4 avril 2025
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Bachir Hakem, un syndicaliste au long cours

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Syndicalisme autonome algérien dans l’éducation

Bachir Hakem, un syndicaliste au long cours

Bachir Hakem est un retraité de l’enseignement secondaire. Fruit de trois écoles: marocaine française et algérienne, et d’une expérience d’enseignement de 32 ans en Algérie dans l’éducation. Il fut professeur de mathématiques au lycée Lofti, à Oran, et fondateur de plusieurs syndicats autonomes. Dans cet interview, il nous informe sur son activité syndicale et sur les syndicats autonomes dans le secteur de l’éducation.

Le Matin d’Algérie : Syndicalement, tu es le fondateur de deux syndicats le SNAPEST et le CLA. Quelle est leur nature et leurs objectifs ?

Bachir Hakem : Avant de parler d’objectifs, un peu d’historique est nécessaire. Les enseignants du secondaire ont toujours pensé à avoir leur propre syndicat, et cela depuis la grève de 1989 appelée par certains la grève du cartable, mais cela ne s’est pas concrétisé et l’UGTA a continué à gérer l’enseignement secondaire. Le malaise dans le secondaire a touché son sommet au début des années 2000, et à partir de là émergèrent des mouvements tel que celui du CNAPEST (coordination national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique, devenu plus tard conseil) et du CLA (coordination des lycées d’Alger devenu plus tard conseil), ces deux mouvements réussirent à mobiliser en 2003 plus de 99% des enseignants du secondaire autour de 3 revendications :

  • Augmentation des salaires à 100% pour tous les enseignants du secondaire,

  • Élaboration d’un nouveau statut des travailleurs de l’éducation,

  • Retraite après 25 ans de service.

Le CNAPEST était dirigé à l’époque par Monsieur Méziane Mériane et le CLA par feu Monsieur Rédouane Osmane. Ce n’est qu’à partir de là que le CNAPEST et CLA pensèrent à créer des organisations syndicales pour défendre les enseignants du Secondaire.

A la fin de la grève de 2003 des divergences entre le bureau de wilaya d’Oran et les membres du bureau national du CNAPEST, obligèrent, en 2005, 95% des membres du bureau de wilaya d’Oran à démissionner du CNAPEST, il furent rejoints par Mériane Méziane et un groupe de l’EST qui décidèrent ensemble de créer une organisation syndicale indépendante le SNAPEST. Feu Osmane Redouane, à son tour, pensa à un syndicat national qu’il appela conseil des lycées d’Algérie, mais malheureusement il décéda le 15 décembre 2007, et cette année là le CNAPEST et le SNAPEST eurent leur récépissé d’enregistrement et furent des syndicats légaux. D’autres syndicalistes démissionnèrent du SNAPEST et du CNAPEST dont je fais partie, déçus par les syndicats ou ne partageant pas leurs méthodes ou leur idéologie. Ayant été enseignant de mathématiques de l’un des plus grands lycées d’Oran, et poussé par plusieurs enseignants du secondaire d’Oran ainsi que  d’autres wilayas, nous décidâmes de créer un troisième syndicat à l’époque du secondaire. Nous contactâmes l’organisation CLA d’Alger, qui n’hésita pas à rejoindre notre demande ainsi qu’un groupe d’enseignant d’Oum El Bouaghi et de Béjaïa. Par respect à feu Osmane Rédouane et pour remémorer ce grand syndicaliste, nous décidâmes de garder le même sigle CLA, mais pour avoir droit au récépissé d’enregistrement, nous dûmes changer l’appellation en CELA (conseil des enseignants des lycées d’Algérie) suite aux réserves du ministère du Travail. Nous gardâmes pour la presse le nom CLA.

Pour les objectifs de tous les syndicats corporatifs comme le CLA, c’est la défense de l’enseignant du secondaire. Tous les syndicats ont généralement une plateforme de revendications pour l’éducation autour de 5 points : Salaire, Primes, Statut particulier, Œuvres sociales, Retraite.

Quelle fut la procédure de ces deux fondations, je veux dire fut-elle autonome, libre et solidaire, autogestionnaire ?

D’abord le mot autonome prête souvent à confusion, il veut tout simplement dire organisation indépendante de toute idéologie, parti politique, de l’État, et dont la gestion est faite par le syndicat lui-même. C’est-à-dire principalement avec les cotisations des adhérents ou la subvention annuelle de l’État qui ne dépasse pas les 100.000 DA.

De ces deux syndicats, quels sont les aspects positifs et, éventuellement, les aspects négatifs ou qui ont présenté des difficultés parmi les travailleurs ?

Les aspects positifs de ces deux syndicats sont nombreux. Parmi eux :

  • L’indépendance des organisations vis-à-vis de l’ État,

  • L’auto-gérance, la liberté et la solidarité,

  • Rendre la dignité à l’enseignant,

  • Les réponses aux revendications de 2003, à part celle de la retraite, sont aujourd’hui dépassées,

  • L’UGTA (1) a disparu dans la représentativité au niveau du secondaire,

  • Les œuvres sociales ne sont plus gérées uniquement par l’UGTA,

  • Seuls les syndicats autonomes contrôlent le secteur de l’éducation.

Les aspects négatifs sont aussi énormes :

  • La division du pouvoir de force des syndicats de l’éducation. La multitude de syndicats dans le même secteur a créé, pour les mêmes revendications, des actions dispersées, de là une diminution des forces.

  • Le côté idéologique est en train de rattraper indirectement et rapidement les syndicats de l’éducation. Nous assistons, dans certains syndicats, à des récupérations partisanes indirectes.

  • La revendication de méthode de gérance des œuvres sociales continue de diviser les syndicats autonomes.

  • Les leaderships font des ravages entre les syndicalistes ; ils les poussent à surenchérir dans les revendications ou dans leurs actions pour prendre le monopole de la représentativité.

  • Le manque de vraie solidarité syndicale à l’intérieur des établissements scolaires ou un combat violent existe entre les syndicalistes en l’absence d’éthique syndicale ce qui arrange la tutelle.  

Selon toi, comment remédier à ces problèmes ?

D’abord, il faut savoir que les vrais syndicalistes se font de plus en rares, et que le manque de formation dans ce domaine a boosté le leadership par rapport au travail syndical. Aujourd’hui nous avons beaucoup plus affaires à des militants formés pour faire des grèves. Pour y remédier, nous devons former ces militants pour en faire des syndicalistes et une fusion de certains syndicats est nécessaire.  

Les rivalités syndicales divisent les actions pour les mêmes revendications.

Quelles en sont les causes ?

La course vers la représentativité nationale (20%) pousse les syndicats à surenchérir l’action pour gagner la sympathie des enseignants, ou, dans certains cas, pour montrer l’unicité de représentativité dans le corps, ou pour des aspects idéologiques, ou tout simplement pour casser l’action d’une autre organisation.

Quels sont les aspects de l’éthique syndicale ?

Les aspects de cette éthique syndicale sont :

  • la solidarité entre syndicats,

  • le soutien de tout syndicat victime de l’instrumentalisation de la justice ou du licenciement abusif d’un de ses adhérents,

  • la non ingérence dans les affaires internes d’un syndicat,

  • la non dénonciation de toutes actions syndicales,

  • condamner toutes actions visant à casser une grève syndicale,

  • chercher à unifier toutes les actions pour les mêmes revendications.

Il faut, cependant, signaler la création de poste de mise à la disponibilité aux syndicats pour casser l’esprit militant syndicaliste et multiplier les opportunistes dans les organisations.  

Comment éviter cette action ?

La mise en disponibilité aux syndicats est le moyen ingénieux trouvé par les autorités pour diminuer le nombre de militants et augmenter le nombre d’opportunistes.

Pour éviter cette action, il faut amener l’organisation, si elle veut avoir droit à des militants mis spécialement à la disponibilité du syndicat, à financer elle-même le salaire de ce cadre syndical, alors, en l’espace d’une année, on verra le nombre des opportunistes se compter sur le bout des doigts.

Comment les autorités officielles, étatiques et/ou de l’entreprise, ont réagi ?

Les autorités étatiques ont réagi négativement en rendant la délivrance du récépissé d’enregistrement presque impossible malgré les conventions internationales que l’Algérie a signé.

Les autorités officielles choisissent de travailler ou de faciliter la tâche aux syndicats ayant signé la charte d’éthique de l’éducation, ou de faire appel à l’UGTA, qui n’est pas représentative dans l’éducation, ou aux syndicats « maison », pour dénoncer toutes actions d’un syndicat autonome. Ces autorités ont opté pour la ponction sur salaire des grévistes, sans faire appel à un calendrier, pour affamer les grévistes. Elles ont, aussi, choisi d’instrumentaliser la justice pour interdire la grève, ou de présenter des vacataires pour remplacer les grévistes, ou tout simplement licencier les grévistes.

Les autorités officielles veulent rendre la grève impossible ou tout simplement l’interdire, et la lecture du futur code du travail le confirme.

Comment avez-vous affronté ces réactions des autorités ?

Nous essayons de surmonter cela par la création d’un rapport de force, et cela ne peut être possible que si les syndicats oublient leurs rivalités personnelles ou syndicales, car les revendications à 90% sont les mêmes. Les autorités ont compris que pour diminuer en leur faveur le rapport de force, seule la division entre syndicats pourra mettre fin à celui-ci, et, ainsi, nous assistons à la création d’une multitude de syndicats autonomes dans l’éducation pour un même corps.

Est-ce que cela veut dire que les autorités étatiques ont créé des syndicats faussement autonomes, autrement dit des syndicats « harkis », pour affaiblir les syndicats réellement autonomes ?… Dans ce cas, comment ce problème est affronté ?

Nous n’irons pas jusqu’à parler de syndicat « harkis », car certains syndicats ont été créés par les autorités étatiques pour diminuer la force de certains syndicats autonomes, mais à l’insu de certains fondateurs. Nous voyons émerger des syndicats qui portent le même sigle, l’un reconnu par les autorités, l’autre non. Et dès qu’une organisation syndicale dérange ou atteint la ligne rouge, les autorités étatiques font appel à un redressement ou à la création d’un syndicat qu’on appelle « clone ». Ces syndicats clones ne représentent aujourd’hui qu’eux-mêmes et n’ont aucune force, ils participent à cautionner certaines décisions étatiques ou à dénoncer certaines actions syndicales.  

Après ta retraite en septembre 2017, tu m’as dit qu’un grand nombre de retraités te sollicitent pour créer un syndicat spécialement pour eux. Quelle était l’activité professionnelle de ces retraités ?

Les retraités en Algérie sont nombreux et n’ont pas de vrais syndicats propres à eux. Ils ont le droit d’adhérer à certains syndicats suivant les statuts, mais ils sont absents dans les bureaux nationaux de ces derniers et n’ont jamais été pris en charge.

Nous sommes dans l’éducation, donc on a pensé à créer un syndicat de l’éducation qu’on envisage d’appeler SAREN (Syndicat Autonome des Retraités de l’Éducation Nationale) en attendant les assises. Il regroupera tous les retraités de ce secteur.

Pour quel motif veulent-ils un syndicat ?

Le motif essentiel est le pouvoir d’achat du retraité. Au fur et à mesure que le temps passe, sa pension augmente beaucoup moins que l’inflation, à tel point qu’on voit aujourd’hui des anciens cadres de l’éducation mendier. Lorsque les salaires augmentent, leur pension stagne ou progresse dix fois moins vite. Ajouter à cela qu’ils sont privés de certains droits au niveau des œuvres sociales auxquels ils pouvaient accéder.

Pourquoi, à cet effet, s’adressent-ils à toi et ne constituent pas eux-mêmes leur syndicat ?

Ils ne s’adressent pas spécialement à moi mais à un groupe d’anciens syndicalistes aujourd’hui retraités qui ont senti la nécessité d’avoir leur propre syndicat. Car ces syndicalistes pouvaient, dans leur propre syndicat, créer une section des retraités mais son apport de force serait insuffisant.

Comment envisages-tu, ou envisagez-vous, de créer ce syndicat, je veux dire sous quelle forme, autogérée ou autre ?

Ce sera, je l’espère, un syndicat autonome comme le sont les autres syndicats, mais qui se consacrera uniquement aux retraités, comme ils en existent partout dans le monde. Aujourd’hui, seule l’UGTA a une fédération des retraités, mais elle n’a pas fait grande chose, la preuve en est que certains anciens cadres retraités sont dans la misère, d’où l’utilité de notre syndicat.

Pour quelles raisons, ce choix ?

Ces syndicalistes pouvaient dans leur propre syndicat créer une section des retraités mais son apport de force serait insuffisant, et il serait dans la division des retraités.

Tu viens de lancer le SAREN, syndicat autonome des retraités de l’éducation nationale dont les assises se feront bientôt. Sous quelle forme s’est constitué ce syndicat ?

Il s’est constitué à partir de la base et d’expérience syndicale. Nous tâcheront de confectionner un syndicat à partir des communes qui remplaceront les établissements pour que ces dernières soient représentées dans leur wilaya et par la suite au niveau national.

Quels sont ses buts ?

– Défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs, améliorer leurs conditions de vie, répondre aux tentatives d’abus et d’exploitation.

– Protéger la vie des retraités, améliorer le pouvoir d’achat des retraités et assurer une répartition équitable du revenu national.

– Préserver les acquis sociaux des travailleurs et des retraités, et s’efforcer de fournir davantage.

– Demander pour les retraités au niveau national de construire une société juste fondée sur les valeurs de l’interdépendance économique et sociale.

– Renforcer les liens de solidarité entre les retraités à  travers un travail conjoint entre les syndicats nationaux, algériens, africains et internationaux.

– Prendre soin des besoins de vie des retraités et  retraitées, de leurs familles et des travailleurs, dans le domaine social et économique : résidentiel, santé, consommation et loisirs.

– Prendre soin des retraités et défendre leurs droits physiques, sanitaires et sociaux.

– Prendre soin des femmes à la retraite, et les protéger contre toute forme de violence, d’exploitation et de harcèlement de toutes sortes, quelles que soient leurs sources. Maintien des droits de maternité et d’éducation des enfants.

– Combattre toutes les formes d’exploitation qui affectent les retraités et les retraitées.

– Travailler pour atteindre une stabilité globale pour les retraités et retraitées sur les règles de justice et d’équité.

Qui en sont les membres ?

La plupart des représentants sont des figures connues sur la scène nationale et internationale. Jusqu’à ce jour, nous avons réussi à avoir 20 wilayas.

D’une manière générale, que penses-tu de l’existence, en Algérie, de syndicats autonomes ?

Là, tu me poses une question qui peut avoir deux réponses tout à fait opposées : l’une positive et l’autre négative.

La positive :

  • Leur existence sert à enlever le monopole de représentativité que ce soit celle de l’UGTA ou d’un autre syndicat non réellement représentatif.

  • Une augmentation des salaires phénoménale de plus de 300% mais, cependant, très insuffisante par rapport au pouvoir d’achat.

  • Délivrance de la gérance des œuvres sociales à un seul syndicat autonome ou non.

  • Élaboration d’un nouveau statut particulier de l’éducation, et préparation d’un autre qui corrigera, je l’espère, les imperfections.

La négative :

  • Division du rapport de force syndicale.

  • Rivalités syndicales au lieu de leur complémentarité.

  • Un grand nombre de syndicalistes opportunistes et non intègres.

  • Problème de leadership aussi bien entre syndicat qu’à l’intérieur du même syndicat.

  • Fausse image de l’Algérie en tant que pays des libertés syndicales à travers de la multitude de syndicats.

Ces syndicats autonomes fonctionnent-ils réellement de manière démocratique, autrement dit autogérée ?

Je ne peux répondre à cette question que pour le SNAPEST lorsque j’étais trésorier de ce syndicat, et le CLA lorsque j’étais son porte-parole. Pour ce qui de la question démocratique, je peux te dire que toutes les décisions décisives ou de déclenchement de grève ne se font qu’à partir d’un conseil national, et aucun membre des bureaux nationaux ne peut prendre la décision seul de déclencher ou d’arrêter une grève.

Ces syndicats fonctionnent essentiellement par les cotisations des adhérents, donc ils sont autogérés.

Quel est le type de solidarité entre eux, est-elle de type corporatiste et/ou nationale ?

Ces syndicats sont corporatistes, et, donc, ils ne sont pas encore arrivés à une solidarité en dehors de leur corps, mais la création du front syndical essaie de généraliser la solidarité dans la fonction publique.

Quelles sont les difficultés, d’une part, internes (problème de recrutement, de fonctionnement, de leadership, etc.) et, d’autre part, externes (hostilité des directions des entreprises, publiques ou privées, ou des administrateurs étatiques) ?

La difficulté réside dans le fait qu’on n’a pas de véritables militants syndicaux, mais beaucoup plus d’adhérents qui ne cherchent que leurs intérêts sociaux, ainsi ils migrent d’un syndicat à un autre. Dans le CLA, on a élaboré une plate-forme de revendications sur laquelle on a voulu recruter les adhérents et les militants, mais la culture syndicale en Algérie ne s’y prête pas beaucoup, car il suffit d’une bonne déclaration à la télé ou une surenchère syndicale ou un intérêt personnel pour voir le nombre d’adhérents augmenter sans tenir compte ni des convictions du syndicat ni de sa plate-forme de revendications.

Il y a donc tout un travail de conscientisation qui doit être fait auprès des travailleurs, afin qu’ils se rendent compte où sont leurs intérêts réels, d’une part, en tant que travailleurs, et, d’autre part, de savoir quels sont leurs véritables représentants. Selon toi, ce travail est-il possible et comment ?… En particulier, est-ce qu’il existe des rencontres ou des stages de formation à la conscience syndicale dans le sens correct du terme ? Si non, pourquoi ?

Ce travail est impossible pour diverses raisons :

  • Moyens financiers presque inexistants pour certains syndicats autonomes qui s’autogèrent par les finances des cotisations des adhérents.

  • Politiques : refus d’autoriser toutes manifestations formatrices (séminaires, colloques, congrès…) venant de l’étranger dans le cadre des échanges internationaux entre organisations par les autorités.

  • Manques de locaux aptes à organiser ces formations ainsi que la prise en charge totale des formateurs et des formés.

  • Le manque d’intérêts de la part des travailleurs.

Pour les stages à l’étranger, cela est, aussi, impossible car les syndicats n’ont pas les moyens de payer la billetterie. Seuls quelques militants, en employant leur propres moyens, peuvent participer.

Ce n’est pas les stages qui manquent, et, généralement, pour participer dans la plupart du temps on exige le payement de la billetterie. Alors, que faire lorsqu’on a un stage de trois jours à Caracas ou à Montréal ?

Enfin, quelle forme de solidarité syndicale existe au niveau nord-africain, méditerranéen et international ?

Nous aspirons à une solidarité maghrébine, mais qui ne peut se faire pour des raisons purement politiques, ou de décisions qui doivent être prises à la base. Pour le moment, des relations existent à travers l’adhésion du CLA au Forum Social Maghrébin, ou à travers les échanges entre les syndicats maghrébins.

En ce qui concerne la solidarité nord-africaine, méditerranéenne et internationale, le problème est le même que celle du Maghreb, mais on a réussi à organiser un sit-in devant le consulat de France à Oran en 2013, à l’occasion de la présentation d’un syndicaliste français de la CNT devant la justice. Et j’ai participé, en novembre 2017, à l’occasion du colloque de la CGT à Marseille, à un sit-in devant la bourse du travail pour la Palestine.

Le CLA, membre du FSM (Fédération Syndicale Mondiale) a tenté en vain de participer à l’organisation du 18ème congrès de la FISE (Fédération Internationale des Syndicats de l’Éducation), prévu en fin août 2017, à cause des autorisations non délivrées par le ministère de l’éducation. Aujourd’hui, ce congrès a été déplacé au Mexique en mars, et les grands perdants sont l’Algérie et l’éducation. La Tunisie et le Maroc organisent régulièrement des manifestations syndicales internationales sous l’égide de l’UE ou grâce aux facilités créées par leur État, pour aussi bien développer leur tourisme que connaître les réalités syndicales des autres pays, et marquer le point sur les libertés syndicales de ces deux pays. Nous avons aussi demandé à organiser le Forum Social aussi bien mondial que maghrébin, vues les relations qui nous lient aux organisations fondatrices de ces forums qui font le tour du monde : Maroc, Tunisie, Canada, Afrique du Sud, Amérique Latine.

Propos recueillis par K. N.

Notes

Un complément d’information est disponible dans deux articles de Bachir Hakem, parus ici : https://lematindalgerie.comcherchons-ses-causes-et-ses-vraies-responsables

et http://www.elwatan.com/contributions/la-greve-illimitee-une-mode-specialement-algerienne-ses-causes-et-ses-vrais-responsables-09-02-2018-362217_120.php

(1) Pour qui l’ignore, l’Union Générale des Travailleurs Algériens est le syndicat étatique qui détenait le monopole de l’activité, plus exactement de l’encadrement syndical des travailleurs.

 

Auteur
Propos recueillis par Kadour Naïmi

 




Un F16 israélien s’écrase après l’attaque de « cibles iraniennes »

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Syrie

Un F16 israélien s’écrase après l’attaque de « cibles iraniennes »

Un avion de combat F16 israélien s’est écrasé en Israël samedi alors que l’armée menait des attaques contre des « cibles iraniennes » en Syrie après avoir intercepté un drone venu du territoire syrien, a annoncé l’armée.

« Les Forces de défense d’Israël ont ciblé des systèmes de contrôle iraniens en Syrie qui avaient envoyé le drone dans l’espace aérien israélien », a déclaré sur Twitter un porte-parole militaire, le lieutenant Jonathan Conricus.

« Tirs anti-aériens syriens intenses, un F16 s’est écrasé en Israël, pilotes sains et saufs », a indiqué ce porte-parole.

Un communiqué de l’armée a par ailleurs précisé que les forces israéliennes avaient identifié un « drone iranien » lancé depuis la Syrie et l’avaient intercepté dans l’espace aérien israélien avec un hélicoptère de combat.

La police a annoncé que le F16 s’était écrasé dans la région de la vallée de Jezreel, à l’est de la ville de Haïfa, dans le nord d’Israël.

« L’Iran est responsable de cette grave violation de la souveraineté israélienne », a déclaré le porte-parole Jonathan Conricus sur Twitter.

Auteur
AFP

 




Les réserves d’or détenues par l’Algérie sont au même niveau qu’en 2009

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Selon le ministre de l’Industrie et des Mines

Les réserves d’or détenues par l’Algérie sont au même niveau qu’en 2009

Le ministre de l’Industrie et des Mines vient de déclarer le 08 février 2018 que les réserves d’or détenues par l’Algérie sont de 173 tonnes. Dans plusieurs contributions sur ce sujet entre en 2009/2017, je l’avais estimé à 9 milliards de dollars fin 2008 et entre six et sept milliards de dollars entre 2015/2017 selon les fluctuations de l’once d’or

1.-Selon le rapport (2016) du Conseil mondial de l’or (CMO), les réserves totales des 100 pays étaient estimées à 32.813 tonnes. Les États-Unis s’étaient classées en des détenteurs d’or avec à leur actif 8.133,5 tonnes suivis de l’Allemagne avec 3.384,2 tonnes suivi du Fonds Monétaire International (FMI) avec 2.814 tonnes de réserves arrive à la 3e place de de l’Italie (2.451,8 tonnes) et la France (2.435,6 tonnes). L’Algérie occupe le 25e rang mondial et 3e des pays arabes par ses réserves d’or estimées en 2016 à 173.6 tonnes, et selon le CMO le même stock qu’en 2009, après l’Arabie Saoudite (322.9 tonnes) et le Liban (286.8 tonnes). En Afrique, l’Algérie arrive en première place devant l’Afrique du Sud (29e), la Libye (31e), le Maroc (59e) et la Tunisie (77e).

2.-Or, dans plusieurs contributions parues en 2009 ‘ et 2016 suite des différents rapports du CMO (2009/2016) , je notais que l’Algérie déjà en 2009, était classée à la 22ème place mondiale, avec le même volume de 173,6 tonnes d’or. Pour déterminer la valeur intrinsèque du lingot de 1 kilogramme d’or, il faut multiplier le prix de l’once d’or par 32,15, puis appliquer le taux de change euro/dollar. La dépréciation la valeur monétaire reconvertie en dollars de l’or entre 2009/2017 a également fait perdre plus de 2,5 milliards de dollars de sa valeur monétaire au stock algérien d’or, que j’avais estimée, en 2009 , à 9,75 milliards de dollars. Le 08 février 2018 l’once d’or est coté à 1, 314,10, dollars, Si on estime la valeur moyenne à environ 6 milliards de dollars cela représente 6,25% des réserves de change fin 2017 clôturées entre 96/97 milliards de dollars.

3.-Où est la production additionnelle de la mine d’or d’Amesmessa ? Face à ces données récentes l’opinion algérienne a besoin d’être éclairée, sur la situation du stock de réserves algériennes d’or, qui n’a pas bougé depuis 2009, alors que l’Algérie s’est lancée dans l’exploitation d’un gisement d’or à Amesmessa devant éviter de mauvaises interprétations. La société productrice d’or est une entreprise qui peut soit vendre à la Banque d’Algérie pour accroitre son stock d’or, soit l’exporter ou la vendre directement aux bijoutiers. Il semblerait que la première option ait été écartée. puisque le stock d’or est resté inchangé depuis 2009.

4.-Rappelons que le 30 janvier 2010 dans une déclaration à l’APS le directeur général de l’entreprise d’exploitation des mines d’or (ENOR) avait déclaré officiellement : « Le gisement d’Amesmessa, situé à 460 km à l’Ouest de Tamanrasset, va bénéficier d’un plan de développement avec pour objectif de hausser graduellement sa production aurifère à trois tonnes d’or annuellement. Et pour cette période, s’agissant des exportations de l’entreprise entre 2009/2010, elles ont été de l’ordre de 848,49 kg d’or, tandis que le marché local a consommé seulement 208,78 kg d’or ».

Aujourd’hui en février 2018 selon le Ministre de l’Industrie et des Mines, l’Entreprise d’exploitation des mines d’or « ENOR » (filiale du groupe Sonatrach) devrait connaître en 2018, une production aurifère qui devrait atteindre 286kg, contre 286 kg en 2016, soit une importante régression de plus de 560 kg par rapport à 2009/2010, ce qui explique le déficit structurel de cette entreprise qui selon le Ministre de l’Industrie aurait été de 1,4 milliards de dinars en 2016, 600 millions de dinars en 2017 avec une prévision de 400 millions de dinars fin 2018.

5.-Cependant, il faut éviter toute mauvaise interprétation et préciser que le stock d’or ou les devises d’une manière générale ne créent pas de richesses, étant un moyen d’échange. Autrefois, les tribus d’Australie utilisaient les barres de sel du fait de sa rareté comme moyen d’échange. Au contraire la thésaurisation et la spéculation dans les valeurs refuges comme l’or, certaines devises ou certaines matières premières est nocive à toute économie. Avoir des réserves de change en devises ou en or est ne traduit pas forcément la richesse d’une Nation. Il existe des pays ayant peu ou pas de réserves de change détenues par les banques centrales mais connaissant un important développement, le capital argent ayant été transformé en capital productif. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante pour sécuriser l’investissement et surtout pour des pays rentiers éviter un dérapage plus important de la valeur du dinar par rapport aux devises où existe une corrélation d’environ 70% entre la valeur actuelle du dinar, et ce stock de devises via la rente des hydrocarbures.

Avec des réserves de change de 20 milliards de dollars, le dinar algérien officiel flotterait à plus de 200 dinars un euro et 250/300 dinars un euro sur le marché informel. C’est loin donc d’être une condition suffisante d’un développement durable et surtout provenant d’une rente éphémère, les hydrocarbures. Le problème central pour l’Algérie est de transformer cette richesse virtuelle en richesse réelle passant par un développement hors hydrocarbures se fondant sur l’entreprise et le savoir, le tout conditionné par une nouvelle gouvernance.

 

Auteur
Dr Abderrahmane Mebtoul

 




La Maison Blanche secouée par une affaire de violences conjugales

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Etats-Unis

La Maison Blanche secouée par une affaire de violences conjugales

Donald Trump a souhaité vendredi le « meilleur » à son ancien conseiller forcé de prendre la porte dans un scandale qui vient désormais éclabousser l’entourage immédiat du président américain.

En particulier, le secrétaire général de la Maison Blanche John Kelly et la directrice de la communication de l’exécutif Hope Hicks sont pris dans la tourmente depuis la démission mercredi de Rob Porter, accusé par deux ex-épouses d’agressions physiques et d’abus psychologiques.

On reproche notamment à John Kelly d’avoir été au courant du passé sulfureux de M. Porter, secrétaire du personnel de la Maison Blanche, mais de l’avoir toutefois laissé naviguer au plus proche de Donald Trump bien que son passif ne lui eut pas permis d’obtenir un feu vert complet à l’issue de la vérification de sécurité à laquelle se soumettent les employés du 1600 Pennsylvania Avenue.

Hope Hicks se voit-elle pointée du doigt pour la gestion de la communication autour de cette affaire, à savoir un long silence jusqu’à ce que les accusations –que M. Porter nie– ne soient rendues publiques, d’autant qu’elle entretenait une relation avec l’intéressé.

Autant de zones grises qui soulèvent depuis quelques jours les interrogations sur le climat éthique et le recrutement au sein de la Maison Blanche.

Interrogé vendredi sur le départ de Rob Porter, Donald Trump a affirmé avoir été « surpris » lorsqu’il a appris la situation « récemment ». « Mais nous lui souhaitons le meilleur. (…) C’est évidemment un moment difficile pour lui. Il a fait du très bon travail pendant qu’il était à la Maison Blanche », a souligné dans le Bureau ovale le milliardaire républicain, rappelant que son ancien conseiller « dit qu’il est innocent, et je pense qu’il faut s’en souvenir ».

« J’étais atterré quand j’ai appris les accusations à l’encontre de Rob Porter. J’ai appris les allégations d’abus conjugaux au moment où il a démissionné », a assuré pour sa part le vice-président Mike Pence, lors d’un entretien à NBC en Corée du Sud.

« Il n’y a pas de tolérance au sein de cette Maison Blanche ni de place en Amérique pour les abus conjugaux », a-t-il martelé.

Oeil au beurre noir

Du côté de l’opposition démocrate, on déplore que la Maison Blanche ait attendu d’être dos au mur pour se décider à réagir.

« C’est alarmant que Rob Porter soit resté à un poste d’influence alors même que les révélations sur ses abus conjugaux étaient apparemment connus des proches collaborateurs de Donald Trump », a ainsi dénoncé la parlementaire démocrate du New Hampshire Ann McLane Kuster.

« Les photos de son ex-femme battue sont profondément troublantes », a-t-elle ajouté, en référence aux deux clichés rendus publics de l’une de ses anciennes épouses, la montrant avec un oeil au beurre noir. « Nous devons savoir qui savait quoi, et quand ».

C’est exactement le genre de « détails » sur lesquels la Maison Blanche n’entend pas communiquer, a affirmé jeudi le porte-parole adjoint de l’exécutif, Raj Shah. Il a simplement souligné que John Kelly « n’a pas eu pleinement connaissance des accusations » avant le jour de la démission de M. Porter.

« Beaucoup d’entre nous auraient pu faire mieux », a-t-il reconnu, rare remise en question dans la Maison Blanche de M. Trump.

Quelques heures encore avant que l’ex-conseiller de 40 ans ne quitte son poste, l’exécutif chantait pourtant ses louanges professionnelles et son intégrité.

Pour son ex-femme Jennifer Willoughby, qui se confiait à la chaîne CNN, l’accent mis sur les qualités professionnelles de M. Porter fait justement partie de la problématique.

« Peut-on séparer le travail d’un homme de sa vie privée », a demandé Mme Willoughby, qui raconte avoir vécu dans un état de « terreur permanente » pendant sa vie commune avec Rob Porter.

Il est « inquiétant » que la préoccupation centrale devienne « quel était son travail ». La vraie question, dit-elle, est qu’il s’agit « d’un homme dérangé qui a des problèmes qui requièrent de l’aide ».

 

Auteur
AFP

 




Saïd Sadi : « Ceux qui sont fascinés par 2019 sont les janissaires de l’Histoire »

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Dans sa dernière intervention au congrès du RCD

Saïd Sadi : « Ceux qui sont fascinés par 2019 sont les janissaires de l’Histoire »

Eu égard à sa pertinence, nous vous livrons l’intégralité de l’ultime intervention de Saïd Sadi devant les congressistes du RCD.

« Monsieur le président, mesdames messieurs les invités, mesdames messieurs les congressistes, bonjour,

Lorsque le président Mohcine Belabbas m’a demandé d’intervenir à l’occasion de ce cinquième congrès, j’avais, dans un premier, temps émis quelques hésitations.
Cette opportunité n’avait pas un caractère d’évidence dans cette circonstance et d’ailleurs à quel titre devais-je le faire ?
Devenu simple militant depuis six ans et n’ayant plus aucune responsabilité organique, mon rôle était d’exprimer mes idées dans le cadre des instances du parti qui ont préparé ce congrès si j’avais quelque chose d’essentiel à proposer. Dans la modernité politique, le respect des formes n’est pas seulement une question de normes, c’est d’abord honorer les fondements du contrat sur lequel on s’engage. 

N’étant pas congressiste et n’étant, plus depuis ce matin militant, je ne vais pas m’exprimer en tant que fondateur du parti comme cela a été suggéré. On ne fonde pas un parti pour se l’approprier. La philosophie qui a inspiré et nourri le combat de notre génération postulait l’action politique comme une impulsion et un appel à initiatives.

Rester fidèle à la mémoire ne signifie pas à amputer sa pensée ou emprisonner son destin.

Je vais donc m’adresser à vous en tant que membre d’une génération qui a initié un combat singulier dans un monde d’unanimisme politico médiatique. Toute formulation d’une idée hors moule, hors cadre et hors norme était sacrilège et cette congélation intellectuelle aggravée par l’autocensure est, hélas, toujours d’actualité.

J’ai entendu avec plaisir le président Belabbas rappeler que les subterfuges proposant des solutions à l’impasse algérienne par des glorification d’un président mal entouré ou celles qui attendent qu’un oracle viennent miraculeusement le transformer de l’intérieur était en fait des manifestations de segments interchangeables du même système. 

Unique dans les annales de l’Algérie contemporaine, l’expérience de notre génération qui s’est résolument inscrite en dehors des modèles posés en mythes politiques mérite peut être quelque attention.

La régression politique et sociétale qui a suivi l’ouverture frelatée d’octobre 88 repose les questions fondamentales du projet alternatif au système algérien et à ce titre, le parcours de la génération d’avril 80 est utile à revisiter.

Il ne s’agit donc pas, pour moi, de dire ici à des congressistes qui n’ont pas encore entamé leurs débats ce qu’ils doivent faire, quand, avec qui, ou comment opérer. Cela concerne vos assises et seules vos analyses et évaluations peuvent trouver réponses à ces considérations essentielles à l’avenir du pays et au devenir de votre parti.

Ce qu’il est important de connaître et de transmettre, c’est autre chose. Dans l’histoire de l’Algérie contemporaine, et au delà des aspects tactiques et décisions qui ont été prises ici ou là, la phase actuelle exige de redécouvrir et d’interroger les valeurs et les visions ayant engendré les grandes épopées qui ont libéré le peuple afin de voir dans quelle mesure elles peuvent éclairer les luttes actuelles.

Pourquoi nous sommes-nous levés alors que nous étions des enfants d’une guerre qui avait épuisé les populations ? Comment avons-nous fait ? Quel héritage avons-nous fécondé ? Quels ressorts avons-nous sollicité ?..

Dans l’histoire tumultueuse du mouvement national, nous avons récusé les visions manichéennes qui ont interdit les évaluations apaisées et adultes. Ces visions apologétiques excluant la raison et reniant les vérités ont donné naissance à des régimes qui sont, finalement, des prolongements autochtones de la praxis coloniale.

Tout en remplissant le devoir de mémoire, nous nous sommes donné le droit de la lecture libre et rationnelle du passé. Et nous avons constaté qu’à chaque avancée significative du processus d’émancipation nationale, un certain nombre de paramètres apparaissaient invariablement.

D’une manière systématique, les ruptures fécondes sont conduites par des générations qui ont su avoir un regard rigoureux et objectif sur la condition de leur pays. Par ailleurs, les équipes, souvent réduites, à l’origine de ces sauts qualitatifs ont toujours été constituées de militants solidement formés et inébranlables dans leurs convictions. Les acteurs impliqués dans ces séquences étaient réfractaires aux tentations. Immergées dans leur société et en phase avec ses aspirations ces élites jouissaient de la confiance et du respect de leurs concitoyens. 

Par les temps qui courent, il n’est peut-être pas superflu de rappeler ces éléments.

Autre caractéristique, ces militants ont investi l’histoire longue quitte, et cela était clairement intégré et consenti, à ce que le dénouement du conflit ne soit pas au rendez-vous d’une vie. Ils n’étalonnaient pas leur engagement en fonction des histoires courtes ou des niches d’opportunité que pouvaient offrir une conjoncture favorable à une estocade fugace ou un compagnonnage de circonstance.

Ces acteurs avaient en fait de l’envergure de ceux qui font l’Histoire. Ils sont de ceux dont le parcours ne se réduit pas à des actions d’éclat : ces femmes et ces hommes ont mené à terme leur mission parce que ils ont regardé au delà des horizons tribaux et des ambitions de carrières.

Ils n’étaient pas nombreux en 1926, les émigrés qui ont fondé l’Etoile nord-africaine. Rompant avec les insurrections spontanées du XIXe siècle et ayant à peine de quoi subvenir à leurs besoins, ils ont décidé d’accompagner les bouleversements consécutifs à la première guerre mondiale et la révolution d’octobre pour se projeter dans la modernité portée par la décolonisation. C’est leur audace canalisée par la raison qui a servi de source originelle au combat libérateur.

Ils n’étaient pas nombreux, eux non plus, en 1949 quand face à l’exubérante doxa arabo-islamiste qui niait toute altérité, quelques dizaines de jeunes ont décidé d’introduire de la liberté et de la rationalité dans un parti qui compensait ses rigidités doctrinales et ses égarements stratégiques par l’incantation messianique d’un homme devenu omniscient.

Un peuple n’est jamais guéri de ses démons et le pire est toujours possible. Dans les années 40 on a idolâtré les poils d’un barbe, aujourd’hui on se prosterne sans vergogne devant un poster. C’est la voix vive et pourtant vite étouffée de ces quelques étudiants qui a servi de source à notre quête de démocratie et de repères identitaires pouvant amarrer une réflexion autonome pour annoncer la construction d’une nation solidaire, généreuse et réconciliée avec elle même.

Ils n’étaient pas nombreux ceux qui en novembre 1954 ont lancé leur insurrection avec une logistique rudimentaire et sur les ruines d’une organisation atomisée par les accents populistes et les tensions claniques.
Ils n’étaient pas nombreux ceux qui autour d’Abane Ramdane ont eu l’insigne honneur de faire passer dès aout 1956 l’insurrection de novembre du stade de révolte à celui de révolution avec ses orientations doctrinales, sa méthodologie politique et ses instances organiques. Ils n’ont pas remporté la bataille du pouvoir mais ils indexé notre Histoire de leur vision. Ce qui anime nos débats et porte nos espérances d’aujourd’hui, ce sont les principes de la Soummam. Qui se souvient de l’armée des frontières, du putsch de 1962 ou de celui de 1965. Ces scories politiques figurent dans le registre funéraire des épisodes mortifères de notre pays.

Nous n’étions pas nombreux, quand dans un univers de renoncement et de peur, nous avons pris la parole alors que beaucoup considéraient que le pluralisme politique et syndical se conjuguait avec la contre-révolution, que l’amazighité signifiait négation de la patrie et apostasie des « constantes nationales ».
Nous avions appris de nos ainés non pas en les imitant mais en remontant lucidement leur parcours et en disséquant leurs méthodes. Cela nous a permis de déceler les processus vertueux, les valeurs qui les inspirent et les principes qui les animent.
Quand on veut changer le monde, il faut y mettre le prix et savoir que les chemins peuvent être rudes. On ne mène pas de grands combats avec des procédés de courtisans. Et la nécessaire réflexion qui doit précéder l’action n’a rien à voir avec le calcul mercantile.

Qqaren imezwura nnev lukan i-s issehsab ufellah ur-tt ikerrez ara.

Affronter le parti unique, une police politique impitoyable, une justice pervertie et plus généralement une administration asservie par les clans était un grand défi. Nous le savions, nous l’avions fait en toute conscience. 
Nous savions ce que nous risquions dans un système qui a assassiné le colonel Chabani, Mohamed Khider et Krim Belkacem pour ne citer que les plus emblématiques des opposants. Mais nous savions aussi que ce sur quoi nous nous battions était juste et légitime et que si nous ne nous engagions pas, d’autres générations auraient à devoir affronter les mêmes problèmes dans des conditions peut être plus difficiles et plus incertaines. Et nous ne voulions pas être comptables de la défaillance dont on accablait des devanciers qui furent incapables de mesurer leur activité à l’aune de la grande Histoire. 

Comme certains de nos anciens, nous ne nous sommes jamais engagés en attendant un retour sur investissement. Je ne connais pas un militant d’avril 80 qui ait voulu ou seulement pensé à monnayer son engagement pour obtenir une faveur. En cela, les leçons de 1926, de 1949 , de 1954 ou de 1956 nous ont été utiles. Tous les militants qui furent à l’origine de ces séquences politiques étaient convaincus que leur devoir de militant excluait par définition le marchandage. Aucun n’attendait une récompense ni même reconnaissance de son action. On agissait parce que l’on estimait nécessaire de le faire. On était militant en soi et pas pour soi.

Je ne voudrais pas donner ici l’impression de d’administrer des leçons ou des recettes. J’ai dit à l’entame de mon propos que les méthodes, les programmes, les montages organiques ou les objectifs que vous vous assignez ne peuvent être trouvés dans aucun manuel. Tout cela sera le fruit de vos travaux car aucune période n’est assimilable ou superposable à une autre.
Mais il n’est pas interdit de rappeler les préalables qui ont présidé aux grandes avancées de notre Histoire.
Dans ces moments de grande confusion politique et d’abaissement moral, certains se réjouissent cyniquement de ce que des acquis de notre combat aient produit des effets pervers. Et c’est vrai que le pluralisme médiatique a aussi enfanté des structures audio visuelles et de titres de la presse écrite monstrueux. Le multipartisme a accouché de sigles et d’acteurs qui dégradent l’idée même d’action politique. Cela est la part du feu. A l’échelle de l’Histoire ces épines irritatives ne représentent rien.

D’aucuns n’hésitent pas à assurer que mieux vaut le parti unique que le désordre actuel, oubliant de dire que ce sont les partisans du parti unique qui financent des médias qui déshonorent la profession ; que la prolifération de sigles au lendemain de l’ouverture politique est une manœuvre de pollution destinée justement à décrédibiliser le pluralisme…

Fort des méfaits induits par leurs fraudes et leurs supports médiatiques, les affidés du système n’hésitent pas à assurer que la démocratie est vaine sinon dangereuse pour le pays.
Et pourtant, malgré les moyens colossaux mis au service de la promotion de la fraude électorale, malgré une corruption endémique, malgré les abus opposés au fonctionnement des organisations non inféodées, malgré les censures qui frappent toute voix discordantes, la bataille des idées est gagnée. 
Le parti unique et ses dérivés s’approprient l’ensemble des revendications qu’il a vigoureusement et, en certaines occasions, sauvagement combattues. 

Alors, ceux qui investissent la lutte comme on ouvre une boutique, ceux qui veulent jouir de leur action politique comme on consomme le légume que l’on a planté la saison précédente assurent que notre combat a échoué parce que nous ne sommes pas au pouvoir. 

En vérité, il n’y a pas grand-chose à dire à ces maquignons politiques. Et pour cause. Nous n’avons pas le même logiciel et nous n’habitons pas la même galaxie. Ils parlent promotion nous disons émancipation, ils disent carrière personnelle nous répondons destin collectif, ils cultivent les apparences nous creusons des fondations. Ils vivent de l’instinct et de l’instant nous construisons l’Histoire.

Je me souviens de l’intervention péremptoire d’un participant à une conférence que j’animais à la salle de la CFDT dans la capitale française. Sitôt mon introduction finie et visiblement pressé de prononcer sa sentence probablement pour orienter le sens des débats, mon contempteur demande le premier la parole.
– Moi j’entends vos discours mais quand je regarde aujourd’hui l’Algérie, je constate que le pouvoir est toujours en place malgré tout ce que vous avez fait, ajoutant, sans hésiter : pour nous vous avez échoué. 

Ma réponse fut d’une simplicité triviale.
– Je ne peux pas vous convaincre de changer vos lunettes morales car ce qui oppose nos conceptions de la chose politique n’est pas une différence de degré mais une différence de nature. A suivre votre raisonnement, on en arrive à banaliser puis endosser des approches particulièrement cyniques de la chose publique et de la vie tout court. Si Mandela était mort en prison, ce qui après tout était de l’ordre du possible compte tenu de le durée et de la rigueur qui ont marqué sa détention, vous auriez dit avec le même aplomb : « Mandela a échoué » et par ricochet l’apartheid aurait, selon vous, réussi. Et par extension de votre logique, pour vous, seuls ceux qui ont réussi un putsch sont de grands triomphateurs.

En politique, celui qui a réussi n’est pas celui qui a imposé le monopole de la force brutale mais celui qui a marqué de son empreinte les consciences de ses concitoyens.

Et quand je regarde dans cette salle aujourd’hui, je crois que l’on peut dire que nous avons réussi. 
Quand j’écoute le discours du président Belabbas qui a fait toutes ses classes dans le Rassemblement, quand j’observe que parmi les congressistes certains n’étaient même pas nés lorsque le parti avait été fondé en février 1989 et qu’ils ont subi les affres d’une école prisonnière des consciences, d’une religiosité mortifère et des abus d’un Etat dévoyé, nous pouvons croire au miracle. Au regard de ce que notre Histoire nous a légué de plus généreux et de plus exigeant dans les épopées des Jugurtha, Kahina, Abdelkader, Mokrani, Imache, Laimèche, Ben M’hidi, Abane, Krim, Amirouche, Lotfi et tant d’autres, nous avons réussi. Nous avons entendu leur message, nous avons honoré leur bravoure et leurs sacrifices.

Nous n’avons pas observé le passé pour pleurer sur notre sort mais pour tamiser les luttes de nos aînés, en extraire les actes les plus nobles, les plus modernes et les plus rationnels afin de mieux ensemencer l’avenir.
Votre parti est une exception algérienne. Sa voix compte parce qu’elle perpétue cette tradition de rigueur et de vérité et elle peut résonner encore plus dans l’avenir immédiat car, on peut le redouter, la nation peut être exposée à de graves périls. L’argent, c’est à dire l’oxygène du système fait défaut et l’asphyxie arrive au rythme de l’inflation. Et c’est précisément dans ce genre de conjonctures que des formations comme la vôtre peuvent jouer des rôles décisifs. 

Ceux qui sont fascinés par 2019 sont les janissaires de l’Histoire. Vous en êtes les acteurs légitimes et c’est à vous de la féconder. 

Vous serez attaqués ou diffamés, directement ou à travers vos proches. Vous aurez à affronter des provocations ou des infiltrations mais vous avez déjà pu constater par le passé que nulle manœuvre, nulle pression ne peut venir à bout d’une libre conscience, et d’une libre pensée ; nul ne peut venir à bout d’un collectif soudé par l’honneur et la fraternité. 

Ne cédez jamais devant ce que désavoue votre conscience. Vous serez peut être absents ou peu présents dans les parades des échéances officielles mais si vous perpétuez le message de Jugurtha, votre mission figurera dans les annales des bâtisseurs des nations.

Est-on pour autant condamnés à l’isolement. Assurément non. Il y a dans cette salle des invités que des phases historiques contraignantes ont obligés à exercer des responsabilités dans des régimes peu recommandables. Ils sont restés sous le harnais malgré les pointes acérées des aiguillons de coches sans scrupules. Certains d’entre eux se sont montrés capables de distance et de lucidité et leur avis mérite d’être entendu dès lors qu’ils admettent que l’acteur politique n’existe pas uniquement, fatalement dans les allées d’un système omnipotent. Leur présence aujourd’hui dans le congrès d’un parti résolument positionné hors et contre le pouvoir est le signe d’une capacité d’écoute et de remise en question qu’il faut savoir apprécier. 

Il faut un grand courage politique pour tirer les enseignements, tous les enseignements, d’une expérience infructueuse à laquelle on a sincèrement consacré une grande partie de son existence. 

Puisque vous m’avez offert cette tribune, je voudrais saluer le courage moral de Sid Ahmed Ghozali qui a analysé publiquement et sans complaisance les conséquences, même indirectes, de la présence de certaines élites dans le système qui a prévalu depuis l’indépendance. Il faut, en effet, une grande rigueur morale et intellectuelle pour dire à l’automne de sa vie : « nous avons été les harkis du système. ». Depuis cette profession de foi j’ai entendu beaucoup de commis de l’Etat m’assurer être en parfait accord avec ce douloureux coming out. Pour autant, personne n’a encore pu l’assumer publiquement. Il y a des aveux qui honorent leur auteur et qui libèrent les générations futures de tabous toxiques. 
C’est avec ces hommes, capables de regards généreux et de dires vrais que les passerelles peuvent se tisser pour trouver des pistes qui explorent des horizons nécessairement nouveaux, maintenant que l’agonie du système en est à dévoiler ses manifestations les plus caricaturales.
Voilà succinctement le message que je tenais à vous délivrer dans ma dernière déclaration de militant structuré.
D’ultimes défis attendent ma génération. Ceux avec qui j’ai partagé les luttes de notre jeunesse souhaitent repenser l’évaluation de notre engagement pour le rendre plus lisible et le protéger des falsifications qui ont mutilé et perverti la guerre de libération. A travers la conférence interdite de Mouloud Mammeri en Mars 1980, dont on vient de donner une version des plus contestables, on greffe une paternité douteuse à notre combat. Ce n’est pas le lieu d’épiloguer sur cette dernière supercherie mais il faudra rapidement remettre les pendules à l’heure pour que les positions de tout un chacun dans cette séquence historique soient connues dans leur pleine et entière vérité.

Je serai engagé dans d’autres registres et sur d’autres terrains mais je partagerai toujours avec vous nos postulats éthiques et j’honorerai comme au premier jour nos professions de foi.

Ddaw webrid nnig webrid leqrar is d abrid.

Bonne suite à vos travaux et bonne chance pour votre nouveau départ.

Said Sadi.

Auteur
Saïd Sadi

 




Saïd Sadi prend ses distances définitivement du RCD

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Membre fondateur du parti

Saïd Sadi prend ses distances définitivement du RCD

A l’occasion d’un discours très politique prononcé lors du cinquième congrès du RCD tenu vendredi 9 février, à Alger,  Said Sadi, ancien président du parti et ancien candidat à la présidentielle en 1995 a annoncé qu’il n’est désormais,« plus militant du RCD ». 

Dans cette longue et ultime intervention, il a déclaré : « Je serai engagé dans d’autres registres et sur d’autres terrains mais je partagerai toujours avec vous nos postulats éthiques et j’honorerai comme au premier jour nos professions de foi ». Puis il observe :

« En politique, celui qui a réussi n’est pas celui qui a imposé le monopole de la force brutale mais celui qui a marqué de son empreinte les consciences de ses concitoyens. Et quand je regarde dans cette salle aujourd’hui, je crois que l’on peut dire que nous avons réussi ».

Il faut rappeler que depuis son retrait de la présidence du parti en 2012, Saïd Sadi s’est surtout consacré ces dernières années à l’écriture d’ouvrages, l’animation de quelques conférences. Il a aussi lancé la fondation Afud.

Auteur
La rédaction

 




La section syndicale UGTA charge le rectorat de l’université Ibn Khaldoun

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Tiaret

La section syndicale UGTA charge le rectorat de l’université Ibn Khaldoun

Le malaise grandissait, ces derniers jours dans les couloirs du rectorat où la section syndicale UGTA avaient débrayé pour protester contre l’arbitraire dont sont victimes les travailleurs étudiants de l’université d’Abderrahman Ibn-Khaldoun de la part du rectorat.  

Ces contestations interviennent dans un contexte marqué par un grand malaise qui secoue cette université dont la section syndicale UGTA n’a pas manqué de faire état, il y a quelques jours, dans un communiqué, dont notre rédaction détient une copie, la section syndicale conteste particulièrement le problème des stages de court duré à l’étranger, notamment en France.

Le communiqué, évoque aussi la prise de décision, par le recteur, portant sur l’annulation de l’inscription des travailleurs étudiants pour poursuivre les cours pour des diplômes de licence et master.

Dans le même contexte, le document évoque, aussi, l’étouffement de l’affaire portant sur l’accord du rectorat d’une formation de longue durée au profit des travailleurs favorisés du rectorat dans des pays étrangers alors qu’ils venaient de bénéficier d’une précédent stage l’année dernière.

Par ailleurs, et afin de prévenir d’éventuels dérapages, la section syndicale, par la voix de ses représentants, interpelle la tutelle, d’intervenir pour faire toute lumière sur cette gestion incohérente et mettre fin à ces pratiques douteuses.   

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Auteur
Khaled O.

 




5 milliards de cts pour la saison sportive 2018

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Contrat de sponsoring entre Global Motors et le CA Batna

5 milliards de cts pour la saison sportive 2018

  

 

 

Une cérémonie de  signature d’un contrat de sponsoring entre l’équipe sportive de football du Chabab Aurès batnéen et le sponsor Global Motors, Arbaoui et frères pour la saison sportive 2018, a eu lieu au siège de la wilaya en présence du wali Siouda Abdelkhalek, l’ensemble des joueurs.

L’accord signé entre le PDG de Global Motors Yousef Arbaoui et Farid Nezzar , représentant de l’équipe Chabab Aurès Batna est constitué d’une enveloppe fiancière d’un montant de 5 milliards de cts, apprend-on. Au cours de cette cérémonie, le wali Siouda a réitéré son soutien au club de foot, CAB qui “aujourd’hui se trouve dans une mauvaise impasse, plongé dans de nombreux problèmes rencontrés durant la ou les saisons passées ». A dire vrai, cette enveloppe très attendue autant par le président du club que le staff dirigeant. Le wali a insinué d’autres surprises au CAB en cas ou il y aurait de meilleurs résultats pour cette saison. Il a également incité  les joueurs à consentir de gros sacrifices pour arracher le match qui aura lieu ce week-end à Relizane. 

Cette aide financière est un grand soulagement pour un Chabab Aurès Batna (CAB) très endetté. Ce club a tiré la sonnette d’alarme à maintes reprises. Selon ses dirigeants, une partie de cette aide permettra au CAB d’effacer les dettes cumulées durant la saison passée. Pourtant le club a une longue histoire à faire valoir. Il a commencé en 1932 avec sa participation au championnat de première division. Puis vers 1933, il accède en division promotion d’honneur où il évolua jusqu’en 1939. Ensuite de 1939 jusqu’en 1944, il y a eu arrêt de toute activité sportive pour cause de la Seconde guerre mondiale.

Durant juillet 1936, le club fut présidé par le docteur Benkhelil, vice-présidents : Guedj, Clanfarani, Fezza Lahcène, Hammami Mouloud, secrétaires Bentalha et Benghezal, trésorier Beroual, Roudesli, directeur sportif, Perroucci, assesseurs: Salah Fadhli, Athmana M, Madoui Mostefa, Kouitène H, Bourouba M, Hamimed M, Bouraghda Mohamed et le garde matériel, ce fut Amar Mihoubi.

La majeure partie de l’équipe avait adhéré au PPA.

En 1951, le club fut affilié à la Ligue de Constantine  par le comité directeur, le 28 octobre.

Le club a cessé ses activités avant la guerre à cause du manque d’argent. Plusieurs membres de cette équipe rejoignent les rangs du FLN. Et la plupart tomberont au champ d’honneur. Le club fut une école du nationalisme qui a fourni le premier noyau pour la révolution, avec une soixantaine de martyrs.

Le club a donné 64 martyrs au pays dont : Djebari Rabah – Chitar Belgacem – Drana Ahmed – Guellil Abdallah – Demagh Saïd – Guellil Kadour – Khlafena Saleh – Lamrani Abdelhamid – Mechlek Ahmed – Mestek Rachid – Nezzari Rachid – Nezzar Saleh – Sefouhi Elhachemi – Sefouhi Mostafa – Saidi Rachid – Debbache Abderrahmane – Ali N’Meur – Bekhouche Salah – Bouabsa Malik – Djabellah Mohammed – Boulila Massoud.

Après l’indépendance, le club revient dans la scène du football algérien, le CA Batna  a mis plusieurs années pour se refaire une santé. Il a parcouru la division d’honneur, la régionale et la division 2, après treize ans, il accède en première division. Il a connu des difficultés financières et un manque de moyens, ce qui ne l’a pas empêché d’être en première division puis de jouer dans la deuxième division. Le club changera de nom et de main pour devenir CNB (Chabab Nassij Batna). Après quelques années, le CAB revient avec son appellation ancienne.

 

Auteur
Abdelmadjid Benyahia

 




L’Espagne a délivré 100 000 visas Schengen aux Algériens en 2017

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Voyage

L’Espagne a délivré 100 000 visas Schengen aux Algériens en 2017

Environ 100.000 visas Schengen ont été délivrés par l’ambassade d’Espagne en Algérie durant l’année 2017, a indiqué jeudi à Alger l’ambassadeur de ce pays, Santiago Cabanas Ansorena.

« Le consulat d’Espagne à Alger a délivré environ 50.000 visas en 2017 et autant par le consulat d’Oran », a déclaré le diplomate espagnol à la presse à l’occasion de l’inauguration du nouveau centre de demande de visa pour l’Espagne, géré par « BLS international ».

Il a affirmé qu’à travers l’ouverture de ce nouveau siège, il s’agit d’assurer « un meilleur accueil et plus de facilitations pour les demandeurs de visas Schengen » et « renforcer davantage les liens d’amitié et de coopération privilégiés entre l’Espagne et l’Algérie », a-t-il ajouté.

Cette structure permettra un traitement « plus fluide » des demandes pour tous types de visas, entre autres les visas touristiques, d’affaires, familiaux ou de transit en Espagne, a-t-on expliqué auprès de BLS International.
Le centre, équipé d’installations sophistiquées, comporte des prestations permettant le suivi de toutes les étapes de la demande de visa jusqu’à la livraison du passeport.

BLS International, présent dans 61 pays, est un prestataire de services-visas, de passeport et de services consulaires.

 

Auteur
APS

 




« L’Algérie reste propriétaire de Sonatrach à 100% »

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Abdelmoumen Ould Kadour

« L’Algérie reste propriétaire de Sonatrach à 100% »

Le groupe Sonatrach « appartient totalement et pour toujours à l’Etat algérien », a affirmé jeudi à Hassi R’mel son P-dg, Abdelmoumen Ould Kaddour.

« Le groupe Sonatrach appartient à 100% à l’Etat et appartiendra toujours à 100% à l’Etat et il n’y a pas de négoce dans cela », a indiqué le premier responsable du groupe à la presse en marge d’une visite de travail à Hassi R’mel.

Ould Kaddour faisait allusion à l’information donnée récemment par des médias selon laquelle la compagnie serait en discussions avec des partenaires pour céder des parts et changer le contrôle de certaines de ses filiales.

Suite à l’entretien accordé lundi dernier par le vice-président Activité Exploration et Production de Sonatrach, Salah Mekmouche, à une émission de la radio nationale, Sonatrach avait alors démenti formellement l’information relayée dans certains médias selon laquelle Sonatrach serait en discussions avec des partenaires pour céder des parts de l’entreprise ainsi que le changement de contrôle de certaines de ses filiales.

A ce propos, M. Ould Kaddour a expliqué à la presse que Sonatrach travaille avec des partenaires et partage les risques liés aux investissements.

« C’est une stratégie économique (…) nous essayons de ramener des partenaires pour partager le risque avec eux. C’est du business. Mais de là, à céder des champs ou autres, nous n’en avons jamais parlé », a-t-il soutenu en affirmant que les propos de M. Mekmouche avaient été totalement déformés.

Pour le P-dg de Sonatrach, faire participer un partenaire dans la prospection et le développement d’un champ comporte l’avantage de l’accès à la technologie et à des fonds.

 

Auteur
APS

 




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