels pour attacher l’histoire du roman au mythe : couteau, cou, bélier, mouton, sacrifice, boucher, sang et religion. Cette image est omniprésente tout au long du roman d’une façon explicite ou implicite : « égorgé comme un mouton ». Deux éléments de cette atroce image renvoient directement au mythe : l’action d’égorger et le mouton.

Même l’intention d’Aube à mettre fin à sa grossesse, l’auteur la compare au rituel de l’Aïd-el-Kebir, il compare son héroïne à un boucher qui veut couper la tête à un mouton, l’enfant qu’elle porte. En fait, l’auteur ne rate aucune occasion pour montrer au lecteur les liens existant entre le mythe d’Ibrahim et l’atrocité de la décennie noire, au point que des lecteurs reprochent à l’auteur d’insinuer que ce mythe d’Ibrahim, notamment l’Aïd el-Kebir,  célébré chaque année par les musulmans, est responsable de la guerre civile et de la violence des islamistes en général.

Cependant, à notre avis, loin de l’essentialisme que cette métaphore peut suggérer, ce n’est pas faux de croire que cette « guerre civile » s’est faite au nom d’un autre mythe que celui d’Ibrahim, un mythe politique, le mythe d’une dawla islamiya ou État islamique, d’un pouvoir politique représentant non pas la volonté du peuple, mais la volonté d’Allah. Il s’agit d’une idéologie qui se nourrit de la tradition religieuse, elle est construite rationnellement comme toute idéologie, elle n’attend pas l’intervention de dieu et des miracles pour concrétiser ses objectifs.

En fait, les porteurs de cette idéologie, les islamistes, étaient réalistes, ils savent pertinemment que leurs idéaux ne peuvent se réaliser que grâce à leurs actions dans la réalité, ce qui explique et justifie leur aspiration à accaparer le pouvoir et leurs interventions violentes dans l’histoire.

3- Lutte contre l’oubli

Les deux idéologies, le nationalisme et l’islamisme en l’occurrence, sont renforcées par la tendance du pouvoir en place à faire oublier à la société la « guerre civile » en promulguant une loi pour la paix et la Réconciliation nationale en 2005, obligeant ainsi les Algériens, précisément les victimes, à tourner la page et à recommencer de zéro, comme si rien ne s’est passé. Ainsi, par miracle, n’y avait-il pas de tueurs ni de tués, mais juste une « tragédie », une petite parenthèse qui s’est vite refermée dans l’histoire de l’Algérie. En fait, « il fallait croire que dix ans de massacres n’étaient qu’un cauchemar, puis un rêve, puis des rumeurs, puis des feuilles mortes de caroubier dans un autre village » (7), comme l’auteur l’exprime avec les mots d’Aissa le libraire, un personnage du roman.

Ce n’est pas anodin que l’auteur, avant de commencer son récit, choisisse comme épigraphe, l’article 46 de La charte pour la paix et la réconciliation nationale interdisant l’utilisation ou l’instrumentalisation de la tragédie nationale qu’il préfère qualifier à juste titre de « guerre civile ». Cette épigraphe donne d’emblée au lecteur l’esprit du livre et une idée des intentions de l’auteur.

Ainsi Kamel Daoud montre-t-il au lecteur qu’à cause de cette loi, toute personne qui se souvient de cette  guerre et ose la raconter aux autres est mis de facto hors la loi et devient par conséquent une menace à la paix, comme le dit l’un des personnages du livre. En effet, pour dissuader Aissa le libraire de parler de « la guerre civile » dans le café de son quartier, le colonel lui dit : « Vois-tu, mon petit libraire, nous servons la paix et ce que tu racontes dans le café de ton quartier n’aide pas la paix que veut notre président de la République.

Ce que tu dis, ça enflamme les esprits, ça leur donne des envies de vengeances, et puis ce n’est pas toujours vrai » (8). Ce libraire est un rescapé comme Aube. Lui aussi a échappé à la mort dans un « faux barrage », un barrage routier installé par des terroristes.  Il a failli mourir égorgé comme elle.

Ce n’était par pitié que l’émir du groupe de terroristes islamistes l’a épargné ou par manque de temps comme est le cas d’Aube, mais par stratégie de communication macabre, c’était pour le chargé de raconter l’horreur dont les terroristes islamistes sont capables. Après cette loi de réconciliation, tout le monde est sommé de ne plus évoquer la décennie noire dans les cafés, les mariages et un peu partout dans la société.

Les propos du colonel expriment la tendance totalitaire du pouvoir à contrôler la parole de ses citoyens au-delà des espaces institutionnels. En effet, le pouvoir politique, avec son autoritarisme, aspire à contrôler la société même dans les espaces qui sont traditionnellement en dehors des institutions, qui sont en fait de nature infrapolitique pouvant abriter des petites résistances à l’amnésie générale imposée par la loi sur la réconciliation nationale.

Pour le pouvoir, cette histoire de « guerre civile » doit rester dans le passé et ne plus le quitter pour aucune raison. Par ailleurs, la seule guerre que les Algériens peuvent évoquer, et ils ont le droit de le faire dans le présent avec fierté, c’est même encouragé, c’est la guerre de libération, une guerre contre le colonialisme ; car dans celle-ci les antagonistes, les ennemis sont clairs et surtout différents, le colonisé contre le colonisateur.

C’est un grand honneur pour les Algériens de rappeler la guerre de libération aux autres, c’est une vraie gloire et une grande victoire contre l’injustice qu’il faut célébrer sans interruption, alors que dans « la guerre civile » des années 1990, celle qu’on doit mettre aux oubliettes, les antagonistes et les ennemis qui l’ont animée sont des frères, il n’y a aucun honneur à la rappeler aux autres. C’est une honte d’en parler.  

Les Algériens se sont entretués pendant dix ans, laissant derrière plus ou moins de deux cent mille morts ; aucune précision sur le nombre de victimes, alors qu’il s’agit d’un évènement récent par rapport à la guerre de libération à laquelle on associe un nombre précis de martyres que le pouvoir a sacralisé. L’auteur nous présente dans cette perspective la vie des personnages du roman, les rescapés et témoins de la « guerre civile », comme une résistance contre l’oubli que le pouvoir tente d’imposer à toute la société.  

Ce qui est important dans ce roman est que des personnes comme Aube sont tenues par des motivations personnelles et intrinsèques, en fait par une sorte d’obligation morale de rendre public leur témoignage et de refuser l’omerta imposée par la loi de la réconciliation nationale. Raconter et rendre public son histoire est une transgression de la loi du silence.  C’est un roman qui donne la parole aux sans voix, victimes du terrorisme.  

Aube décide le jour de l’aïd de faire un pèlerinage et de retourner à la source, au commencement de sa deuxième naissance, à son village, à la ferme de ses parents à Had Chekala là où une horde de terroristes islamistes a décimé toute sa famille à coups de couteaux et de haches et l’ont égorgée et laissée pour morte lorsqu’elle avait cinq ans. Elle veut voir, sentir et toucher le lieu qui lui a donné naissance afin que Houri qui est en elle comprenne ce qui est arrivé à sa maman, à sa famille et à d’autres habitants de son village. Elle ne se souvient presque plus des années et des jours d’avant son égorgement. Elle veut se rappeler comment  elle était avant ses cinq ans.

Va-t-elle parvenir à mener son voyage jusqu’au bout et trouver des traces de sa vie d’avant sa deuxième naissance? Ainsi, en se rendant sur le lieu du carnage, la ferme familiale, « l’Endroit mort » comme Aube l’a nommé, Houri, sa fille, aura l’occasion d’entendre les témoignages des rescapés pour trouver des souvenirs de la nuit de son égorgement. C’est un voyage dans le temps et l’espace vers la terreur qui l’a fait naitre. C’est un voyage vers la vérité et les faits que tout le monde veut étouffer. C’est un voyage contre la chape de plomb qui couvre la décennie noire.

Aube dit à sa fille pour lui expliquer le pourquoi de ce voyage : «  Si je suis venue si loin dans ce pays, si j’ai persisté dans ma folie, c’est pour que tu puisses voir de tes yeux qui sont les miens, mon village, la vérité entière sur ma guerre effacée » (9). Lors de son voyage vers le commencement, Aube rencontre un libraire qui sillonne l’Algérie pour vendre des livres, Aissa, un rescapé comme elle de la guerre civile, lui aussi est doté d’une compétence plus que normale, il est capable de faire des liens entre des dates, des massacres commis par les islamistes et le nombre de victimes. Sa mémoire a tout enregistré sur la violence des années 1990.   

Lorsqu’on parle des événements qui se sont déroulés dans le passé, on parle de quelque chose qui n’est plus, qui est absent. Si ces événements ne sont pas évoqués par l’histoire écrite et s’ils ne trouvent pas refuge dans la mémoire collective, ils disparaitront à jamais. L’auteur raconte à travers ce roman une histoire avec un petit « h », mais qui cache une grande histoire avec un grand « H ».

L’auteur ne prétend pas nous rapporter un passé tel qu’il s’est déroulé, en s’appuyant sur une documentation précise. En fait, il a marié subtilement la réalité historique et la fiction. Car il n’a pas choisi la posture d’historien, même ce dernier est incapable de rapporter le passé tel qu’il est. L’histoire est toujours une reconstruction d’un passé, une reconstruction qui ne peut pas échapper à l’interprétation et à la subjectivité de la personne qui s’est chargée de la faire.

L’auteur a choisi de faire passer la question de qui se souvient à la question de quoi se souvenir. Pour cela, il construit son roman sur deux personnages victimes de la « guerre civile » partageant la même attitude envers elle ; les deux refusent, voire n’arrivent pas à l’oublier, car cette période de l’histoire de l’Algérie a marqué à vie leur corps et leur âme comme beaucoup d’autres Algériens.

En effet, Aube porte les traces de « la guerre civile » en guise de preuves dans son cou, le libraire les porte dans sa jambe et dans sa forte mémoire, elle porte aussi le désir de voir sa guerre « enseignée, reconnue, et respectée dans ses morts et ses deuils, comme l’est l’autre guerre, celle contre la France » (10). Ces personnages ne veulent pas que le temps efface les événements qu’ils ont vécus dans leur chair.  

Il s’agit d’un effort de mémoire. Aube dit à sa fille à ce propos qu’« ils sont peu nombreux à se souvenir de la guerre civile des années 1990, et je suis la preuve vivante que cette guerre de dix ans a été réelle. Qu’elle a été sanglante. La dernière preuve je te dis. » (11) L’auteur a choisi de prioriser l’égo, le « je » qui se souvient sur l’objet du souvenir, le quoi du souvenir, il n’avait pas le choix, car le quoi s’est évaporé de la mémoire collective pour se réfugier dans l’inconscience collective, dans l’espace des refoulés, des non-dits et des tabous. Le quoi du souvenir risque de ne pas trouver place dans le récit national et dans l’histoire. Ce n’est pas fortuit que les spécialistes lient le commencement de l’histoire à la découverte et l’usage de l’écriture. L’histoire a tendance à se souvenir et à rapporter que ce qui est écrit.  

Ce qui reste ce sont quelques traces physiques et psychiques portées par des individus qui résistent à l’amnésie générale. Cette dernière, selon ce que raconte Aube, est orchestrée par un pouvoir politique qui n’a pas besoin d’un autre référent historique pour son idéologie ; la guerre de libération, la première guerre, lui suffit amplement.

Effectivement, il y a, selon Aube, trop de mémoire de la guerre de libération et trop d’oubli de la guerre civile. Il s’agit d’un abus de mémoire et d’un abus d’oubli dont parle Paul Ricœur dans son livre Mémoire, histoire et oubli. Kamel Daoud fait parler ces traces physiques de la dernière guerre à la manière des historiens, sans ses personnages il n’aurait aucune raison valable pour parler de la « guerre civile ». Ce sont l’équivalent d’archives et de preuves matérielles.  Cette guerre risque de disparaitre définitivement de la mémoire collective et de l’histoire avec la disparition des hommes et des femmes qui l’ont vécue et qui en gardent des séquelles.

L’histoire du roman nous fait prendre conscience que tout s’organise dans l’État et dans la société pour oublier cette « guerre civile », c’est une sorte d’abus engendré, selon Paul Ricœur, par «  une manipulation concertée de la mémoire et de l’oubli par des détenteurs de pouvoir ». L’existence des deux personnages importants du roman, surtout celle d’Aube, est à l’origine d’un impératif morale de parler de la guerre civile et de continuer à le faire, malgré toutes les interdictions formelles et informelles qui tendent à les en empêcher.

Les personnages principaux de Houris, les égos à qui l’auteur a donné le pouvoir de narrer la décennie noire et d’interpréter la réalité à l’aune de ce qu’ils ont subi dans cette horrible guerre sont eux-mêmes, plus que des témoins, ils sont des preuves matérielles, des vestiges vivants et ambulants de la violence des islamistes.

Mais malheureusement, ce sont des vestiges éphémères et temporaires que l’idéologie dominante tente d’étouffer. Malheureusement, il viendra le jour où ces témoins disparaitront et emmèneront avec eux leurs souvenirs et leurs vérités. (A suivre)

Écrivain et docteur en philosophie Ali Kaidi

Notes

 1.Kamel Daoud, Houris, Paris: Gallimard,  2024,p.182

 2.Ibid., p.38

 3.Ibid., p.36

 4.Ibid.,p.53

 5.Ibid.

 6.Ibid.,p.35

 7.Ibid.,p..293

8.Ibid.,p.296

10.Ibid.,p.302

 11.Ibid.,p.52

 12.Ibid

Mourad, la taupe de France 2, démasqué !

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Image par Alexandra_Koch de Pixabay

L’œil du 20 heures de France 2 en avait fait la vedette et le porte-voix de la répression enclenchée par le pouvoir d’Alger pour tenter de museler toute voix discordante à la cacophonie qui règne en haut lieu…

Même si les journalistes investigateurs ont tout fait pour brouiller les pistes qui permettraient d’identifier cet agent aux ordres, ou qui se revendique comme tel, cela n’a pas empêché quelques compatriotes de le démasquer avec une photo qui en dit long et qui le montre s’afficher fièrement avec Yazid Zerhouni, l’ancien ministre de l’Intérieur sous Bouteflika, qui affichait clairement son anti-kabylisme primaire et dont il est inutile de revenir sur les méfaits.

Combien de Mourad agissent ainsi pour nous menacer sur le territoire de l’Hexagone ? Sont-ils réellement diligentés par le pouvoir ou agissent-ils librement en faisant de l’excès de zèle pour se faire remarquer et récompenser par des autorités qui ne semblent pas lésiner sur les moyens pour tous nous faire taire ?

Au vu d’un déploiement sans précédent de commentateurs qui ne savent utiliser que l’insulte comme argument, il ne serait pas étonnant que, c’est sous forme de véritable quadrillage que ces agents aux ordres agissent pour insulter et menacer tous azimuts !

Le pouvoir ferait amende honorable s’il se démarquait de ces voyous au lieu de lâcher ses meutes de journalistes pour agrandir la fracture entre ceux qui défendent le droit à la liberté d’expression et ceux qui acceptent d’en être muselés !

Que vous le vouliez ou non, nous sommes tous Algériens, et notre unique souci est celui de construire un pays de droit avec des normes universelles qui n’ont rien à envier aux colosses démocratiques du monde.

Kacem Madani

Doualemn condamné à cinq mois de prison avec sursis pour avoir appelé à « corriger » Tadjadit

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Doualemn

Il promettait de punir le poète du Hirak Mohamed Tadjadit sur « TikTok ». Le tribunal correctionnel de Montpellier a estimé que Doualemn, agent d’entretien de 59 ans, résidant dans l’Hérault s’était rendu coupable de « provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».

Il fait partie de cette poignée d’agitateurs algériens sur Tik Tok qui se promettaient de punir les opposants algériens établis en France. Tout est parti d’une vidéo mise en ligne sur le réseau social TikTok. L’affaire a débuté le 4 janvier, lorsque Michaël Delafosse, maire PS de Montpellier, ainsi que le préfet de l’Hérault, signalent au procureur une vidéo diffusée sur TikTok par Boualem N., suivi par 138 000 abonnés. Les premières traductions de cette vidéo évoquent un appel au meurtre ; les traductions suivantes parlent quant à elles d’une «correction sévère». La personne visée par ces propos est Mohamed Tadjadit, poète du Hirak qui purge actuellement une peine de prison en Algérie.

Le tribunal correctionnel de Montpellier a condamné jeudi 6 mars « l’influenceur » algérien Doualemn à cinq mois de prison avec sursis pour « provocation non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ».

Cet agent d’entretien de 59 ans résidant dans l’Hérault avait publié une vidéo dans laquelle il appelait à « donner une sévère correction » à un opposant au régime, selon le parquet. Lors de l’audience du 24 février, Boualem Naman (de son vrai nom) avait reconnu s’être « emporté ».

Une enquête avait été ouverte et « le tiktokeur» avait été placé en garde à vue le 4 janvier. Il avait été remis en liberté trois jours plus tard puis expulsé dès le lendemain, le 8 janvier, vers Alger. Néanmoins, il avait alors été refoulé par les autorités algériennes, contraignant la France à le reprendre sur son sol. Une décision alors perçue comme un camouflet diplomatique pour le gouvernement français, dans un contexte de tensions entre la France et l’Algérie.

Parallèlement, la préfecture avait notifié à Boualem Naman le retrait de son titre de séjour et une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Mais ce dernier avait contesté en urgence cette décision et obtenu gain de cause le 6 février auprès de la justice administrative, cette dernière enjoignant « à l’autorité préfectorale de réexaminer la situation de l’intéressé dans un délai de trois mois ».

Le ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il faisait appel afin de mener à bien la procédure d’expulsion.

La rédaction/AFP

La Libye prête à « accueillir plus de 100 000 Palestiniens » ?

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Le journal en ligne American Thinker, dans son numéro du 2 mars, affirme que le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah a informé le gouvernement américain qu’il est prêt à accueillir entre 100 000 et 200 000 Palestiniens de Gaza. Le journal précise que c’est la première réponse positive venant du monde arabe et musulman en réaction au plan du président Donald Trump visant à déplacer les Palestiniens de Gaza.

« Il s’agit d’une proposition sérieuse que les Libyens sont prêts à négocier et à mettre en œuvre », indique le journal, mais Tripoli nie l’officialité de cette information. « Ce sont des allégations qui n’émanent d’aucune voix officielle libyenne », indique le communiqué gouvernemental qui tente de réagir tant bien que mal au tollé produit par cette révélation. Si le gouvernement Dbeibah nie son implication officielle, pour beaucoup de Libyens, ce communiqué ne fait que confirmer la réalité.

L’opinion publique ne croit pas en la parole des responsables en Libye et l’on se rappelle l’épisode de la rencontre, en 2023 à Rome, entre la ministre des Affaires étrangères libyenne et son homologue israélien. À l’époque, cette rencontre qui devait être gardée secrète avait été révélée par les Israéliens. Abdelhamid Dbeibah affirmait alors n’avoir pas été au courant, mais la ministre l’avait alors accusé en dévoilant que c’était lui qui avait ordonné cette rencontre.

Des experts libyens n’hésitent pas à dénoncer « l’opportunisme » d’un Premier ministre par intérim qui serait « prêt à tout » pour avoir les faveurs de Donald Trump et se maintenir au pouvoir. « Il s’agit d’une haute trahison », proteste Ali al-Soul, membre du comité de la défense nationale à la chambre des représentants libyens.

« Le peuple libyen refuse le transfert des palestiniens vers quelque pays que ce soit », déclare ce parlementaire.

Le chef du gouvernement de l’ouest libyen n’est cependant pas le seul responsable libyen qui semble favorable au plan de transfert des Palestiniens de Gaza, pour ses propres intérêts.

Si l’on en croit les médias israéliens, un accord aurait été trouvé entre le maréchal Khalifa Haftar, l’homme fort de l’est libyen, et l’administration américaine pour réimplanter les Palestiniens de Gaza dans le désert du sud libyen. Et la chaine 7 israélienne de rajouter, que « la Libye est un grand pays, très facilement influençable par Washington, surtout dans l’état actuel de désintégration et en présence de deux gouvernements. »

Des positions qui contredisent totalement la position officielle libyenne annoncée au Caire lors du sommet arabe lundi 3 mars. Mohamed El Menfi, le président du conseil présidentiel libyen, y a considéré que tout plan visant à transférer les palestiniens est refusé et est en contradiction avec les droits internationaux.

Les pays voisins de la Palestine, comme l’Égypte et la Jordanie ont refusé ce plan qui ne prend pas en compte la volonté et le choix des Palestiniens.

De nombreux pays de la région et d’ailleurs ont aussi dénoncé cette idée de Donald Trump de déporter les Palestiniens de leurs terres. 

Avec RFI

Grève de la faim des médecins à diplôme étranger en France

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Les praticiens à diplôme hors Union européenne (PADHUE) sont devenus essentiels au fonctionnement du système de santé français. Ils exercent parfois depuis très longtemps dans les hôpitaux, dans des conditions très précaires, mais avec de grosses responsabilités.

Trois cents d’entre eux ont cessé de s’alimenter pour une durée de trois jours avant une énième manifestation prévue samedi 8 mars devant le ministère de la Santé à Paris. Pendant  ce temps en Algérie, les résidents en médecine mènent depuis plusieurs mois une grève illimitée pour réclamer leurs droits.

En France donc, autre contexte. Contrat de six mois, salaires trois à quatre fois moins élevés, énorme charge de travail et un examen permettant aux médecins à diplômes hors UE d’être titularisés devenu aléatoire. Voilà autant de raisons qui poussent des praticiens à diplôme hors UE et exerçant en France à se lancer dans une grève de la faim comme dernier recours.

Zakaria Kamèche, psychiatre dans un hôpital francilien, explique prendre en charge les consultations, les gardes, et de manière générale le malade, de son entrée à l’hôpital jusqu’à sa sortie. Mais la rémunération, elle, ne suit pas.

De plus, ces médecins doivent obtenir l’équivalence de leur diplôme et pour cela passer des examens. « En plus du travail, on doit passer un examen, les fameux EVC. Quand on arrive à avoir la moyenne, ils décident de réduire le nombre de postes. Au lieu de 200 postes ouverts par le ministère, ils en prennent 80. Cela fait 120 postes de perdus. On veut juste sortir de l’insécurité et de la précarité des contrats. Tous les six mois, on se demande si on est prolongé ou pas prolongé. Donc, c’est un stress. Il est silencieux. Personne ne parle de nous. Il reste donc la grève de la faim. C’est le dernier recours », se désole le Dr Kamèche au micro de RFI.

La CGT a dénoncé ce jeudi 6 mars le « mépris » de l’État à l’égard des médecins à diplôme étranger travaillant dans les hôpitaux français, et notamment le fait que tous les postes prévus pour stabiliser leur situation n’ont pas été pourvus. « Si 4 000 postes ont été ouverts » en 2024, le nombre de lauréats admis en liste principale à l’issue des épreuves de validation des connaissances est en réalité « très inférieur » à 3 228, dénonce le syndicat.

En effet, pour régulariser et uniformiser leur situation, le ministère de la Santé a institué des épreuves de vérification de connaissance (EVC) qui donnent accès à un statut de praticien associé. Mais les syndicats estiment que le nombre de places est trop restreint au regard des besoins du système hospitalier français, et du nombre de médecins à diplôme étranger exerçant déjà en France. Selon la CGT, au total 7 000 médecins à diplôme étranger ont participé aux épreuves de validation des connaissances en étant déjà en France, dont « la plupart étaient déjà en poste cette année ou les années précédentes ».

Avec RFI

La justice française refuse d’extrader Abdeslam Bouchouareb en Algérie

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Abdeslam Bouchouareb

Coup dur pour la justice algérienne qui vient d’essuyer un énième refus d’extradition d’un Algérien réfugié en France. Cette fois la justice française a refusé d’extrader rien de moins qu’un ancien ministre, Abdesslam Bouchouareb vers Algérie.

Ce mercredi 5 mars, le parquet général a demandé à la cour d’appel d’Aix-en-Provence d’opposer un avis défavorable aux six demandes d’extradition vers l’Algérie d’Abdesselam Bouchouareb, ministre de l’Industrie et des Mines entre 2014 et 2017 sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Depuis près de dix-huit mois, la justice algérienne réclame l’extradition d’Abdesselam Bouchouareb afin qu’il exécute cinq peines d’emprisonnement de vingt ans chacune et pour le poursuivre dans un sixième dossier d’infractions économiques et financières. Celui qui est désormais installé en France, dans les Alpes-Maritimes, était ministre de l’Industrie et des Mines entre 2014 et 2017 sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika.

Ce mercredi 5 mars, le parquet général a demandé à la cour d’appel d’Aix-en-Provence d’opposer un avis défavorable aux six demandes d’extradition vers l’Algérie d’Abdesselam Bouchouareb. « L’éloignement de M. Bouchouareb, gravement malade, ferait courir à celui-ci, si ce n’est un risque de vie, (un risque) de déclin rapide et irréversible de son état de santé », a estimé l’avocat général, Raphaël Sanesi de Gentile. Pourtant, ce ministre trainerait bien des casseroles.

La justice algérienne a réclamé aussi l’extradition de nombreux opposants algériens réfugiés en France. En vain.

Trois anciens ministres de Bouteflika, Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal et Noureddine Bedoui, Saïd Bouteflika ainsi que plusieurs ministres et généraux purgent de longues peines de prison. Même l’ancien patron des services de renseignement, Bachir Tartag, souffrant, serait placé en résidence surveillée à Oran depuis septembre dernier, selon Africa Intelligence, où il purgera le reste de sa peine. Il avait été condamné par le tribunal militaire de Blida en mars 2022 à 6 ans de prison ferme.

Yacine K.

Ligue 2 : le président du MBR et l’entraîneur des gardiens de l’USMH suspendus

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Football

La commission de discipline de la Ligue nationale de football amateur (LNFA), a annoncé lundi sa décision de suspendre, à titre conservatoire, à partir du 3 mars 2025, le président du MB Rouissat, Mohamed Larouci Bensaci et l’entraîneur des gardiens de l’USM El-Harrach, Hocine Belalem, qui seront convoqués «dans les prochains jours pour audition», a indiqué la LNFA, dans un communiqué diffusé sur son site officiel.

Cette mesure fait suite «aux graves incidents qui se sont produits sur le terrain du 18 février de Ouargla», qui devait abriter jeudi dernier, le match MBR-USMH, comptant pour la 21e journée du championnat de Ligue 2 amateur (Groupe Centre-Est), avant d’être annulé par l’arbitre.

«La commission de discipline qui s’est réunie ce lundi, a laissé le dossier ouvert concernant l’affaire du match MBR-USMH jusqu’à complément d’enquête, audition de toutes les parties et examen de tous les rapports», précise la même source.

La Fédération algérienne de football (FAF), avait annoncé, suite à ces évènements, l’ouverture d’une enquête afin de faire toute la lumière sur ces incidents et établir les responsabilités. Dans un communiqué publié sur son site officiel, la FAF avait rappelé son engagement en faveur d’un football basé sur les valeurs de respect, de fair-play et de convivialité.

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